‹ Recueil de chansons populaires (volume 2)Chapitre 70 sur 151 · PRIS AU PIÈGE · texte numérisé non relu

PRIS AU PIÈGE

Camarade, moun véji,

Chouï éichi per f averti,

Tu Ven vas a lo dzournado

Et to fenno chén divertit

En d'un aoutré camarade

Que n'eï pas bien loung d'éichi.

Dzamaï iéou jou créïraï Mas quand iéou jou véïraï.

Vén' un dzour à moun houchtal, Chi iéou jou té foou pas véïré Diras que chouï un fadar.

Lou mechtré dé l'houchtal Régardo per l'eïrial ; No vi véni raoubo négro Que n'en courio lou galop ; De perdedzou cho choutano N'en pourtavo un bel dzigot.

Raoubo négro n'éï entra, Ghur lo taoulo, lo poouja; Avijo, avijo, Morgorito, Que degun ne m'adzio vi ; Ne voli pas di disputo Entré iéou et toun mari.

Moun mari n'é cha ieï pas,

Ma per d'aoutrés rechpoundi pas;

Moun mari n'éï o lo vigno

En del froumadzét en del po

Et Ieï no per cho dzournado

Quand rouji quéchio coum' un fol.

Lou mechtré dé Thoustal, N'en vé, tucht' al pourtal :

Drébo, drébo, Margorito, Faï m'oco, un paou lechtoment, Mé chouï ooublida ma cordo Per pourta doous eichierments.

Quand lou mechtré n'eï rentra N'echpouffidavo * coum' un tsat:

Véné veïré, mas vejinas, Lou bel rat apprivoijat Que n'aï pré dzou mo paniéro Per avant choulél leva.

Bravé rat apprivoijat Tu eiras eiffoutraillat ** ; léou t'en foutraï per las cochtas Per las cochtas, péou couchtas; Pacharas per lo fenechtro, Dé dzigot tachtaras pas.

Traduction : Camarade, mon voisin, — je suis ici pour t'avertir ; — tu t'en vas à la journée — et ta femme se divertit — avec un autre camarade — qui n'est pas bien loin d'ici. — Jamais je ne le croirai — que quand je le verrai. — Viens un jour à la maison, — si je ne te le fais pas voir,

— tu diras que je suis un fou. — Le maître de la maison — regarde à travers la masure ; — il a vu venir- robe noire — qui courait au galop ;

— de pardessous sa soutane — il portait un gros gigot. — Robe noire est entré, — sur la table l'a posé : — regarde, regarde, Marguerite, — que personne ne m'ait vu, —je ne veux pas de dispute — entre moi et ton mari. — Mon mari n'y est pas, — mais pour d'autres je n'en réponds pas. — Mon mari est à la vigne — avec du fromage et du pain. — Il en a pour sa journée, — quand il rongerait comme un fou.

— Le maître de la maison — vient, frappe au portail : — ouvre, ouvre, Marguerite, — fais-moi ça un peu lestement, —j'ai oublié ma corde — pour porter des sarments. — Quand le maître est rentré, — il jurait comme un chat : — venez voir, mes voisines, — le beau rat apprivoisé, — je l'ai pris sous ma panière — avant le soleil levé. — Joli rat apprivoisé — tu se-

* Echpouffida se dit du chat en colère c|ui fait ffe, ffe. •* Eiffoutrailla signifie battre quelqu'un à coups de poioÇj.à «oups de bâtons en lui décUirant ses liabits,

ras battu ; —je t'en f... sur les côtes, — sur les côtes et les côtés, — tu passeras par la fenêtre, — tu ne tâteras pas de gigot.

Bas Limousin. — Clianson communiquée par M. G. de Lépinay.

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