LE VALET QUI FAIT TOUT PAR TRAVERS
Je m'en allit à la foire Pour y louer un valet; No m'dit q'ui savait tout faire
I faisait tout par travers.
Et la Ion la le grand bonnet rouge Et la Ion la le grand bonnet vert.
Je y ai dit d'aller mett' la table
II a bouté man baquet.
Je y ai dit d'aller mett" la nape Il a bouté man devantet.
Je y ai dit d'aller traire not' vaque Il a tuai man tauret.
Je y ai dit d'en vende la piau I s'en est fait un mantet.
Je y ai dit d'en vende les cornes I les a mis à san capet.
Et vla-ti pas not' pauvre homme Habillé comme un tauret!
Étretat. — G. Nicole, Sur la plage d'Etretat. Le Havie, 1861.
LA MÈRE AJASSE
01 était une mère ajasse (bis^ Qui fit son nid dans un chausson
La pihole Qui fit son nid dans un chausson
Pihclon.
Al y couvit trois semaines (bis) Trois semaines tout du long
La pibole Trois semaines tout du long
Pibolon.
Au bout de ces trois semaines (bia) Naquit un petit ajasson
La pihole Naquit un petit ajasson
Pibolon.
Quand'que l'ajasson eut des ailes [bis) Il volit sur une maison
La pibole Il volit sur ujiÊ maison
Pibolon.
II volit dans une ecclise (bis) Au beau mitan du sermon
La pibole Au beau mitan du sermon
Pibolon.
Le prêtre dit Dominus [bis] Vobisciim dit l'ajasson
La pibole Vobisciim dit l'ajasson
Pibolon.
Le prêtre disit au chantre {bis)
Que quai est quieu qui nous répond?
La pibole Que quai est quieu qui nous répond ?
Pibolon.
Le chantre disit au prêtre [bis) 01 est un petit ajasson
La pibole 01 est un petit ajasson
Pibolon.
J'y ferons faire des culottes (bis) Avèque des cannegons
La pibole Avec des canneçons
Pibolon.
Je l'enverrons à l'école Pour apprendre ses leçons
La pihole Pour apprendre ses leçons
Pibolon.
Poitou. — Comm. par M. G. do Lépinay.
IL ÉTAIT UiN ESPAGNOL
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Il e .lott un Es.pa . gnol. Qui e . toit mar.chand d'oi .
gnons Comme il al.loit a Cam . bray , Pour y ven.dre -ses ci .
.gnon"s,Et allons ma tou re.Iourij"e1te. Et al. Ions raa tou-re.loori-ron.
Il étoit un espagnol Qui étoit marchand d'oignons ; Comme il alloit à Cambray Pour y vendre ses oignons Et allons ma tourelonrirette Et allons ma toureburiron.
Comme il alloit à Cambray Pour y vendre ses oignons, Quand il fut sur la montagne, Qu'il entendit le canon, Et allons, etc.
Il eut si grand'peur aux fesses Qu'il en fit sur ses talons, Et allons, etc.
Toutes les dames de la ville Luy apportoient des torchons.
Et allons, etc.
Je vous remercie, mesdames, De vous et de vos torchons, Et allons, etc.
Quand vous passerez par nos villes, Repassez par nos maisons, Et allons, etc.
Nous fricasserons des mouches.
Rôtirons des hannetons, Et allons, etc.
Et nous mangerons la soupe Dessus le cul du poillon.
Et allons, etc.
Bailard, Brunettes ou Petits airs tendres. Paris, 1711,