CCXX. — IN MARIAGE DE LA BASSE-BERDOUILLE
Comm' j'é - tais dans la Bass' Ber- deuil -le,
Ter - jou je fi - lais ma que - nouil - le ;
Mais tout ce qui m'y em - bê - tait, C'est qu'il
fal - lait trop mouil - 1er.
Comm' j'étais dans la Bass' Berdouille ^ Terjou^ je filais ma quenouille-, Mais tout ce qui m'y embêtait, C'est qu'il fallait trop mouiller.
Mon pèr' me dit : foutu' berdouille,
Vas-tu me filer ta quenouille. —
Ma mère prit un gros bâton,
J' m'en fus cri ^ 1' travouille "* et le peignon ^.
i Bretagne. 2 Toujours. 3 Chercher. 4 Dévidoir. 5 Filasse.
Le lendemain , c'était dimanche, J'avais mes belles manches blanches • Et mon corset de bouracan , Ce qui fit que j' trouvis un galant.
L' galant en parlit à mon père, Mon père en parlit à ma mère , Ma mère dit : « Ma ^ je n' sais pas Si net' fille aimera ben le gas. »
Mon père dit à la mode à l'autre :
« Pourqua pas not' fdl' comm' les autres ? » Ma j'dis : si vous v'iez m' marier, Cherchez en d'autr' pour travailler.
Trois jours après, c'était nos noces.
J'allions tertous, berli-berloche ^ ;
Y s'appelait Jean Cochina Et y était pu bêt' que ma.
Quand j' fumes rendus à l'éghse,
Y s'appellait ben Jean qui frise ; Il avait l'air d'un grand bêtiau.
Il avait gardé son chapiau.
Quand j' fumes assis à la table,
Y avait tous nos camarades ; Terjou le nez li ^ dégouttait , Chacun li prêtait son mouché. .
Il était d'vant la grand' Jacquehne Qui avait l'air d'un' vieill' derouine,' Qui dit : — J'aimerais mieux pas m' marier Que d' prendre un homm' pour le moucher.
Chanson recueillie à Hédé, chef-lieu de canton de l'arrondissement de Rennes.
i Moi. 2 Nous allions ensemble cahin-caha (très peu usité). 3 Lui.
— dO
CCXXl, — m GALANT PEl CBANCEllX.
a) Je n" my plais point tant en ville
Qu'au faubourg Saint-Nicolas.
Je n'y fais point ma demeure, Je n'y fais point mon séjour, C'est que j'y vois à tout heure L' cher objet de mes amours I [bis).
C tait par un beau jour de fête Que j' l'avisis au sermon ; Sitôt que j' l'eut aperçue Je sentis je ne sais quais Car je n' l'avais jamais vue Avant la première fais! {bis).
A la sortie de l'église
J' v'iis li fair' civilité
Je m' sais boutu^ au plus vite
A côté du bénitier,
J' li aurais donné d' l'iau bénite
Mais il n'y en avait point! (bis).
A la sortie de l'église J' v'iis li faire un compliment, Je li dis : « Mademoiselle »
Comptant li dir' die - au bout; Via t'y pas qu'ouvrant la goule Y ne sortit ren du tout ! {bis).
Quand est v'nu l' jour de sa fête J' v'hs li faire un p'tit billet , J'ach'tis un' plume et d' l'encre Et du papier de haut prix Je m' s'rais boutu à écrire , Mais j' n'avais jamais appris ! {bis).
1 Placé. 2 Jusqu'au.
, Quand est v'nu l' jour des étrennes J' v'iis li faire un p'tit présent J'avais déniclié un mesie ' Qui sublait ^ si joliment, Mais notre chat sans mot dire Me le mangit tout vivant ! {bis).
L'autre jour dans la prairie
Voyant qu'ell' my regardait,
Pour li montrer mon adresse
Je v'iis sauti le courant,
Je l'aurais sauti sans doute
Si j' n'étais pas cliais^ dedans ! {bis).
L'autre jour j' trouvis chez elle Le gros Thomas son amant.
Nous eûmes tous deux querelle A qui aurait décarré *.
Je ne passis point la porte, Mais il me la fit passer ! {bis).
Ne sachant plus comment faire, J' la d'mandis à ses parents ; Ils me l'auraient accordée , Sans qu'un autre, justement, L'avait déjà épousée , Dret^ le jour d'auparavant! {bis).
Ne sachant plus comment faire , Je me sais désespéré ; Ne sachant plus comment dire Je me suis mis à querier ^; M'a dit que j'ias faisais rire En venant m'y regarder, {bis).
Loutehel, canton de Maure. Communication faite par M. de la Yig.ne. \ Merle. 2 Sifflait. 3 Tombé. 4 Décampé. 5 Justement. 6 Pleurer.
MA JEAIV^ETOPf.
Solo.
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Ma Jean-ne-ton a le raol-let tout rond, Ma Jean-ne- Chœur.
i^cnït*:
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