‹ Recueil de chansons populaires (volume 4)Chapitre 12 sur 154 · LA BERGÈRE ET LE MONSIEUR · texte numérisé non relu

LA BERGÈRE ET LE MONSIEUR

a) Eh ! bonjour, la belle.

— Eh ! bonjour, monsieur.

— Que fais-tu senlette Dans ce bois touffu ?

— Assise sur llierbette, Je garde mes moutons ; Je fleuris ma houlette Toute pleine de fleurs.

— Sont-ce donc là, la belle, Des amusements ?

Étant si jolie,

N'as-tu point d'amant?

— Que dites, pécaire l

Ah I qu'avez-vous nommé ?

Et jamais ma mère Ne m'en avait parlé.

— Je sais que ta mère Ne t'en parle pas.

Mais ton cœifr, la belle, Te le dit tout bas.

— Moi, je crois, pécaire !

Que vous perdez Tesprit,

Un cœur qui est sans langue Peut-n avertir?

— Un cœur se fait entendre Sans langue et sans voix ; La bergère aimable Entend quelquefois.

— Dans ce vert bocage Las ! je n'entends rien Que le doux ramage Du rossignolet.

~ Tes paroles m'accablent, Me mettent à la mort, Bergère agréable, Vois mon triste sort.

— Que pourrait-on faire A un si grand mal ?

Il y a tout ce qu'il faut.

— Mais ton chien, la belle, Est plus humain que toi.

Il flaire ma place S'assied auprès de moi.

— Il a la langue fine, Il sent des croûtons ; Pour cela, pécaire !

Il 68t prèsde vous .

Atfiotrgiike. — Hbiiiiaiim, Les Pt*oviwùes («rtîele publié dtn le Ycsu National de Grenoble en octobre 18!(l.

Din lo rebeiro do Licha Gayo berdziero leï tsantavo.

Un boun mouchur vèt à pachà Per un blanc mou lo cbàlndàvo.

Adiou berdziero, adiou mamour D'en boun mati té ché levado.

Moûchur, bouro n'ei pais mati Que n'eï bien claro matinado.

En tout parlant, en tout raillant Toudzour lou mouchur ch^approutsavo.

Moucbur, vous approutia pach tant Que moun bouyer eï din io prado

Que vous dourio de Tagulliado.

léou n'aï pas poou de ton bouyer Ni raaï de cho grande aguUiado.

Toun bouyer n'o loous pés terrous A maï las tsaoucbas roujadoujas.

Mouchur vous chè bé da tsaval Maï ij'avés las bottas mouilladas.

Moucbur que leï pachavas fa

La vous chias pas eîtal mouilladas.

Âdiou berdziero, adiou mamour, Lou boun Diou vous fayio chadzo.

Maï vous, moucbur, vous fcgio chadzé.

Traduction : Dans la vallée de Lissac (village de Tarrond *. deBrive) — joyeuse bergère y chantait.

— Un bon monsieur vient à passer, -^ par un blanc (gracieux ?) mot la saluait, -r- Adieu, bergère,adieu mamour, — de bon matin tu t*es levée.

— Monsieur, à présent il n'est pas matin, — cari) est bien claire matinée. — Tout en parlant, tont en raillant — toujours, le mansieur s'approchait.

— Monsieur ne. vous approchez pas tant, — car mon bouvier est dans la prairie, — il vous donnerait de Taiguillade. — Je n*ai pas peur de ton bouvier — non plus de sa grande aiguillade. — Ton bouvier a les' pieds terreux — et les chausses pleines de rosée. — Monsieur vous êtes bien à cheval — et vous avez les bottes mouillées. —Monsieur, pourquoi y passiez-vûus ? — vous ne vous les seriez pas ainsi mouillées. — Adieu bergère, adieu mamour, — le bon Dieu vous fasse sage. — Et vous aussi, monsieur, qu'il vous fasse sage.

Arrondissement de Brive (Corrèze). — Comm. par M. G. de Lépinay,

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