‹ Recueil de chansons populaires (volume 4)Chapitre 19 sur 154 · MISÈRE EN MÉNAGE · texte numérisé non relu

MISÈRE EN MÉNAGE

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dit Dors-ta, coea:re mi.çnon.ne Dors-tu, coeure jo. -li.

A la petite fenêt'

Qu'est au pied de mon lit [bis),

J'entends le rossignol

Qui dans son chant me dit :

Dors-tUf cœui*e mignonne,

Dors-tUy cœure jolie ?

J'entends le rossignol Qui par son chant me dit : Toute fille qui se marie Se met en grand souci.

Le premier jour de noces On quitte la famille.

Adieu donc, père et mère Frères, sœurs, et amis ,

Je m'en vais en ménage Âvecque mon mari.

Ce n*est pas pour un an Ni pour un an et demi,

G*est pour pendant sa vie Pendant la mienne aussi.

Environs de Lorient.

b) C'était par un dimanche,

Le lundi, le mardi En ouvrant ma fenêtre Tout au pied de mon lit.

Donne tan cœur, ma mignonne, Donne ton cœur joli.

Le rossignorqui chante Ou par chanson me dit :

Que les jeun' (ilF sont sottes Celle qui prenn' des maris.

Premier jour de leurs noces Elles ont de bons amis

Deux ou trois jours après Ils ont la jalousie.

Adieu donc père et mère Et parents et amis

Je m'en vais en ménage Avecque mon mari;

Ce n'est pas pour un an Ni un an et demi ;

Ce sera pour toujours Le restant de ma vie.

Environs de Lorient.

c) Sur le bord de la Loire

Sur le bord d'un étang J'entends le rossignol chanter.

Il dit dans son langage Que les amants sont malheureux De se mettre en ménage !

A se mettre en ménage

On n*a que du tourment^

Il faut nourrir femmes et eaf9.nts

Payer taille et louage ;

C'est toujours en recommençant

La misère du ménage !

Le jour de nos noces

Quel habit prendrons-nous?

Nous y prendrons notre habit gris

L'habit de complaisance

Avec le chapeau de souci

Aux cordons de souffrance.

Le lendemain de nos noces

Quel habit prendrons-nous ?

Nous prendrons le mouchoir en main

Pour essuyer nos larmes,

Puis nous dirons : adiey,bon temps,

Nous voilà en ménage.

Huit jours après nos noces Y a bien du changement !

Je m'en vais chez mon père Lui conter que mon homme Reste toujours au cabaret Que ce n'est qu'un ivrogne.

Loiret. — Chanson communiquée par M. J. Poqaot.

Là-haut sur ces montagnes J'entends les petits oiseaux Qui se disent les uns aux autres Dans leur joli langage:

Ah ! malheureux sont les amants Qui se mettent en ménage!

Pour se mettre en ménage

Faut avoir de l'argent

Il faut nourrir femmes et enfants

Et embrasser l'ouvrage

Et dire adieu à ses beaux jours,

Me voilà en ménage !

Le jour quej*me marie, Le plus beau de mes Jours, A fallu prendre Thabit blanc L'habit de pénitence Et le ruban des trois couleurs Le cordon de soufflrance.

Au bout de quelques semaines Mon père je vais trouver :

Mon père, vous m'avez mariée Vous m'avez donné un homme Qui est toigours au cabaret.

Ça n'fait pas sa besogne.

Ah 1 va, ne dis rien, ma ûlle,

Gela se passera.

Il faut Taimer, le caresser

Et en faire bon usage

Et puis après tout ira bien

Dans ton petit ménage.

Loiret. — ChanBon commaniqaée par M. J. Poqaet.

e) Quand on marie les filles

On les mène à la messe, On les mène à la messe ; En compagniejd'yeux {de leurs) gens.

Adieu les amourettes Adieu donc pour longtemps.

Ils la prenont cheu (chez) guère Ils la mènent cheu rien.

Héla ! la pouvre fille Qu^ar a donc du chagrin.

Héla I la pouvre fille Jamais al' n'aura rien.

Berry. — Jamet-Massicaolt, Thibault (roman).

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