XL. LES DEMANDES ELUDEES
- — Mon ami. mon bel ami.
Mène-moi dedans les champs, Pour y voir les beaux blés, Nous soyerons le froment.
— Nous aurons de la pluye, ma mie.
Nous aurons de la pluye.
— Mon ami, mon bel ami,
Mène-moi dedans ces bois.
Nous abaisserons les branches.
Et ramasserons les noix.
— Nous aurons de ta pluye, ma mie.
Nous aurons de la pluye.
— Mon ami, mon bel ami. — Mon ami, mon bel ami, Mène-moi dans ton jardin: Mène-moi dans ta maison: S'il y a du romarin S'il y a de beaux draps blancs Tu m'en feras présent d'un brin. A ton lit nous les mettrons.
— // est tout défleuri, ma mie, — Ils sont à la lessive, ma mie. Il est tout défleuri. Il sont à la lessive.
— Mon ami. mon bel ami.
Mène-moi dans ton cellier, Si tu as de bon vin blanc.
Là, tu m'en feras goûter.
— N'y a que de la lie. ma mit A"*/ a que de la lie.
- Mon ami, mon bel ami, Mène-moi dans ton grenier; Si lu av des poires molles
Là tu m'en feras manger.
— Elles sont toutes pourries, ma mie, Elles sont toute* pourries.
— Mon ami, mon bel ami, Mène-moi dans ton courti S'il s'y trouve des pois verts Nous y en pourrons cueillir.
— N'y a que des nantilles, ma mie, N'y a que des nantilles.
— Mon ami, mon bel ami, Donne-moi un doux baiser; Je te l'ai baillé si bel.
Dois-tu me le refuser?
— Ton né a la roupie, ma mie.
Ton né a la roupie.
i hatison d'un amant libéral tt gracieux, sur l'air: J'en forai la folie, etc. (Dans Ri eut il des plus bilhs chansons et airs de court, Troyes et Paris, Veuve Oudot, 1722, in 12.)