BALLADE
ENVOYÉE PAR MAJSTRE JEUAX MABOT
A MONSElGKSL'a LE DUC MB VAIXOIS (FtJLKÇQié l*').
LMtSQU'lL FUT RETENU EN SON SERVICE.
Puisqv'aiwî est, trèf-ilkistrc teigiiear, Qa^tl TetM a |4cu me faire oert honneur, Gfaee et ]»ieiifaict, qae de œe releair L*ijfl de Tos aerfo, dont me sens ie myneur, Grâces vous rens, car ce m'est tant bonheur Que de meilWur ae [MMurroii obtenir.
Ces jeurs passez, espérant advenir Joye après deuil. J^ay cité par hahan : Poit teaebras ego spero lucem.
Awai que Job souffrant maulx à planté^ Et qu'U doit vray il y a pnès d'un an Que demeuré je su» nud comme Adam^ Mince de biens et povre de santé»
Dès lors que mort priât des dames la fleur>
Que France eiicor regrette en couvert pleur,
Mez sens perdiz puissance et contenir^
Car povreté^ nécessité, malheur
Et maladie à la triste couleur
Malgré mes dons vindrent m'entretenir.
Et d'avec moy lyesse forbannir.
Lors eussiez veu le povre maistre Jehan
Plus estonné que n'est ung chahuan
De tous oyseaulx balu et tourmenté; J'avois le teint de couleur cVes{)erlan Plus maigre et sec que les jambes d'un pan, Miuce de biens et povre de santé.
Mais Dieu voyant que Tamère liqueur De penrreté n'a scea matrer le coeur £t qu'espérance ay eu en souvenir, Saichant aussi que comme belliqueur Garny d'espoir suis demeuré vainqueur, A fait santé par devers moy venir, E;t a chassé jusques au revenir Infirmité plus jaolne que safran.
Dont, monseigneur, j'espère mesouan Bien vous servir de cueur et voulenté.
Et crier tant : Malheur, va-t'en, va-t'en, Que ne seray (vous aydant) comme antan Mince de biens et povre de santé.
Prince excellent, plus beau que le dieu Pan, Franc, libéral comme le pellican, Je vous supply, par vous soyt débouté Malheur maudit qui tant m*a fait de tan \ Afin que plus ne soye en son carcan, Mince de biens et povre de sanlé.