‹ Recueil de chants historiques française (volume 2)Chapitre 19 sur 120 · SUR LA MORT DU CONNÉTABLE OK BOURBOX · texte numérisé non relu

SUR LA MORT DU CONNÉTABLE OK BOURBOX

La chanson de Romme, fkouveltement /aicte delà Us mons nu camp du marquis de Saluées.

15ÎÎ7.

Parlons de la deffaicte De ces pauvres Roinmains, Aussi de la eoniplaincte De nostre père sainct.

1 Le vice-roy de Naple, Par un lundy mal'^n^

Api ella le duc Charles Sans faire grand butin; Disant en la nDanière, A bien petit de plaict :

Suyvons tous la banière, Car voicy nostre faict.

2 Bourbon sans nul désordre Si mist son cas à point.

Gens d^armes mist en ordre, Chescun la lance au poing.

Or, marchés donc, gens d'armes, Surtout ne creignés rien ; N'ayés peur des alarmes, Vous feray gens de bien.

5 Oyant ceste paroi le Lansqucnetz, Ëspaignolz, A chescun le cucur voile, Pour avoir bruyt et loz.

Adoncques meintes places Par tout ont assiégé, Des ducas à grand taxes Ont eu pour deslogé.

4 Tout droit devant Florence Si se venoyent gelter.

Pour piller leur finance

Si l'eussent peu gniper.

Le marquis de Saluées, Avec son armée, Leur eust chassé les puces, Si les eust peu appcr.

5 Du grant palays de Romme I/eynl^assade, ai^iv^ ,

Qu'au pape dist en somme Que jn mal il n^auta, S*il vouloil faire trefvc Pour dix ou douze mois, En gettant hors de Naple^ Trelous les bons Françoys.

6 Le sainct père Taccorde, Et les bulles sella,

De grands seaulx et de coi^e Bien fort les cordela ; Puis manda à grant haste Monsieur de Yauldemont, Gardes vous de la taste, Allez oullre les mons.

7 Bourbon vint devant Romme, Si amena ses gens.

Leur contant ainsi comme

Il entreroit dedans;

En leur baillant couraige,

Leurs promettans grans dons,

Et aussi le pillaige

Pour pouvres compaignons.

S Le pape si fist mettre En armes les Rommains, Les priant de combattre Contre ses ordz villains.

Là pour longue espace Fut fort bien combatu ; Ëspaigiiolz en la place Oemouroyent vaincuz.

9 Quant Bourbon vit Paffairo Aller si meschamment,

" Il n'est tant de retraire^ »

Dist-il tout haultement; Monta sur la muraille En disant : » Suyvés moy ; Ne m'en chaolt, quoy qu*il aille, Tout est mieux 8ur ma foy. *»

10 En celle assemblée Y demeura beaucop De gens de renommée, Abatus par grant eop.

Bourbon, quoy que l*un die, 11 fut blessé à mort i Ung cop d'artillerie, Fut son dernier remort.

il Les Rommains ont la fuite, De ce n'en doubtés pas, Espaignolz si les luttte, Les tuant sans compas.

Au chasteau de Sainct Ange S'enfuyent par moneeaulx Le pape, comme estrange, Et tous les cardlnaulx.

12 Hélas ! se dit le pape, Que m'est-il advenu I Je voudroys estre en tert^.

Quant me voy destenu Par gens tant détestables, Pires que Mamelus.

Ils sont bien misérables, Jésus les rue sus !

15 O noble roy de France, Regarde en pitié

L*église eu balance ^ Las ! elle en a mestié.

Metz la hors de souffrance ; Pour Dieu, ne tarde plus; C'est (a mère, ta substance, O filz, n'en faîctz reffus.

XXYI

2» CHANSON

SrR lA MORT DU CONNSTARLR DR BOURBON

On lit dans Brantôme, discours xx, de la f^ie ies

eapitaintg et hùmmes illustres étrangers :

» J'ai ouy dire à Rome qu'on tenoit que ceiuy qui tira «cette malheureuse arquebusade estoit prestre, tout » ainsy quo celuy qui, dans Saint-Oizier, tua ce lit*ave » prince d'Orange. La vieille chatison de ces advAalu- » riers d'alors disoit pourtant ainsy :

«r Quand le bon prince d'Orange » Vit Bourbon qui estoit mort, « Criant : Sainct NicholasI » Il est mort, saincte Barbe !

n Jamais plus ne dit mol ; » A Dieu rendit son àœe.

» SanneS) sonnes troinpelle^i.

» {Sonnes tous h THSsatit.

»> Approchez vos engin*»,

» Abhatez ces muraille:;.

' » Tons les biens des Romains

» Je vous donne au pillage. »

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