GUERRE DE PICARDIE
ET SIÈGE DE PÊROimS
PAR LES IMFÉRIAUJC.
1 IVansot à grand'puissance De Guyse est parii^
Par grandV^ouissance, Chevauchant jour et nuict (bis) Pour retourner en France, Mais pas ne Tavotenl dict Dampmartin et Florenge.
2 Quant Nansot veit Péroûnt, Demanda à ses gens :
Yray Dieu ! quefac eapitames Trouverons-nom dedans ?
Ne m'en chault pas d'uBg blanc D'homme qui soil en France, Mais qui ne soient dedans Dampmartin et Florenge !
5 Péronne la jolye, Ville de graiid renom.
Las ! tu es bien gardée De gentilz compagnons.
Les capitaines y sont Qui font honneur en France, Lercus et Sainseval, Dampmartin et Florenge.
4 O nobles capitaines !
Nous vous remercions De nous avoir gardée
De ces faulx Bourguig^ops ; De leur gendarmerie, Ces mauldttz Allemands, Tous violeurs d^église.
5 SHlz eussent prins Péronne, Gomme avoient entreprU, Ils eussent falet mervelHes Pour venir à Paris,
Pour faire dea vendanges; Mais pas ne Tavoi^nt dict Dampmartin et Florenge.
6 Où est Partillerie
Qui fut prinse à Cambray ; Qui a battu Péronne Par si grand dessarroy :
Péronne la jolyç Rompit son bastillon De son artilieriÇr
t Qui fist la chansonnette ?
Ung noble adventurier, Qu'au partir de Péronne N'avoit pas ung denier {bis) Pour revenir en France, Mais avoit bon crédit Parmy la noble Frapce.
— Mt —
TRIOLLET
POTR LA PÉRONELLE.
Le blanc et noir t'a bien gardée De déshonneur, gente pucelle, De toutes parts battue, lardée, Le blanc et noir Ta bien gardée.
Le vieil Nassau t^eust desbardée ; Aux dieux en doibs grâce immortelle.
Le blanc et noir t^a bien gardée De déshonneur gente pucelle.
CHANSON
SrR LA MAÎTRESSE DE FRANÇOIS, DAUPHIN,
FILS DE FRANÇOIS l*',
Mort, empoisonné le 12 août 1536.
Tome I des Capitaines et hommes illustres de la France de Brantôme, page 239, on lit :
(* J'ay ouy dire aux dames de ce temps là, qu'il Itur » estoil fort respectueux et les servoit avec grand lion-
u neur et même sa maistressc, dont fut faictj^ ceste chan- » son : Brufiette suys, jamais ne seray blanche ; c'es- » toit une fille de la royne de la maison de Maumont, » très bonne et ancienne du Haut Limosin. — Elle estoit » ma cousine germaine^ fille de ma tante, sœur de mon » père. C*estoit une très sage et vertueuse fille ; car les » grands volontiers se font des maistresses pour la gen- » tillesse et pour les vertus qu^elIes ont autant que pour » autre chose. »
Tome II, page 6S, du môme ouvrage, Brantôme donne de nouveaux détails sur la maîtresse du dauphin et cite plusieurs vers de la complainte populaire :
« C'estoit une fille de la court, belle et honneste et de » bonne maison, comme j'ay dict ailleurs, que je ne nom- » merai point ; encor qu'il n'y ait point de danger, car » il ne Taymoit qu'en honneur. La chanson le porte » ainsy :
M Brunette suys, jamais ne seray blanche.
» Monsieur le dauphin malade en sa chambre, » Sa mye le va voir bien triste et dolente : »> Si vous mourez, monsieur, à qui doibs-je me rendre ? »> — Mon escuyer Brissac, je la vous recommande. «
XXXTII
CHANSON