DISANT ADIEU A SON PERE ET A TOUS SES AMYS
Et se chante sur le chant de :
Vieillie qui pourra venir, il ne m'en chault quoy ne comment.
i Adieu, mon père, mon amy, Adieu le noble roy François ; Donné vous m'avés un mary, Le prince et roy des Escossois.
Aller m'en fault à ceste fois
Hors du païs, Puisque m'avés donné mary.
â Adieu mes frères et amis, Adieu vous dis piteusement.
Les regretz que j'ay à celuy Qu'on a fait mourir meschamment, Croies tout véritablement,
Je vous le dy, Plus de mille sont mors pour Iny.
5 Adieu Orléans^ adieu Blois, Adieu Rouen, adieu Paris, Geniilz homes, nobles bourgeois, Toute la Oeur de noz amis.
Aller m'en fault à ceste fois
Hors du païs, Puisque m'avez donné mary.
4 Adieu jeunes dames de choix, Adieu demoiselles de pris ; Chanté avons à aulte voix Maintes fois parmi noz amis.
Maintenant entrez en souci,
Puisque m'en vois, Adieu vous dy à ceste fois.
5 Aller nous convient par la mer Et passer parmi les Anglois ;
Il y peult avoir du danger Car elle est rude aucune fois.
A Dieu me confie toutes fois,
Voilà le sy.
Et au roy qui est mon mary.
6 Les regretz que j'ay au païs D'aller parmy les Escossois, Je n'y entents mot ne demy, Sinon de parler bon François.
Quaut je y pense maintes fois,
Je ditz ainsi Adieu mon père et mon amy.
7 Je prie à Dieu de paradis Qu'il veuille apaiser la fureur,
Que tous royaumes soient unis; Qu'il vueille amodérer le cuear Du roy de France et l'empereur,
Soient bons amis !
Dieu nous doint à tous paradis.
ESTAT DE liA NOBfcESSF
TANT DU ROY QUE DE L'eMPEREUR EN PROVENCE.
Sur le chant : Tant il m'ennuye de m*ainye que ne la voye.
1 Seigneurs, bourgeoys, marehantz de France, Espaignolz, Flamans^ Bourguignons,
Priez pour la royne de France ; C'est une dame de regnom
Qui a faict diligence
Au pays de Prouvence.
C'est pour traicter la paix
Entre le roy de France,
En toute son alliance,
Et l'empereur romain.
2 Le noble sainct père de Romme Y estoit fort bien aymé,
Avec le daulphin de Franc* Du noble roy le filz aine.
Cardinaulx, archevêques,
Y estoieiU en largesse :
Cestoit un grand déduyt De veoir toute la noblesse Et toute la gentillesse Du roy des fleurs de lys.
5 Le noble et puissant roy de France Y estoit bien accoiApaigné, Du grand connestable de France, £t de plusieurs du Daulphiné.
C'estoit une noblesse
De yeoîr h gentillesse
Du roy des fleurs de lys ;
Et Tempereur de Romme
Y estoit eti personne :
Cestoit un grand plaisir.
4 Laissons à parler déd nouvelles, Des trefves que présent avons ; Et parlerons du grand triomphe, Gomme on chanta le Te Deum, C'estoit grande mélodie De veoir messieurs d'église En ordre triumphant, Et puis messieurs de ville En ordre magnifique, Et tout le parlement.
tt Celluy qui la chanson a faicte C'est ung très noble adventarier^ Lequel est naquy de Grenoble^ Du noble lieu du Daulphiné, Qui estoit en présence Au pays de Proiivence.
Quand l'accord fut donné Droict il s'en vint en France, £n toute diligence Les nouvelles apporter.