ACCORDS
ENTRE LE ROY ET l'EMPEREL'R.
El se chante sur le chant : Quand me souvient de la poulaille.
1 Bons chrestieus, trestous ensemble, Louer debvons le nom de Dieu, Puis qu^il a pieu au roy de France Traité paix avec Tempereur. Tresves sont données de bon cueur, Pour dix ans : esse pas bon frufîct?
Marchautz yront , jeunes et vieux, En marchandise jour et nuict.
2 Trestous capitaines de guerre Se retirent à leurs maisons,
Et doresiavapt tetiir serre Sans AYoiy coups ne horions.
Car ceste année nous espérons Que marchandise aura le bruict, Sans user phis de trabyson, Puisque les rpys sont bon^ ^mys.
5 Marchantz de France et de Bretaigne, Allez tous sur mer hardiment, En Portugal et en Espaigne, PuisquUlz ont faiet appoinctement, Allez partout asseurement ; Il n'y fault plu9 dfi ^iif^poaduy^.
Croyez qu'elle est finée la guerre, Puisque les roys ont faict édict.
4 Retirez- vous et prenez terre, Tous compa^poqs 2(4y^turiers, Puisqu'elle est finéç la guerre, Convient reprendre vos mestiers, De bon cueur et très volontiers, Sans acquérir de mauvais bruict, Soignant vos biens loing et près, Puisque les roys ont faiot Tédiet.
o Les justiciers auront le brqict Et les marchantz, s'il plaist à Dieu, Chascun dormira en sçn lict , A sa maison et en tous lieux.
Le peuple en sera fort joyeuU, Car c'est un grand ap4M)ineteiQent.
Acquérir faut la paix de Dieu Pour vivre plus asseurement.
fi Prions pour le pape de Romme Qui a faict le commencement,
Et pour le noble roy de France, £t pour tous gens d'entendement; Dieu leur doint bon achèvement Puisqu'ils ont entreprins cecy.
Croyez qu'elle est finée la guerre, Puisque les roys ont faict Tédict.
XXXVITI
CHANSON NOUVELLE
SUR LA VENUE DE l' EMPEREUR A LA VILLE DE GAND, ET SON PASSAGE A TRAVERS LA FRANCE.
Eu se chante sur le chant :
Las ! que dit-on en France de monsieur de Bourbon.
1 Escoutez tous ensemble, Nobles loyaulx Françoys, De l'empereur de Rome, Le seigneur des Gantoys, Qui a passé par France, C'est pour veoir lo. bon roy Et la royne de France
Et tout leur grand conseil.
2 Le noble roy de France, Prince de grand honneur, Bravement à la France
A. rcceu l'empereur
En grand honneur et joye, Faisant solempnité Par toutes bonnes villes Par où il a passé.
5 Ce fut en Picardie Où fut le noble adieu, Du noble roy de France Aussi de Tempereur.
A Sainct Quentin jolye, Ville de grand honneur, Ce fist la départye Du roy et l'empereur.
4 L'empereur sans doubtance, S'en alla bravement
A son pays de Flandres, Avec les deux enfans Du noble roy de France, Prince de grand honneur; Jusqu'à Yalentiennes Convoyèrent Tempereur.
5 Quand les enfans de France Eurent, par grand honneur, Convoyé en grand joye
Le noble empereur, Hz s'en vindrent en France En poste hastivement, Et Tempereur de Roinme S'en aliit droict à Gand.
6 L'empereur sans doubtance S'en alla bravement
Avec grand seigneurie Dans la ville de Gand,
Où fut faict grand justice, Comme orrez réciter, Des plus grands dç 1a( ville Eurent testes coupées.
7 Dedans Gand la grand'ville Faict faire Pempereur, Ung chas! eau d'excellence, Noble chasteau d'honneur; Ressemblant à Millan, Aussy puissant et fort, Pour tenir son paya Tousjours en bon acpocd.
XXXÏX
CHANSON NOUVELLE
DE HA NÇiBlS.
Sur le cAan< . Si j'avois fait.
1 Et Da nohis
Tu es bon compaignon, (hift) Tu as promis
Au noble roy François
De ta simplq per^onjie
D'est re prêt à pprtir
Si le tabouriq >^9mi^?
Hélas î se le tabourip ?pnpe.
2 Et Da nobis
Tu es bien al)u>é ; [bis) £t les Normans
Te ont icy apporté
Un merveilleux libelle
De te faire mourir
Se tu n^y metz remède, Hélas! se tu n'y metz remède.
5 Mon lieutenant
M'avoit sa foy p^gmis ; (bis) Mais maintenant
M'a joué d'un faux tour,
M'a joué de Qqesse.
Las! il a tint huit jours
Mon cueur en grant tristesse, Hélas! mon cueur en gran^ tristesse.
4 Adieu Roqen,
La ville d'où je suis, (hiê)
Sus Teschaffaud Il m'y convient mourir.
Finer me fault la vie»
J'ay regret à mourir.
Pour Tamour de m^an^ye, Hélas ! pour Tamoup de m'amye.
5 Rossignol et,
Qui chante au bois JQJlyi
Va à Rouen, A ma femme et luy dy Que ne se desconff)rle, Que je m'en vois mourir.
Qu'on me baille la corde, Hélas! qu'on me baille la corde.
CHANSON NOUVELLE
DES GALLOIZ ET PROVENCEAULX QUI SONT PARTIS DE DEVANT LA VILLE DE ROUEN,
Qui se chante sur le chant de : Et Da Nobis.
1 Adieu Rouen,
Et les filles aussi ! {bis)
Soudainement Il nous convient partir De Rouen, bonne ville, Par un grand desplaisir, Dueil et mélencolye, Hélas ! dueil et mélencolye.
2 Les grands rcgretz
Des filles de Rouen, {bis)
Qui de pacquetz Ont porté longuement Par devant et derrière ; Car ils avoient argent En bource et gibecière.
Hélas! en bource et gibecière.
5 Les Provenceaulz Et les soudars aussi, {bis)
D'habitz nouveaulx Tousjours estoient jolys
Pour complaire à ces filles :
Leur baillant de Targent Pour avoir des coquilles, Hélas! pour avoir des coquilles.
4 Rouen ! Rouen !
Tu ty dois resjouyr : (bis)
.Car tu as veu Tes ennemys fuyr ; Les enfants de misère Qui t'ont voulu occir, Faire grand vitupère, Hélas! faire grand vitupère.
5 Un nombre grand
Sont courus après eulx (bis)
En souspiraut £t essuyant leurs yeulx, Plorant à grosses larmes, Marris et bien honteux, Sans tenir autres termes, Hélas ! sans tenir autres termes.
6 Les plus braves
£t les mieulx armés (bis)
Courant après £n portant leurs souliers Estant à grosse alaine, £n leur disant : Adieu, J'avons perdu noz peines, Hélas ! j'avons perdu noz peines.
7 Celuy qui fist
Ceste jolye chanson, [bis) Un cuisinier,
Qui estoU de Lyon, Cuisinier en gallére, En linliant Taviron Tousjoiii's eu grand inisérfi, Hi^las ! tcusjonrs en grand misère.