‹ Recueil de chants historiques française (volume 2)Chapitre 55 sur 120 · SUR LES MISÈRES DU TEMPS · texte numérisé non relu

SUR LES MISÈRES DU TEMPS

SUR LES VICTOIRES DU ROI HENRI fV,

SUR GABRIBLLE d'ESTR^ES.

Le 18* jour du mois de février de Tannée 188B, François , duc d'Anjou , frère de Henri HI , après on séjour de trois mois auprès de la reine d* Angleterre, débarqua de bonne heure au fort de Lisloo , et le lendemain il faisait son entrée solennelle dans la fille d'Anvers. Le prince d'Orange , en haine det Espa* gunis , avait négocié pour ce prince auprès det bourgeois d'Anvers la souverainulé du duché de Brabant. Kr si Ton nVn jugeait que par les f«>le8 et les réjouis-

sauces qui eurent lieu dans c^tte occasion, on pourrait croire que les bourgeois de cette ville accueillirent ce prince d'un consentement unanime. La relation ofO-^ cielle de ces fêtes, imprimée la métne années (otmè un volume petit in-folio qui a pour titre : La pffeêié et mugni/iqué entrée de monieignéur Françôîà , fil$ de France ei frère unique du roy^ par la grâce de Dieu duc de Brahani, d*Ànjm, Atençon, Êerrif, etCi eh éd trèê renommée isUle Wjnterà. A Anfôen^ KiDLi^tfr. On y trouve non-seulement le détail, liiais encore ia( représentation gl'atée de tèutes lès cét^monies qtit ont accdmpagflé la reconnaissance du duc d'Anjou cdtntiie princff suzerain d« Brabant. Si le triomphé du psirti français dVait été brillant, il ne fût pas de longue dui»éé; cai*, au mois de Janvier de Pannée suivante^ tous ceu« qui fbrmaient ce parti furent chassés ou mis à mort. Ou Ht à èe sujet) dans le Journal de L'ËstoHe, des détails curieux et qui peuvent servir de commentaires à la chanêàn d'Anters: « Le 28 janvier vinrent à Paris les nouvelles n du gtans et séditieus tumulte avenu en la ville d*An- » vers le 17 de ce mois, feste sainct Anthoine ^ ent^e » lèi François et les habitans de la dite ville, à Toccài^sion dé ce que les François, y estans à la suitt^ et

2i S0uls Taveu de M. le duc d'Alençon s^estoient niis

» M effort de se saisir, emparer et tendre maistres de » la dite tille d'Anvers , et ieelie saccager et butiner, » atflsi qu'avoient faict les Hespagnols six ou sept ans » auparavant (1). De fait ils y commencèrent sur le midi 9 une chaude escarmouche, en la quelle du eomrnen- » letrieut ils tuèrent à une porte de la dite ville (itlusieurs » des habitans d'icelle , estans à la garde dé la dite

(i) On peut voir sous Taunée 1576 une chanson contre tes Espagnols au sujet de ce pillage de la ?iU« d*Anvers.

» porle, et ne se doulans d« telle entreprise. Mais estaos » soudain Talarme sonnée, les habitans et autres de leur » part se trouvèrent es rues et lieux de conflit en si » grand nombre, si bien armés et tant coarageusement M combatans (comme ceux qui eombattoient pour sauver » leurs personnes , leurs femmes , leurs enfans , leurs «biens et leur liberté), qu'enfin les François eurent » du pire et y en fust tué de quinze à seize cenz , entre » lesquels se trouvèrent de trois à quatre cenz gentils » hommes frauçois. Les autres, trouvés en la ville sans » armes et hors du conflict, furent arrestés prisonniers H et à peu près mis dehors par honneste composition. » Monsieur, frère du roy, qui , sortant d'Anvers par la » dicte porte à laquelle commença Tescarmouche , avoit » donné le signal d'icelle, se retira en son camp, estant M loingde la ditle ville environ demi- lieue, accompagné » des seigneurs ducs de Montpensier, comte de Laval , » mareschal de Biron et autres seigneurs et gentils hom* » mes françois, qui ne se trouvèrent en la meslée, » dont bien leur en prist; puis se retira à Deuremonde » et autres lieux circon voisins, avec le peu qui lui res- » toit de son camp et suitte, où il fust longtemps mal à » son aise, sans vivres ni secours, et ne sachant de quel » bois faire flesche, délaissé de chacun et méprisé pour o avoir fait une si folle et téméraire entreprise , » etc* L'Ësloile ajoute encore les paroles amères de Catherine de Médicis , au sujet de cette malheureuse entreprise ; il termine par les vers suivants :

« Sur ce stratagesme d'Anvers et les François pris N par icelui en voulant prendre les autres, furent divul- » gués entre beaucoup de vers ceux qui s'en suivent , » taxans les François de folie, de légèreté, et leur chef » de trahison et d'infidélité. »

1 Gallia ventosa est, ventosus et incola; venlo

Nulla fides : ergo, perfide Galle, valc.

2 Gallia fastidit pacem, fastidit et arma ;

Gallus nec pacem ferre, nec arma potest.

5 Flammans, ne soies cstonnés Si à François voies deux nés ; Car par droit, raison et usage, Faut deux nés à double visage.

4 Le franc archer de Bagnollet Se joue en la ville d'Anvers, Du pris preneur est fait vallet, Tous nos beaux faits vont à Tenvers.

5 II est certain que toute médecine Prendre se doibt en son temps et saison Selon le mal. Une grand*médecine

Des Médicis est pleine de poison ; ^ Ton mal, Flammant, est une garnison.

Forte prison, prompte pour te deffaire ; Mais force en toi sera ta guairison :

Le noble uni avec le populaire.

6 Pourquoi fiés-vous à François de Valois,

Pauvre peuple flammant, sachant bien que les deux

Sont perfides tirans, cruels et vicieux,

Et (qu'ils ont perverti toutes les saintes lois (1} I

J'ai observé précédemment que les exploits du duc ^c Guise avaient été le sujet d'un grand nombre de

(1) Registre- Journal de Henry ///, roy de France et de PonloH' î/'»c, 158J. Collection des mémoires relatifs à C histoire (le France ; ^d. Michaud, deuxième série, 1. 1, p. 158.

rhansons. La victoire que ce prince remporta, au mois de novembre de Tannée 1587, contre les Relslres et le^ partisans de la religion réformée donna lieu surtout à des chants de toute nature. Voici comment L'Ëstoile s'exprime à ce sujet :

« Le mardi 24 novembre, te duc de Guisè, qui, avec » si peu de forces qu'il avoit , toujours talonooit les » Reistres et les Lansquenets quelque part qu'ils allas- M sent et leur donnoit tousjours quelque bourrade, fist » entrer par le chasteau du bourg d'Auneaa, par la pra- » tique, à ce qu'on dit, du capitaine qui y commandoit » et estoit à sa dévotion, le capitaine Saint- Paul avec » deux ou trois harquebouziers des plus lestes de toutes » ses trouppes; le quel les surprint ea désordre des- » logeans du dit lieu , ea tua un grand nombre , print » leur chef prisonnier, et en remporta grand butin. » De ceste desfaite qui fut signalée, et dont fùst à Faris » et par tout ie royaume fait grand compte et grande » joie, tout rhonneur en fust donné au duc de Guise. » Comme à la vérité il en méritoit une bonne part de la » gloire. De quoy le roy toutefois fut fort mal content » et encore plus d'entendre qu'il n'y avoit prédicateur » à Paris qui ne criast en chaire que SaiJl en avait tué

» mille et David dix mille Aussi la victoire d'An-

» neau fut le cantique de la Ligue , la resjouissance du » clergé qui aimoit mieux la marmitté que le clodier, » la braverie de noblesse guisarde , et la jalousie du roy » qui recouneust bien qu'on ne donnoit ce laurier à la » Ligue que pour flétrir le sien (1). »

Guillaume de Saulx-Tavannes, à la fin du deuxième livre de ses Mémoires , porte le même jugement sur la

(1) Registre- Journal de Hetiiij lll (1587), p. 2$S du t. i de la secoûde $ér\e des laémoires relatifa à l 'histoire de France,

bataille d^Auneau (1). Et d'ailleurs les huit chansons que je publie et toutes celles que j'indique relatives au même sujet prouvent la vérité de ce curieux passage. Au commencement de la cinquième chanson, composée en forme de dialogue, Tautcur exagère à dessein le nombre desReistres, qu'il porte à trente -trois mille, tandis que dans les Mémoires de Yieilleville il n'est question que de six ou sept mille chevaux. La même exagération se trouve dans la troisième pièce , où il est pai'lé de cinquante mille hommes.

Je n'ai pas cru devoir supprimer aucune des chansons sur la victoire d'Auneau, parce qu'elles nous révèlent l'esprit qui animait les Parisiens au plus fort de la ligue. D'ailleurs elles consacrent le soi|venir de cette lutte engagée entre le dernier Valois et la maison de Lorraine , et dans laquelle les deuiç chefs put succombé.

Après les trois chansons consacrées h célé))rer la mort du duc de Joyeuse, tué, comme chacun sait, à |a bataille de Coutras, viennent celles qui se rapportent aux deux assassinats de Guise et de Henri (IL Toqt le ipo^de connaît ces deux événements remarquables de notre histoire. Outre qu'ils ont été consignés dans |es mémoires de l'époque, des relations, des pièces Qfjipjell^s de toqte nature et des poésies en ont conservé hs plus petites circonstances. Cependant les chansons faites à ce suje| n'ont pas été recueillies ni même . indiquée!^. Çest ainsi que je réunis pour la preinièrç fois huit chan-> sons sur ces deux événements , et que je donne Tindication d'un nombre à peu près égal. La preniière ries chansons que je publie est extraite d'un petit

(l) T. vni, première sCric de la Collection Michaud.

recueil de foi mat iii-16, composé de vmgi-et-une pièces en Tavcur de la Ligue. Le titre manque dans l 'exemplaire (ine j'ai vu, mais il parait avoir été imprimé dans les dernières années du xvi* siècle. Le Cantique spirituel et action de grâces svr Vassassinat de Henri III se trouve dans le même recueil, qui en contient d'autres sur ce sujet et sur le meurtre de Guise. Chose remarquable! ce petit volume rempli d'invectives contre le parti royaliste, dont chaque page respire le sang et la vengeance , se termine par une chansonnette amoureuse devenue populaire , et qui commence ainsi :

Rosette, pour un peu d'absence Yostre cœur vous avez changé !

J'ai trouvé l'original du Cantique spirituel swr la mort de Henri III dans le recueil de pamphlets formé par L'Estoile, dont j'ai parlé au commencement de cette notice. C'est un grand placard in-folio, imprimé sur trois colonnes, dont voici le titre exact : Chanson spirituelle et action de grâces contenant le discours de la vie et tyrannie de Henry de f^aloys et la louange de frère Jacques Clément , qui nous a délivrés de la main cruelle de ce tyran y le premier jour d'août^ Van de grâce 1589; dédiée à tout le peuple catholique de France, par A, D, B, L.

La seconde chanson sur le meurtre des Guises appartient au même recueil. Elle est aussi imprimée sur un placard in-folio et accompagnée d'une gravure représentant l'assassinat du cardinal de Lorraine. D'Epernon revêtu d'une robe d'ermite, avec une tête et des cornes de démon, préside à cette sanglante exécution. Le corps

du duc de Guise est étendu par terre , transpercé de plusieurs poignards.

Les deux dernières pièces sur la mort de Henri III sont prises dans le même recueil. J'en ai e;$trait aussi plusieurs chansons faites par les ligueurs et dirigées contre le roi de Navarre. Elles sont datées des années 1589, 90, 91, et se distribuaient dans Paris pour encourager le peuple à se défendre et à supporter les misères et la famine d'un siège. Une de ces pièces, datée de 1591, contient le récit des calamités de ce temps présent, csit le recueil de L'£stoile offre cette particularité de renfermer les différentes satires que les deux partis lançaient Tun contre Tantre ; il faut observer cependant que le volume parvenu jusqu'à nous se compose principalement des pièces composées par la sainte ligue et destinées à renverser Tentreprise du roi de Navarre.

Sous Tannée 1590 , j'ai réuni plusieurs chansons écrites contre la Ligue. Quelques-unes ne manquent ni d'esprit ni de gaieté^ et elles sont aussi plus nombreuses que celles de l'autre parti. Dans cette guerre de pamphlets et de satires, destinée à soutenir l'autre guerre, les royalistes ont toujours eu l'avantage et ont triomphé de leurs adversaires , aussi bien par la plume que par i*épée. Ce n'est pas à dire que les ligueurs soient restés inactifs au milieu de ce débordement d'écrits de toute nature lancés par la presse à cette époque. Ils écrivirent beaucoup, mais sérieusement, avec fureur et fanatisme, et provoquèrent le dégoût et l'ennui. Les royalistes, au contraire, eurent de l'esprit; et les rieurs, qui forment toujours une grande majorité en France, ne tardèrent pas à se ranger de leur côlé. Il arriva d'ail leprs que plusieurs hommes d'esprit, s'étant réunis les uns aux autres, composèrent la Satyre Menippée, qi|

a plus h\i , comme on Ta dit avanl moi , pour hâter la soumission des villes de France à Henri de Navarre, que les victoires qu'il a remportées. On trouvera dans plusieurs des chansons contre la Ligue cet esprit de malice et de gaieté dont la Menippée est empreinte à un si haut degré. Cependant la colère et Tindignation y sont plus apparentes , et le poète populaire ne craint pas d^employer Finjure pour attaquer ses ennemis.

Entre les chassons contre la Ligne et celles qui ont rapport aux victoires remportées par Henri lY et à la pacification du royaume , j^ai placé quatre pièces relatives aux privations que le peuple eut à souffrir pendant toute la durée de la guerre civile. Il ne faut pas chercher heaucoup d^art dans ces complaintes, écrites sousTinsplration de la misère. Souvent les auteurs déclarent euxmêmes leur ignorance. Ainsi, la seconde pièce se termhie par ces vers :

CrtMy qu^ntreprint composer Geste c)ianson, je vous si^pplie»

Si n'est hien faicte, Texcuser :

Il n'entend rien à la poésie.

Mais elles n'ont pas moins un grand intérêt historique et sont préférables, sous ce rapport, à des œuvres plus savamment élaborées. Les désordres^ les calamités qu^entraîne après elle la guerre civile, y sont peints avec énergie ; c^est la voix du peuple qui se fait entendre et demande la paix à grands cris.

Parmi les chansons relatives aux événements qui ont signalé les premières années du règne de Henri lY et la pacification du royaume, il y en a deux fort curieuses qui se rapportent à Vhistoire de la ville de Lyon. La pren^ière, qui est datée de Tannée 1893 , contient le

récit d'un soldat catholique de TeiUreprise formée contre Lyon par Charles-Emmanuel de Savoie, duc de Nemours. Ce fameux chef-ligueur, qui, depuis la mort du cardinal de Bourbon , se croyait appelé à la couronne de France; profitant de sa charge de lieutenantgénéral du Dauphiné, essaya de se former un petit royaume indépendant dont la ville de Lyon aurait été la capitale. JVlais son projet fut déjoué par les bourgeois de la ville dévoués au parti royaliste, et surtout par les menées du duc de Mayenne son frère.

On peut consulter sur cette afiaire un opuscule de M. Péricaud qui est un excellent commentaire de notre chanson. En voici le titre : Notice sur Charles- Emmanuel de Savoie, duc de Nemours, gouverneur et lieutenant-général du Lyonnais, Forez et Bavjolais, etc. pendant la Ligue; par A. Péricaud. Lyon, 1827, in-8o.

La seconde chanson, datée de 1594, contient une révélation piquante sur Tesprit de parti à Lyon. On se moque de certaines dames attachées à la Ligue et qui refusaient de reconnaître pour roi Henri de Navarre, le considérant comme un prince hérétique.

Sous les années 1590 et 1594 j'ai réuni plusieurs pièces relatives aux victoires du Béarnais, à celle qu'il remporta principalement dans les plaines dlvry contre le duc de Mayenne, et qui lui aurait ouvert les portes de Paris, s'il avait su en profiter. Dans toutes ces chansons respirent cette affection, cette conflance qu'Henri IV sut inspirer aux Français, et qui lui valurent la grande popularité dont il a joui. Presque toutes sont écrites par de joyeux compagnons faisant la guerre avec ce prince. Elles nous révèlent les sentiments dont la foule était animée ; plusieurs ont pour refrain le cri de : Vive le

roi. On n'est pas étonné qu'elles aient été faites pour uu prince qui a inspiré ce chant populaire si souvent répété :

Vive Henri quatre , Vive ce roi vaillant!

Ce diable à quatre A le triple talent De boire et de battre £t d'être un vert galant.

Si Ton devait s'en rapporter au titre de la seconde chanson sur la bataille dlvry, intitulée : Cantique ^ Henri IV aurait composé cette pièce, qui ne manque pas d'un certain sentiment de poésie ; mais rien ne prouve qu'il en soit l'auteur^ et, si elle lui est attribuée, c'est là une de ces licences poétiques assez en usage et qui ne préjuge rien à Tégard du véritable auteur.

Quant à la chanson sur Gabrielle d'Ëstrées , elle est encore aujourd'hui populaire. C'est l'œuvre, comme chacun sait, d'Henri IV lui-même, et elle pourrait servir de preuve, et de preuve difficile à détruire, à ceux qui, prenant à la lettre le titre du cantique sur la bataille d'Ivry, voudraient le regarder comme l'œuvre du Béarnais. Il est vrai qu'au moment où il composa Charmante Gabrielle le Béarnais était amoureux, et que cette passion inspire et rend poète. Malgré tout, celui qui a si heureusement rencontré pour exprimer le sentiment que lui faisait éprouver sa maîtresse , peut bien avoir dicté quelques années auparavant les stances dont nous parlons.

La vie de Gabrielle d'Eslrées est trop connue pour que je m'arrête à la donner ici. De toutes les Temmes ajmécs par Henri IV, c'est la plus célèbre, et à juste

tilrc. Gabrielle toucha presque au trône; la mort subite qui la frappa Tempècha seule d'y monter, car tous les mémoires et les divers écrits du temps sont d'accord sur la résolution que le roi avait prise d'épouser sa maîtresse. Sully s'opposa de toutes ses forces à une pareille alliance, et en agissant ainsi il se montra fidèle aux intérêts du roi. La mort de Gabrielle fut inattendue : le jeudi saint de Tannée 1599, après un souper chez Zamet, elle s'en alla à ténèbres au Petit-Saint- Antoine. Bientôt elle se sentit indisposée ; on la ramena chez Zamet, puis, comme le mal augmentait, on la porta chez madame de Sourdis, au cloître Saint-Germain-rAuxerrois. Elle y expira le surlendemain , défigurée à un point qui donne la plus grande force au soupçon d'empoisonnement (1).

On voit que je me suis appliqué à recueillir dans les documents originaux toutes les chansons qui rappellent les faits les plus célèbres de notre histoire. Cependant je n'ai pas voulu reproduire beaucoup de pièces déjà connues , qui se trouvent dans la Satyre Menippée , par exemple, ou dans le Journal d'Henri III et d'Henri IV de Pierre de L'Estoile. Comme ces recueils historiques ont été plusieurs fois imprimés, et sont entre les mains de tout le monde , j'ai pensé qu'il suffisait de signaler les chansons qu'ils contiennent dans mes indications bibliographiques.

(I) De Fré ville, Notice historique sur l'inventaire des biens meubles de Gabrielle d'Estrées, Bibliothèque de l'école des Chartes, t. m, p. 1/18.

RBGNB SB CHARIiBS IX

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