‹ Recueil de chants historiques française (volume 2)Chapitre 60 sur 120 · CONTRE LA MILICE BOURGEOISE · texte numérisé non relu

CONTRE LA MILICE BOURGEOISE

1 Un Corporeau fait ses préparatifs Pour se trouver des derniers à la guerre î SHl en eut eu il eut vendu sa terre, Mais il vendit une botte d'oiguon; Yiragon, vignette sur vignon.

S Un Corporeau, avant que de partir, Dévotement fait chanter une messe Et si voue à sainte hardiesse De n'assailler jamais que des oysons ; Viragon, vignette sur vignon.

5 Un Corporeau bravement se monta D'un asne fort qui portoit la poirée ; Et son varlet d'une pecque escrouppée, Pour son sommier il print le poulichon ; Yiragon, vignette sur vignon.

4 Un Corporeau grève et cuissots avoit Bien facouuez d'une longue citrouille , Clouez de bois qui jamais ne s*enrouille , Un plat d'estain il print pour son plastron, Viragon, vignette sur vignon.

3 Un Corporeau des gantelets avoit, Dont Tun étoit fait d'ozier et d'eclisse; Pour l'autre il print une grande ecrevisse £t mcit la main dedans le croupion ; Yiragon, vignette sur vignon.

6 Un Corporeau eu son escu portoit Le rouge et blanc de la somellerie ; D'ongles de porcs sa lance étoit garnie, Et sa devise étoit : Nous enfuirons;

Viragon, vignette sur vignon.

7 Un Corporeau une arbaleste avoit D'un vieil cerceau d'une pipe rompue ; 8a corde étoit d'estouppe toute écrue, De bois torlu étoit le vireton j

Viragon, vignette sur vignon.

8 Un Corporeau une harquebuzc avoit D'un frane sureau cueilly de cette année, Son flasque étoit d'u<ie courge escornée £t les boulets de navets de maison ;

Viragon, vignette sur vignon.

9 Un Corporeau sa brigandine avoit

De vieux drapeaux et de vieille feraille ; £t si gardoit pour un jour de bataille Un vieil estoc d'un vieil fer d'Arragon ; Viragon, vignette sur vignon.

10 Un Corporeau à la montre s'en va; Il a prié monsieur le commissaire De lui passer sa jument et sou haire, Et de radvouer pour vaillant champicm; Yiragon, vignette sur vignon.

li Un Corporeau au trésorier s'en va :

Morbieu, sangbieu puisque le roy me paye , Despechez-vous de me bailler ma paye Et me comptez des escus ou testons ; Yiragon, vignette sur vignon.

12 Le trésorier à la bourse fouilla

Et lui a dit : Corporeau, vaillant bomme, Contentez-vous, tenez, voilà en somme Quarante francs en merceaux et jetions ; Viragon, vignette sur vignon.

15 Un Corporeau retourna en sa maison ; A son retour ses voisins il convie, Leur dit : Voyez, je suis encore en vie. Gardé me suis de ses coups de canon ; Viragon, vignette sur vignon.

14 Un Corporeau à ses voisins compta Qu'il avait eu contre un Reistre quereire, Et toute fois qu'à grands e<lups de bouteille 11 Tavoit fait venir à la raison ; Viragon, vignette sur vignon.

18 Un Corporeau à ses amis jura Ne retourner jamais à la bataille, Si pour s'armer n'avoit une muraille Cent pieds d'cspais et un voulge aussi long ; Viragon, vignette sur vignon.

16 Un Corporeau devant Dieu prolesta

Que , pour la peur qu'il avoit de combattre. Il aimoit mieux chez lui se faire battre Que de chercher si loing les horiens ; Yiragon, vignette sur vignon.

CHANSON

DES CORPORIAUX.

i Le sire Girard bien armé S'étoit tout le corps enfermé Dans une vieille brigandine ; Et de peur de ses enuemys.

Une salade il avoit mis Par-dessus sa teste badine.

2 Au lieu d'un pourpoint despouUlé^ Il vestit le fer enrouillé D'un halecret fait à la Suisse ; Et dedans du fer, par deux fois, 11 enferma ses bras, ses doigts.

Son cul, sa brayette et sa cuisse.

5 Puis, comme on gendarme iuhuBMÎn, Il print la haquebutte en main, En Tautre main une rondelle; En la ceinture qu'il portoit

Une arbal^ste lui pendoit Pour aller à la sentinelle.

4 Quand il eut marehé plus ivant, Il sentit siffler un grand vent Qui lui met au nez la roupie.

Lors il s'efforce de Tavoir; Mais ne se pouvant remouveoir, Claquetant des dents, il a'écrie :

5 He ! mon compère Corporiau, Le ventre m'y conlle comme !«u, Et le nez comme la rivière»

Mouche moy, je te mouoheray ; Je suis armé ; ou bien j'yray Appeler hostre ménagère.

CHANSON

nu PRINCE PE CONPJÈ

Sur l'air :

Ce petit homme tant joly Tousjouro devise et toujoura fit, Et tousjours l>4ise S4 mignopnei Dieu gard' de mal le petit homme.

1 Le petit homme a si bien fait Qu'à la parfîn il a deffait Les abus du pape de Romme, Dieu gard' de mal le petit homme.

2 Le petit homme, pour la foy, A voulu deffendre le roy Encontre le pape de Homme, Dieu gard*, etc.

5 Le petit homme fait complot Âvecque monsieur d^Andelot, D'accabler le pape de Romme ; Dieu gard', etc.

4 Mais encontre lui s^esleva

Un Guyse qui mal s^en trouva, Défendant le pape de Romme ; Dieu gard', etc.

5 Le pape, prévoyant ce mal, Et sentant monsieur TAmiral Menasser le siège de Romme, Dieu gard', etc.

6 Envoya grand nombre d'escus Dedans Paris à ces coquus,

Qui avoient tous juré pour Romme; Dieu gard', etc.

7 Les Espagnols et Piemontois, Qui du pape garde les loix,

Y vinrent pour deffendre Romme, Dieu gàrd', etc.

S Dandelot estoit allé loin, Mais il arriva au besoin Pour ruyner tous ceux de Romme ; Dieu gard', etc.

9 Le petit homme estoit venu Dedans Paris, où est cogneu Ennemi du pape de Romme ; Dieu gard', etc.

10 Les coquus qui étoient dedans, Armez de fer jusques aux dens, Deffendans le pape de Romme, Dieu gard', etc.

11 N'osèrent se mettre dehors, Car on les eut tuez tous morts Nonobstant le pape de Romme.

Dieu gard', etc.

12 Enfin bataille se donna

Près de Dreux, qui les estonna Et les feit fuyr jusques à Romme.

Dieugard', etc.

15 Guyse de près on pourchassa Si vivement qu'il se roussa En une granche loin de Romme.

Dieu gard', etc.

14 Pourtant il ne peult eschapper Que Merey ne vint Pattraper, Sans avoir dispense de Romme.

Dieu gard', etc.

15 Après tant de belliqueux faits , Le roy nous a donné la paix En dt^pit du pape de Romme ; Dieu gard' de mal le petit homme.

16 Loué soil Dieu qui, des hauts dem, Nous donne ce bien prédeui; Remercié soit de tout homine Détestant le pape de Romme.

CHANSON

DE ROPA^QN, pPjRllflEZ..

Bourbon, dormea ?

Filez, filez, pauvres François ppuvçM^, La couronne est en quenoille tombée ; Suivez la vache aux pastis, çimpjes ye^^j : David est royne, et toj |bs^ B^]r8|{|)^9.

Bourbon, dormez :

Ne chaussez plus, ô Gaulois! Tesperon, Ayant perdu la vii^ille loy saliqMe, Connestable est admjral le Pergn^ Plus femme q||'|)ûi|[|me, A tm^^w h^FWlHP !

Bourbon, dormez :

Or, un cordeau voi{s tei|d^n( tels f^z^au¥: Pour captiver les taureaux au lieol; Si d'Atropos n efpploye^ lef} ciseani A Lachésis tfenpber la maid au.coL

CHANSON

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