DU DUC DB GUISE
ROXANCS FOPULAȃ.
1 Qui veat ouïr cbamon? {bU) C'est du grand duc de Guise, Et bon^ bon, boo^ Jioii, Di, dan, di, dan, bon, C'est du grand 4uc à» Guis^,
iV. B. Ceci se parle :
Qui est mort et enterré.
â Qui est mort et enterré. (Ms) Aux quatre coins du poêle, Et bon, etc.
Aux quatre coins du poêle Quatre genttlhom^s j wiM,
5 Quatre gentilfaom's y aveit, (bîéi Dont Tun portoit son ctrsque, Et bon, etc.
Et Tautre ses pîstoliets.
4 Et l'autre ses pistolets, {bis) Et l'autre son épée, Et bon, etc.
Qui tant d'hug'nots a tués.
5 Qui tant d'Iiug'nots a tués, [bis) Venoit le quatrième,
Et bon, etc.
Qui étoit le plus dolent.
6 Qui étoit le plus dolent, {bis) Après venoient les pages,
Et bon, etc.
Et les valets de pied.
7 Et les valets de pied, Avecques de grands crêpes.
Et bon, etc.
Et des souliers cirés.
8 Et des souliers cirés, {bis) Et de beaux bas d^estame,
Et bon, etc.
Et des culottes de piau.
9 Et des culottes de piau. {bis) La cérémonie faite,
Et bon, etc.
Chacun s^alla coucher.
10 Chacun s'alla coucher {bis), Les uns avec leurs femmes.
Et bon, etc.
Et les autres tout seuls.
CHANSON
d'un cordelier sorbonistb
FAI8.^T D£8 SNFANS.
1 Monsieur Uugonis, le pillier De nostre mère saincte Église, Prescha tant, chez un conseiller, Une garce de bonne prise,
Et si souvent il Tcsprouva, Qu'enfin le ventre lui leva.
Or, devinez qui est le père, Hugonis ou mon petit frère?
2 La conseillère^ se doutant D'une faute si apparente, S'en alla, fort se tormentant, Chez une voysine parente, Disant : Ma cousine, je meurs, Car mon mari s'amuse ailleurs.
Or, devinez, etc.
xn
CHANSON
DES faOHPETTEa DE L'ARMil VBAHÇOUE
SUR LA MOAT BU fUNOB DB CONDJS.
On lit dans Brantôme, Dif cqufb i.%%3i, aHidltëapEiince
de Condé :
« Les bons trompette^ des François tt Réiittes parmy leurs clairons sonnoient souvent eeste cbanson et quinte :
Le prince de Condé li a esté tué, Mais monsieur VAdmiral Est encore à cheval Avec La RocheCoueault, Pour chasser tous ces papaiix, papMi^, pstpaui* »
CHANSON
DE ri VE LB RÛT.
Vive le roy, le conseil rt la reyne (Ca(herine), Yiïe le bon cardinal de Lorraine, Vive Hugoutg, Marcel et ses suppôts ; Vive CalTlti, pourveu qu'ayons repos.
Vive le roy, le conseil cl la reyne, Vive le bon cardinal de Lorraine.
COMPLAINCTE ! MAttAME tA PAinCBSSE ttB Cànbt
Sur b tiaiU du BiMmt da PdUHii
1 Dames, dames, je vouS prie i nUlns j^ÙM Avecques moy de plorer mei ooroplainetei, Car les regrets que j'ay dedans nlon tMMir He caoaerdnl toute ma vie doutctir.
2 Tout mon attente est maintenant perdue ; Hélas ! faut-il que je perde la veue D'un que du tout mon cœur a tant aymé ! Et maintenant les vers Pont consommé.
5 Las ! j'ai perdu la vrai fleur de noblesse ; Jamais mon cœur de larmoyer ne cesse , Car j'ai perdu la veue de mon seigneur Qui me portoit amitié et honneur.
4 O faulce mort, cruelle et redoutable, Tu as frappé mon seigneur amiable ; De ton faux dard qui est tant venimeux A mis à mort le prince valeureux.
5 O Admirai, c'est à toy que je crie ; Par trop te croire il a perdu la vie, Et au besoing tu l'as abandonné :
Tousjours , sans cesse, tu en seras blâmé.
6 Toy, Dandelot, tu faisois bonne mine , Tu luy disoys : Nous mettrons en ruine Tous ces papaux qui nous font tant de maux ; Gomme les autres tu as gaigné le hault.
7 Montgommery, trop tost tu prins la fuite , Tu l'as fort mal secondé de ta suitte. Las! ce n'est pas ce qu'il afaictpour toy, De te sauver quand tu tuas le roy.
8 Rochefoucault, tu t'en fuis grand erre ; Pour te venger passa en Angleterre, Pensant en France ammener les Anglois, Leur promettant des villes à leurs choix.
9 Casaques blanches qui faites la piaffe , Après sa mort faites une épitaphe :
Que tous les frères ont très mal secondez Mon vray époux le prince de Condé.
10 Dieu permettra que j'aurai la vengeance De ces méchans qui ruinent la France.
Las ! ilz sont causes de mon très grand malheur, Et que mon corps consommera en pleurs.
li Or le grand vice de ceste loi nouvelle Contre son roy Tavoit mis en querelle , Luy promettant tousjours le maintenir, Mais à la charge vous prinste à fuyr.
12 Et vous; ministres, avec vos faces pâles, Yous estes cause de malheurs et diffames. Yous luy disiez : Monseigneur, sans esmoy Nous mourrons tous , ou nous vous ferons roy.
13 Monseigneur frère, monsieur de Longueville, Prenez pitié de toute sa famille ;
Priez le roy qu'il nous pardonne à tous , Et fléchirons devant luy les genoux.
14 Las! je conclus que tousjours nos ancêtres Ont recogneu le roy pour leur vray maître ; Ceux qui seront au contraire obstinez Seront vaincus et du tout ruinez.
15 Je feray fin à mes pleurs lamentables, Criant à Dieu miséricorde et grâce, Donnant au roy la force et la vertu
De vaincre ceux qui Tout tant mesconnu.
CHANSON
DE MAHCBL; PRÉVOST DBS MARGBANM.
Vous yrez à la moMe»
Huguenots, ou Marcel vendra Ses bienSf et de vitesde Hors de France s'en yra«
1 Marcel, parlaut avec le roy, Lui a dit : Sire^ par ma foy,
Bien je le voy, £t si le croy, Que nostre bonne ville S'en va du tout à nonchalloir.
Si à ceste évangile Vous ne voulez pourvoir.
Vous yrez à la messe, etc.
2 Quoy, sire ! ne sçavez vous pas Que je vous espargne ducaz
Pour votre cas,
N'étant pas las D'encore plus mieux faire ?
Si vous nous voulez employer.
Jamais n'aurez à faire Seullement d'un denier.
Vous yrez à la messe, etc.
5 Car je sommes plus de cinq cens Qui avons des ecus comptans Beaux et pesans £t des plus grands, Que pour faire la guerre A ces Huguenots vous vaulrons, Pour les chasser grand erre ; Et si j'y aiderons.
Vous yrez à là messe, etc.
Nos cappitaines) corporiaux^ Ont des corseltets tout nouveaux, Dorez et beaux, Et des cousteaux Aussi longs comme un voujge, Pour Huguenots egorgdttci* Et une escharpe rouge Que tous voulons porter.
Vous yrez à la messe, etc.
5 Débray^ Hotman, Leschassier^ Avec leurs cuirasses d'assier,
Yront premier
Les essayer ; Après yront Déhaire^ Boussetet, Ladvocat, Aubry^ Bourgeois et Labriere^ Et Des Prez avec luy.
Vous yrez à la messe, cic*
6 Ho ! sire, entendez ma raifton^ •Je vous pry, car il n'est saison
Que nous taisions, Comme un oyson
Ils nous viendront eslandre, Si ces Hugtienotci ne chassez Ou les faites tous pendre; A cela bien pensez.
Vous yrez à la messe, etc.
7 Trop longuement j'ons attendu, Ce n'est qu'autant de temps perdu. On s^est rendu, Plus que le deu, Endurant de leur presche, De leur cène et de leurs sabbats; La mémoire en est fraîche, Dont nous dirons : Hélas !
Vous yrez à la messe, etc.
8 Senechal, HugoniSy Figor, Tousjours crient à cri et à cor ;
£t si encor Jusque à or Convertir n'ont pu faire Un de ces meschants desvoyés, Que Compant^ mon compère, Qu'auprès de moy voyez.
Vous yrez à la messe, elc.
9 Sire, monstrez vostre crédit, Faites contre eux un bel édit,
£t qu'il soit dit, Sans contredit, Qu'ils iront à la messe ; Ou nous laissez vendre mes biens,
Car doute avons sans cesse De ces Calviniens.
Vous yrez à la messe, etc.
10 Avec moy cinq cens gros marchans S'en iront demeurer aux champs, Si ces méchants, Avec leurs chants, Ne chassez hors de France.
Plus ne faut supporter leur fait, J'avons la conscience Chargée de leur meffait.
Vous yrez à la messe, etc.
il Si le duc de Guise eust vécu.
Autre loyer eussent receu, Et on eut veu £t apperceu La papauté remise, En despit de ces Huguenots, Qui troublent nostre église Et tous nos jeudi nos.
Vous yrez à la messe, etc.
12 Le roy, voyant Marcel ainsy De grande colère transy, Luy dit : Amy, N'ayez souci, Bon ordre y ferai mettre, Et vous rendrai trestous conte nts, Car je ne veux permettre Que soyez mal contents.
Vous yrez à la messe, etc.
15 Mes grands amis vous puis taôtoimer^ Et je vous doy bien fort aymer, Et renommer Et estimer; Car en moti grand aff2lii*é Chascun de vous est diligëtit, Pour grand plaisir me Mte, Me prester de l^afgent.
Vous yrez à la messe, etc.
14 Marcel, pour le remercier, Un hanap de vin tout entier Veut empoigner Pour Tavaller. Près du roy il s'approche Et beut aux bons roys trespasséfe.
Le roy retourne en coche A Saint-Maur-des-Fossé2.
Vous yrez à la messe, Huguenots, ou Marcel Vendra ses biens, et de vitésàe Hors France s'en yra.
CHANSON NOUVELLE
DES TRIOMPH^Ç ^T ^A.Ci^|F{Ç|E|iC^S
FAITS AU MARIAGE DU ROY £T p^ ^^^4^^ tfk^9SS4^ ^'AUTRICHE
XS LA TILL^ M l^ixitBf*
Sur le chant de Poufbon.
1 Genty peuple ^ Fraoce, Qui désirez savoir
La grand magnigcçoo^.
Pour plaisir reeçpvoir* Qu'il y a peu avqiç Au noble mariage De Charles montre ypy, Et la royne très s^g^.
2 En pompe et ordre riche, Sans faire de séjour, Dame Isabel d'Autriche, Le vingt cinquiesme jour De septembre dernier, Arriva à Métiers ,
Son train bien ordonné, En royalle manière.
5 Le roy^ dedans la ville.
Faisant son plain debvoir Pour de façon gentille La royne recepvoir.
Feit lascher gros canons Menant joyeuse vie ; Trompettes et clairons Sonnoient par mélodie.
4 Devant ceste princesse Humblement â'est offert De marcher en liesse Le comte de Sollert, Prince Daulphin aussy, £t le marquis de Bade, Guyse et Montmorency Avec monsieur d^Aumalle.
5 Monsieur d'Anjou marclioit D'une noble fa^on,
Coste à coste suyvant Le seigneur d'Allanson ; Puis Télecteur exprès De Tempire romaine, Tous trois marchoient après Le chariot de la royne.
6 L'évesque de Strasbourg, Homme docte et savant, Selon Tordre de court L'électeur va suyvant, Accompaigné marchoit Du bon duc de Lorraine, Montpansier le suyvoit En ordre souveraine.
7 Lors étant arrivée Dedans ceste cité
En belle compaignée, Comme il est récité,
Rcceue humblement Fut par la royne mère Fort magnifiquement Et en joye prospère.
S Le lendemain matin, Le seigneur électeur ProfTerant en latin Ces propos par honneur, En somptueux arroy Rend ceste royne saige Entre les mains du roy, Comme en avoit la charge.
9 Lors en triumphe exquise Se prépara le roy
Pour aller à Féglise, Suivant la sainte loix ; Auquel lieu dignement Epousa la princesse, Selon le reiglement De royalle noblesse.
10 Premier, dix-sept rangs Des Lansquenets marchoient, Vestuz d'incarnat blanc
Et gris ; puis les suyvoient Les Souysses par honneur.
Tant du roy que ses frères Portant de leurs seigneurs Les couleurs coutumières.
11 Tabourins et trompettes, Haultbois et violons, D'une haulteur parfaicte Faisoient tantir leurs sons.
Marchoient en bel arroy Les chevaliers de Tordre ; Ceux du conseil du roy Les suyvoient en bel ordre.
12 Monsieur du Puis marchoit En ordre triumphal, De Cheverny et Foys, De Limoges et Lassao, Morvillers, grans seigneurs.
£t le nonce du pape.
Puis les ambassadeurs De Venise et d^Espaigne.
15 Les quatre héraults d'armes, Monsieur d'Âumalle aussi, Et le marquis de Bade, Avec Montmorency ; Puis le prince dauphin « Et le sieur de Lon^ueviile Marchoient pour le certain En triomphe gentille.
i Le cardinal de Guyse, Montpensier, bref et court, Suivoient selon leur guise L'évéque de Strasbourg.
Marchoient en général Deux personnes prochaines, Monsieur le Cardinal Et le duc de Lorraine.
15 Deux huissiers de la chambre Portoient les masses d'or; De Guise sans attendre, Marchoit d'un même accord,
Qui en son poing portoit Lebaston de grand mttlstt'è; Le roi après marchoit Et l'électeur de Triôveà.
16 La royne fut menée Par les frères du roy.
Et puis la royne ipèi'e M archoit en bel arroy ; Princesses et seigneurs Suivoient par excellence^ Présentant leurs honneurs Au noble roy de Franôe^
17 Le roy vestu étoit En abit excellent ;
La robbe qu'il portoit Fine toille d'argent, Brodée richement De perles fort valables, Tant que son vêtement Etoit inestimable.
18 En là même statue A.voit pareillement Une robbe, vestue Fort magnifiquement D'une toile d'argent, Isabelle, noble roytte, Ayant un garniment De riches perles fines.
19 Plus d'un manteau avoit Ysabel de haut pris.
D'un beau velours viollet, Semé de fleurs de lys,
D'or, et bordé partout D'ermine mouchetée, Voire jusques au bout De fort longue portée.
20 Coronne à Fimpérialle Dessus son chef portoit Geste royne loyalle, Comme il appartenoit.
Ainsi honnestement, £n ordre fort requise, Vont le sainct sacrement Recepvoir à Téglise.
CHANSON