‹ Recueil de chants historiques françaiseChapitre 121 sur 181 · CHANSON DB POLTROT · texte numérisé non relu

CHANSON DB POLTROT

Vaudeville d'adventurier» chanté à Poltrot, avte mm annirenaire, U 24 février 1666, d% la délivrance le 3«.

1 Allons, jeunes et vieux, Revisiter les lieux Auquel ce furieux Fut attrapé de Dieu, Attrapé au milieu Des guets de son armée, Dont fut estéint le feu .

De la guerre allumée.

S Quel honune tant heureux Dieu choisit pour cela ?

Quel soldat généreux Dedans son camp alla?

Tant se dissimula Que Poccasion prise^ 11 exécuta là Sa divine entreprise.

3 Ce fut cest Angoolmois, Cest unique Poltrot (Nostre parler françois N*a point un plus beau mot),

Sur qai tomba le lot De retirer d'oppresie Le peuple huguenot Eo sa plus grand* détresse.

4 Devant Tembrasement De ce civil erreur.

Il avoit bravement Résolu en son cœur Que le plus grand honneur Que rhomme peult acquerre Seroit d'oster Tauteur Et chef de ceste guerre.

5 Long'temps il tint secret Ce qu*il en concevoit.

Comme soldat discret Qui bien souvent avoit En azardeux exploit.

Par diverses provinces, Monstre comme il scavoit Bien servir à nos princes.

6 Mais quelques mois passez, Voyant croistre les maux, Les pays oppressez, Tous les bons en travaux : Il faut, dit-il tout haut, Qu*en mourant je finisse Tant de malheurs, mieux vaolt Que tout seul je périsse.

7 Avecque ce dessein, Vers l*ennemy passé, Il déguise la fin D'avoir les siens laissé,

— ÎSS- Dontilfutcaressé; Puis après il ne pense Qu*au point de son easay Pour délivrer la France.

8 L^ennemy, quelque tempe, £d ces advis doubteux, N'advence point ses gens; Lors Poltrot parmi eux De savoir est soigneux Que Ton fait, où Ton tire^ Pour en advertir ceux Dont le bien il désire.

9 L*ennemy, bien certain De faire tant d*effort Qo*il mettroit en sa main Orléans, noslre sort.

Surprenant nostre port.

Et nos mottes ensemble, Juroit tout mettre à mort Pour un dernier exemple.

10 II prist si vitement No8tre port et nos tours, Qu'il dit avec serment Qu'il verroit dans trois jours (Nous estant sans secours Et près de sa secousse)

Si Dieu, nostre secours, Yiendroit à la rescousse.

11 Quand Poltrot Tentendit Ainsi horriblement Blasphémer^ il a dit :

Je voy ton jugement,

Mon Diea, sur ce mesèbant; Si mon deasem t*igrée, Donne-moy, Diea puiMttit, Ta oonstanci aneurée.

18 Aussitost dbt, il part.

Il s'enquiert, il entend Où est, de qoelle part Vient celuy qu^il attend.

Cependant, ehoistisant Lieu pour son ad? entage.

Le reco^oist passant, £t le trousae au passage.

15 Voyez quel est Testât De nous, pauvres humains :

Un seul hommet abbat Celuy qui en ses mains Espéroit voir les fins De TEurope envahie, Dieu trompe ses desseins.

14 Qui fit finir le temps De nos jours malheureux, Dont est dit tous les ans?

Poltrot, payant nos vœux, L'exemple merveilleux D'une extrême vaillance.

Le dixiesme des preux, Libérateur de France.

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