AU MONASTÈRE DES AUGUSTINS
1« mardy, liolcUesiBe jour d« mên iSm, Et H ehttntt ncr «m ehmil nmtotaê.
1 Vous, chrestiens, qui vous empioyeii A vivre bien et sainctement.
Du seigneur de Joyeuse oyez Le convoy faict honnestement Dedans Paris, belle cité.
Aux Augustins il fut porté
En triumphantarroy,
Par le vouloir du roy.
2 Estoit en rang premièrement L'hospital de la Charité,
Du Sainct-Ësprit semblablement, Et aussi de la Trinité ; Les Capussins alloient après, Les Feuillans aussi tout exprès,
En grand dévotion
De bonne affection.
3 Les Pciiiicns noirs, 1)Icijs et gris Marchoicnt après, pleins de soncy, Et les mendians de Paris
Les suyvoient en bon ordre aussi.
Les paroisses d'autre costé
Sans faillir y ont assisté * En ordre, comme il fault Suivre un prince si hault.
4 Deux cent pauvres vestas de deuil, La torche allumée en la main.
Lentement et la larme à Tœil Estoient de ce funèbre train;
Du défunct tous les serviteurs Regrettoient aussi les valeurs
De ce bon duc aimé
Jadis tant renommé.
5 Après Téglise on pouvoit voir, Les chevaux de velours couverts, De bon zèle et d*un franc devoir, Menez par hommes tous divers :
Et dedans un char bien orné, De velours tout environné,
Estoit porté le corps
Pour mettre entre les morts.
6 Ce char funèbre estoit conduit, De gentilshommes de la court, Chascun desquels estoit induit De plorer les malheureux tours.
Que la fortune nous a faict Lorsque ce seigneur fut deffaict
Par le camp au ehamp mis Des maudits ennemis.
7 De monseigneur de Saincl-SaoTear Frère de ce preux admira!, Lequel mourut au lict d*honneur, Avec luy, par le sort faul.
Le corps estoit aussi porté,
Avec toute saiocteté, Par les blancs Pénitens, Qui Faimoient de tout temps.
8 Plusieurs évesques et prélats Snivoient les défuncts dessus diu, Avec un merveilleux hélas Perdans deux seigneurs si hardis :
Ce faict, on vit suivre Tinstant L*effigie représentant
Ce seigneur honoré Du peuple déploré.
9 Sur le char où mise on avoit Geste pourtraicture si bien, L'habit de pénitent se voyoit, Afin de n'y oublier rien; Aussi le siflet marinai
Que doibt porter tout admirai, Sans vouloir oublier L'ordre de chevalier.
10 Les pénitens'environnoient Ce char enrichy tellement.
Après lequel aussi venoient Plusieurs seigneurs pareillement :
L'un portoil en Pair l'ancre d'or, L'autre, pour singulier trésor, Son armet précieux, Pour paroistre à nos yeux.
il La couronne de duc efttoit Portée aussi triomphamment, Tellement que rien ne restoit Peur llionorer humainement :
Le noble duc de Montpensier, Que nous devons regracier,
Menoit premier le deuil
A ce triste cercueil.
iS Maint seigneur le snivoit aussi En ceste affaire noblement, Comme aussi faisoit en cecy La docte cour du Parlement.
Voilà, Chrestiens, en vérité, Comme enfin on s'est comporté, Conduisant bien et beau Ce bon duc au tombeau.