‹ Recueil de chants historiques françaiseChapitre 159 sur 181 · LES PAYSANS · texte numérisé non relu

LES PAYSANS

4 Je parleray du camp Et des cruautez grandes Des Huguenots mechans Qui vont avec leur» bandes.

Ils viennent dans nos granges, Aussi dans nos maisons, En prenant, chose estrange, Chevcaux, bœufs et moutons.

5 Encor n'estant content D^avoir noz biens et bestes, Nous lie et nous raelUnt, Nous bandent yeux et lestes.

Nous battent et nous moleste, Jurant et blasphémant :

Faut que rançon lu paye Cent escus tout comptant.

6 Si nous ne payons rançon, De grands coups nous moleste,

Nous mettant en prison, Nous lient comme beste, Jurant et reniant :

Si ta rançon ne paye Te turay tout comptant.

7 Je vous laisse à penser Quelle douleur amère.

Perdre sans offenser

Noz biens, aussi nos terres ; Encore davantage, Ils brûlent nos maisons, Ces Hugues plein de rage, Ces voleurs et larrons.

PARIS

8 Mon Dieu, ayez pitié

De vostre pauvre France, Vous priant d'amitié Pardonner les offenses Au peuple sans doubtance, Qui est du tout ruiné, Vous priant d'espérance Nous vouloir pardonner.

9 Ne permettez aussi Que tous CCS hérétiques.

Qui sont hommes transis , Suppôts des politique;;, Veulent par Thérésie Abolir noslre loy, Faisant par tyrannie Mourir gens de foy.

10 L'exemple et le taU En est bien d'apparence, Le monstrant par effei Au royaiilme de France, En la ?ille noslable^ Grand cité de Paris.

Ils ont fait exécrable Mourir homme de pris.

il Est-ce par cruautez D'affamer ceste ville?

Est-ce par cruaultez De prendre aussi les vivres ?

Et puis par leur grand ire Faisoit coutelacer Ceux qui les apportoit ; Ils estoient massacrez.

12 Las ! ils ont fait monrir. Dans Paris, noble ville, Et de faim fait lauguir Hommes, femmes et Glles, Encor plus de dix mille.

Sans les pauvres enfans Qui mourroient aux mamelles De mères languissants.

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