DR L*OPINIASTRBTÉ DE CERTAINES DAMES DE LTON
El te chante tur le chant :
Dames d*honnear, Je vous prie à mains Jointes.
1 Dedans Lyon y a certaines dames
Qu'il semble veotr estrc miuvais g(!n? d*armes, Tant tristes sont de ce doux changement, Et vous diriez que c*est bien à escient.
2 Elles vous font de leur propheteresses, Vous jugeriez que ce n'est que sagesses A les ouyr de TEstat discourir
Et du danger que prêvoyent venir.
5 Non, non, mes D.imes, ne soyez si sévères Envers cebiy qui nous rendra tous frère«. Ne nous tenez pour des séditieux Mais pour le bien commun fort soucieux.
4 Mais quant on leur parle de cette sorte Elles se fâchent et comme demi mortes, Dressent les yeux et jettent gros soupirs De ce qu'on a ostcp tous leurs désirs :
5 On n'a rien faict, disent elles, qui vaille ; Nous autres hommes ne sommes que canaille, Hors de TÉglise pour avoir ccste fois
A bon escient crié Vive le Roy !
6 J'aymerois mieux, dit dame Pcrroquelte, Mourir cent fois et perdre ma jaquette, Que d'obéir à ce roy Navarrois
Et rappeler prince roy des François.
7 Y en a d'autres à qui Ton a faict croire, Pour mieux de lui obscurcir la mémoire, QuUl ne croit pas au sauveur Jésus-Clirist, Et par ce n'est conduict du Sainct- Esprit.
8 Vous en orrez d'autres tant opiniastres, Vieilles resvcuses et mauvaises et maraslres. Qui barricadent comme les vieux mullets
Et de despits mordent leurs bourrelets
9 Nous sommes tous^ qui croiront à leur dire, Bannis de Dieu et qu'il nous faut maudire : Et qui pis est nous sommes devenus
Tous huguenots, bref sommes mal venus.
10 Tel est le chant de ces dames Collettes, Et encor mieux dessous leurs anreilletes Ont imprimé qu*on leur a faict grand tort D'avoir admis ccluy qu'on voudroit mort.
11 Mais en Toicy qoi font bien antres pteîneles Et de regrets sont grandement atteintes Quand leurs maris on a chassé dehors , Pasies, detaîcts et eomme demy nmits.
13 Gestes ky ont mienx de ffucy se plaindre S*il leur taloit, et ont encore i craindre Beaucoup plus pis si le Roy n*a mercy De leurs maris et n*en prend le soney.
i5 Cela lenr est nn remords de conscience £t toutes fois faut avoir patience»
Préméditant qu'ainsi leur esprit est-tl teiet Comme à ceux là contre qu ils ont neffûet.
14 Bien il est vray qu'on se fût de la troqne Assez passez, croyez que je me moqué ; En serions souvent dit on bien vray P Ceux ne le sçavènt qui n'en font pas IVsaay.
15 Si se faut il bonnes dames résoudre Et de patience encor nn point eondre, Patience falct faire digestion
A des soupirs et dueils on milton.
16 Conlemplea toutes, contemplez» Je vous prie, Ceux qui de mort sont retournez à vie, Que vos maris ont cy devant bannis,
Vous leur voyez les visages poUb.
17 Ainsi luyra de vos maris la fece
A leur retour, Dieu leur en doint la graee. Et tel retour soit ainsi sauve et sain. Rendu leur est le change dans leur seing
18 Escrivez leur qoHl allent reco^noistre
Le roy Henry de Bourbon pour leur maistref Il est si bon qu'il leur pardonnera Et puis joyeux chacun retournera.
CHANSON NOUVELLE
Sur le chant >* La rdte de Provence.
1 Pttift done que la paix est faite ReHrez vous, pioquoriens, Et gardez vous de plus mal faire Ny de plus dérober les biens De ces pauvres et bonnes gens Que desrobiez tant sur les cham|)8.
â Et que chacun en besogne Retourne prepdre son meytier Et plus le pays n'arrançonne Comme la pluspart faisoit :
Mais qu'on se mette à travailler, Et cela soit sans tant deviser.
5 Soit la coignée ou la pioche, Ou la faucille courbée,
Ou la serpe bien manchce, Ou la charrue bien forchée.
Ou d'aulre meslier d'artisan, Soit de cardeur ou tisserant.
4 De quel qu*îl soit somme toute Il 8*y faudra adonner.
Et laisser toute teste troupe Qui ne fait que vagabonder, Car peut estre ne pouroit durer De vouloir vivre et rien gagner.
5 Nous verrons que les picquorées Feront vivre quelques uns
Ëi durer quelques années ; Enfin nous ferons communs Et faudra qu'ils prennent le chemin De ne faire plus le Florentin.
6 Si je disois qu'il u^y en a point d'autres Sinon les pauvres soldats
Qui robent, dictes vous autres, Cappitaines et sergents, Et gentils-hommes, où estes- vous.' Avez menti me direz-vous.
7 Aussi si vouliez dire Que j*en voulusse blasmer.
Toute gens je m'en relire Tant que je puis m*en garder, Et ne parle qu*à ces moschans
Qui battoycnt tant lis bonnes gens.
8 Mais la troupi<e est bien petite De ceux qui n*out rien désrobé,
Soit Hugucnaut ou Papisle Et qui ne s y soit trouve ; Mais pour la fin Dieu leur pardon Comme il fit au bon larron.
CHANSON NOUVELLE