‹ Recueil de chants historiques françaiseChapitre 170 sur 181 · DÉFLORATION · texte numérisé non relu

DÉFLORATION

DES DAMES DE LA VILI*E DE LA PÈRE TENUES PORCÉMBNT PA» U» SmiBlUi D« LA RELIOIOV CATHOLIQUE.

1 Sus, SUS, regr^ts^ sortes de nos {Hiitriiies Pour discourir nos douleura et ruinM, Et qu'un Écho» pleurant nostre sonoy^ Soit entendu par tout ce monde cy ;

a Que nos deax yeax soyent deux men et fontaines. Tesrooina certains de nos améres peines, Pour de nos pleurs esmou voir Tunivers A la pitié, oyant nos tristes vers.

5 Que nos beaux joors ne soyent rien que ténèbres, Nos chants comaans qae mortelles funèbres Sans que jamais, voire dans le cercueil, On puisse voir mourir nostre grand deuil.

4 Sus, gémissons sopbs Thabit noir nos pertes. Ou bien de sae tant seulement couvertes, Ainsi que fait, délaissant son arroy,

Pour ses péchez, le Ninivite roy.

5 N'avons-nons pas grand raison de ce faire, Estant es mains du cruel adversaire

Qui nous borelle et qui de tous nos biens Vent disposer C4imme s'ils estoyent siens!

Est-M pas bien chose assez déplorable De voir (héLis!) son haineux à sa table, Rire, chanter, et vivre opulément De ce qu*avioDs gardé soigneusement!

7 En nostre lict quand il vent il se couche, Faict nos maris aller à l'escarmouche, Ou à sa brèche enconstre notre foy, Pour résister à Jésus et au Roy;

8 De nos thrésors il fait grande lacgease, Et en soudoyé une sotte jeunesse

Qui luy subvient soubs le nom du soldat, A faire teste et garder le rempart.

9 Au lieu d*aller à nostre saincte messe, Journellement le Huguenot nous presse D'aller ouyr an ministre mutin, Prescheur criar de dcsjoner matin.

10 De no? deniers une grande partie A ji esté tratstrement despartie Au Reystre noir afin de le saouler A venir cy par la France voiler.

110 cruauté, 6 grande tirannie, Faire manger soy-mesme sa patrie Aux estrangers qui arrachent le pain.

Le vivre aussi de nostre pauvre main!'

12 Nos anciens avoyent en révérence

Pour le pays combattre i toute outrance ; Et les meschans se b.indent contre hiy. Pour Tabismer en éternel ennuyé.

15 Ils n'ont on ciBur que rinferoalle rage , Et enyvrez d*nn furieux caraage, Prennent plaisir se servir d'Atropos A nostre église et à ses bons suppos.

i4 Quand est de nous, nous n*avons autre viande Que la complainte en nostre douleur grande, £t ne pouvons plus grand ayde chercher Qu*aux tristes pleurs pour la soif élancher.

iS Des faux tyrans, inhumains et infâmes,

La plus grand part des hommes et des femmes

De cette ville ont voulu mettre hors

Parce que tous n'estoyent de leurs accords.

i6 Ils sont errans par villes et bourgades, Les uns chétifs, pauvres et bien malades, Les autres ( las ! ) de la faim agravez , Plusieurs chemius de leurs corps ont pavez.

17 Et nous (d Dieu! ] qui, foibles femelettes. Sommes icy dedans nos maisonnettes, Journellement nous mourons mille fois, Et en nos cris nous n'avons qu'une voix.

18 Nous voudrions bien venir à fin des monstres, Et leur fillcr mortelles mallencontres, Comme un matin, pour sauver les François, Ceux de Paris firent sur les Anglois.

19 Mais ces boinrcanx, lesquels sont de nos membres, Maistrisans (las!) nos villes et nos chambres, Veillent tousjours contre nous animez,

El font le gué jour et nuict tons armez.

20 Ainsi |)our vray, d un ciDiir exeoipi ée j«ir, Nous n'attendons qu'être mises en proye Par un assaut oà le brieaiH canon Foudroyera tout et perdra noetre i

Si O enaeny outrageai et superbe!

Que Ui nous tais, estant jeune et en herbe, Souffrir de manxl 6 malheureux le jour Que tu as fait en La Fére séjour!

S2 Ne prends-tu pas sur les autres exemples. Qui, méprisant de Jésus-Christ le temple. Le roy aussi, furent enfin deffaicts.

Dieu ne voulant endurer leurs forfaits !

S5 Las! nous perdons si belle remonstrance ; Il ne t'en chaut : d dames de la France, Plorez, plorez, et nostre afOiction Vous fasse avoir de nous compassion.

xxvni

CHANSON

POUR GABRIELLE D*ESTRÊKS,

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