LES LANSQUENETS A CAEN
Balladt caennaite.
i Gens obstinez, d'étrange nation Et d'une vie abominable et vile, Cuidiez-vous par obsrinalion, Mettre sous pieds de Caen la bonne ville Qui de long- temps a liberté civile?
Et maintenant vous troublez les Canaîs»
Fuyez vous-cn, ords. vilains Lansquenet-.
2 S*on a souffert de vous dedans Bayeux, A ArgenUn, à Ses, ou à Falaise, Pas ne s'ensuit que dans les autre» lieux Vous dominiez et faciez à votre aise.
Ne sommes mie à traicter, n'en desplaise, Comme foireux ou comme des quenels.
Fuyez-vous-en, ords, vilains Lansquenets.
5 Vous estes ords, puans, paillards, gloutons, De vostre paîs déboutez et banis ; Et de Naples portez les gros boutons, De quoy nos lits et couches sont honnis; Comme pourceaux vous traictez en vos nids, , De voslre estât tous sont plus ords que nets. Fuyez-vous-en, ords, vilains Lansquenets I
4 Vostre venir estoit assez plaisant»
Mab le maintien vostre vouloir descouvre ; Vostre partir a esté déplaisant.
Pourquoi concluds qu'en la fin on loue Toenvre ; Si dedans Gaen jamais pour vous porte ouvre, Mieux vous vanldroit a esire morts que nez. Fuyez-vous-en, ords, vilains Lansquenets !
5 Prince ! ils beuvoient chascun vingt pots de bière Et nostre vin ils ont beu à canèz.
Cidre, cervoise, tout passe par llierbière. Que vous puissiez de bref gésir en biérel Fuyez-vous-en, ords, vilains Lansquenets !
BALLADE
ENVOYÉE PAR MAISTRK JEHAN MAROT A MONSKUSNKIIR Ut DUC DE VALL0I8 (PRANÇÛ lorsqu'il fut retenu en son service.
Puisqu'aiiisf c«f, lrè»-î!lo8trc «eîgnear. Qu'il vom a pieu me faire cest honneur, Gnice et bienfaici, que de me retenir L*un de vos Mrfe, dont me sens le mynei Grâces vous rens, car ce m'est tant bonhe Que de roeilhmr ne pourroi» obtenir, Ces jour» passeï, eaptrtnt adf enir Joye après deuil. J'ay crié parhahan s P^U t€Hekra$ efo ipero iuctm.
Ain» que Job souffraat maulx à planté.
Et qu'il ioit vray il y a prés d'un aa Que deo^uré je suia nud comme Adam, Mince de biens et povre de santé.
Dès lors que mort priut des daipes la^u
Que France eucor regrette en couvert pic
Mez sens perdiz puissance et contenir.
Car povreté, néeessiié, malheur
Et maladie à la triste couleur
Malgré mes dons vindrent m'entretenir.
Et d'avec moy iyesse forbannir.
Lors eussiez veu le ^ovrc maistre Jehan
Plus eslonné que n'est ung chahuan
De tous oyseatilx balu et lourmenié; J'avois le teint de couleur d'esperlan Plus maigre et sec que les jambes d*un pan, Mince de biens et povre de santé.
Mais Dieu voyant que Tamère liqueur De povreté n'a toau matter le coeur Et qu'espérance ay eu eu souvenir, Saichant aussi que comme belliqueur Garny d'espoir suis demeuré vainqueur, A fait santé par devers moy veuir, Et a chassé jusques au revenir Infirmité plus J4iulne que safran.
Dont, monseigneur, j'espère mesouan Bien vous servir de cueur et voulenté.
Et crier tant : Malheur, va-t*en, va-t*en, Que ne seray (vous aydant) comme antan Mince de biens et povre de santé.
Prince excellent, plus beau que le dieu Pan, Franc, libéral comme le pellican, Je vous supply, par vous soyt débouté Malheur maudit qui tant m'a fait de tan ; Afiit que plus ne soye en son carcan, Mince de biens et povre de santé.
Vî