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CHANSON
BS AVANTURIBR8 DB FRANCE SUR LE DEPART DU ROI POUR LA CONQuéTE DU MILANAIS.
Iâi5.
1 Le roy s*en va delà les mons,
Le roy s'en va delà le« inona.
Il menra force piétons , Ils iront à grant peine, L'alaine, Talaine, me fautt Tulalne.
9 Les Espaîgnolz nous vous lairrons.
Les Espaîgnolz nous voua lairroua; Le roy de France servirons ; {hi$)
Nous en avons la peine»
L*alaine, etc.
5 A noz maizons a ung moaton»
A noz maisons a ung mouton ;
Tondre le fault en la saison (dîi)
Pour en avoir |a Uiii«, L'alaine, etc.
4 M'aroie avoit nom Jhaneton, M'amie avoit nom Jhaneton ;
Point n*y avoit de laine, L'alaine, etc.
5 Geluy qui fist ceste chanson, Ce fust un gentil compaignon
Vestu de laine.
L'alayne , Talaine, my fault Palaine !
!'• CHANSON
8Ua LA BATAILLE DR MAaiGNAl
Chaman nouvelle de» Suyeee sur la baiaille de Mai
''"^r la teneur de .Venez au pont de pierree Brugheline et Cktntoit,
1 Seigneurs, oyez des Suyces Qui tant font du grobiz, Ils ont laissié leurs lices, Leurs Taiches et brebiz, Venanz pères et filz Sur le franc roy de France.
L'argent du crucifix Les mist en cesle dance.
2 Ce fut quant pape Jule Les fist ses protecteurs, Les nommant par sa bulle Des princes donateurs , De l'Église recteurs»
l^t de la sainte ligue L'empire et les trompeurs j Au roy firent la figue.
5 Leur conductier se clame Cardinal de Syon, Qui fait bruyre sa famc Jusqu'au mont de Syon.
Il a fait maint sermon Pour unir ces bellitres , Tant qu'a trouvé façon D'avoir chappel et mittres.
4 Par Monferra passèrent, En Ast vindrent après.
Marraboys y trouvèrent , , Buvans nosire vin frès.
Eux ensemble à grans tretz En emplirent leurs gaves , Et pour l'avoir plus près Couchirent en noz caves.
5 En la povre Astesane Quatre mois embuscha La gent marrabesane , Maint bon homme y torcha.
Aux femmes n*attoucha , Montault scet de leur stille, Car ung d'eulx embrocha Le curé de la ville.
6 En la povre Astesane A mangié maint poullet La gent marrabesane Et baillié maint soufflet.
Piz est que ung, s'il vous plet, Caballieros grant maislre , Par faulte de mulet Ylnt chevauchier le prebstre.
7 D'Ast se partirent Suyces , Quant eurent rasibus Embourré leurs pellices D^ melons et cabqs.
Or feront ragibus Sur le roy qui s*avauc8 , Et feust il Belgibiis Trouver Tyroot en Franco.
8 My passer la montagne , My mater Monceiiiz;
My brusler la Champagne, M y squarcer fior de liz , M y pigler Saii-Denyz, My scacer roy Francbique M y voler qu'à Paris.
Tout spreke à la todiscfue.
9 Vers Piémont et Saluées S'addressent à grans flotz , Garniz de poulz et puces Mieulx que de cavalotz.
Leurs tabours et fiflutz Par tout ont ouverture; Pynerol jusqu'à los
En senty la poincture.
10 Ils ont prins le passaige , Mais mal Tout retenu , Car mauigré leur visaige Françoiz Tout obtenu.
Le roy deçà venu Leur fist telle vesarde Que bien eusseut vollu Tourner à sauvegarde.
il A Yillefranche vindrent Marraboys joindre au pas , François là les surprindrent A rheurc du repas.
Eschapper n'en sceut pas Seigneur Proipre, leur malstre ; Lui et ses saltrapas Payeront la mciiestre.
12 Suyceslorss'esraayrent,.
Si se sont deslogiez; Saigement se retirent Tous ensemble arrciigiez.
Cinnme chiens enragins Sur Chivas se vengièrent ; François les ont cbargira, A Milan se cachièrent
15 Soubz umbre de cône orde Messaiges ont trammis Au roy qu'il se regarde Qu'ilz feurent bon amii.
Ëncor le serontilz , Se pour argent ne r«8te, Si que tout fut remii Et la peocune preste.
14 O franc roy, ne te fye
De ces Suyces, fauli gars; Car leur foy, je t'affye , Ne vault pas deux lyars.
En jouant de leurs ars Ung tour la practicquèrent, Du Milanois fringars Leur couraige monstrèrent.
15 Trente milyouerliques, Oultre ceux de Milan, Yindrent , traynnant leurs pieques^ Tout droit à Marignan,
Cuidans secrètement Trouver gaulx eu surprînse ; Mais on a ben souvent Oy corner sans prinse.
16 Sur le franc roy sallirent, Comans comme vachiers , Françoys les recoeillirent A guise de bouchiers.
Landsknccts, aventuriers Si bien les enlardèrent Que le moins deulx entiers A Milan retournèrent.
17 Vingt mil et davantaige De ces Suyces mastins Sont remaiz en hostaige Autour de ces haultins.
Plus ne buvront noz vins, Gaulx ont percié leurs trippes , Au deable les quattrins Qu'ils eurent en leurs gippes.
18 Pour leur doeil plus accroistre , Deux mil d'eux, en fuyant, Feurent ars en ung cloitre, Cuidans estre à garant.
Pou feust le demourant Se le roy à sa gloire £ust esté consentant De suyr la victoire.
19 Leur cardinal s'en tricque Qui remaint là son dan , Plus n'y vault sa praticque De prescbier à Milan,
Laissant Maximian Deffendre la fortresse ; Mais ne la lint pas Tan, Car trop eut grande oppresse.
3CI Comme saige abandonne Chasteau, peuple et cité , Do roy qui lui pardonne Sera bien appoincté, Et par trop mieulx traicté Qu'en celle brouderye ; Oullre monts est troté Vers France et tyre vye.
2« CHANSON