ESS
La Tenue.
Autant que possible la personne qui s’attend à être priée de parler dans une circonstance quelconque doit, si elle n’a pas le talent c’improvisation, se préparer à l’aide des nombreux modèles que nous avons indiqués, un petit canevas répondant à la circonstance.
Il n’y a de pris par surprise que les gens quu veulent le paraître.
On doit et on peut toujours prévoir le cas où lon sera prié d'adresser la parole,
Il faut mieux garder en soi un discours rentré que de n'être pas prêt à dire quelques mots ei l’on est invité.
En principe, il faut être toujours préparé.
Avant d’aller à une réunion quelconque, toujours jeter un coup d'œil sur son Recueil, et y relire deux ou trois fois des petits speeches dont le sujet peut se rattacher à la circonstance qui provoque la réunion.
Ne jamais se faire prier et ne pas faire mettre tout le monde sur pied pour obtenir de vous un mot.
Se garder, d’un autre côté, à moins d’avoir été désigné d'avance, de paraître anxieux de se faire entendre
A moins que ce ne soit à un dîner, se garder de prendre la parole de la place que l’on occupe dans la foule.
S'avancer auprès du président ou de la personne qui vous a convié, et faire face aux auditeurs, en se tournant vers eux de trois quarts, un quart d’inflexion vers le président ou vers la personne que l’on veut honorer.
Ne jamais tourner le dos au public.
Ne pas marcher et se déplacer, comme si l’on s'agitait dans une cage.
Eviter tout balancement du corps.
On peut avancer et reculer successivement un pied ou l’autre pour changer d’appui, mais sans répéter trop souvent ce changement qui pourrait devenir fatigant pour ceux qui vous observent.
Eviter les grands mouvements de bras, les
mouvements exagérés, comme coup de poing sur la table, bras en croix, bras derrière le dos, doigt au ciel.
La sobriété est la plus haute des qualités.
Cependant, il ne faut pas non plus être en bois.
Eviter spécialement :
Les mains dans les poches:
Les mains dans les entournures de gilet.
Toujours garder la redingote hermétiquement fermée pour éviter les tentations.
Mesurer l'étendue du geste à la proximité des voisins ou des verres sur la table.
Il n’y a rien de plus grotesque que d’effleurer le nez d’un convive ou de renverser ur verre dans une période pathétique.
La galerie ne nranque pas d’étouffer un rire souvent déconcertant. ;
Il doit être absolument interdit à une personne qui bégaie ou qui zézaie de parler en public.
Si par hasard, la mémoire fait défaut au milieu d’une phrase, il est inutile de chercher à raccrocher ce qui manque.
Quatre-vingt-dix-neuf fois sur cent vous nè le trouverez pas et vous manquerez le reste.
Arrêtez la phrase net, sur une terminaison, s’il vous en vient une à l'esprit.
Sinon, arrêtez quand même.
fl vaut mieux laisser une phrase incomplète et se lancer sur une nouvelle dont vous êtes sûr que de rester en panne, la bouche ouverte.
Dans ce cas, évitez les souffleurs, très bien intentionnés, sans doute, qui derrière vous, essaieront de venir à votre secours.
D'abord, l'auditoire s’apercevra très bien qu’on cherche à vous repêcher par derrière.
Et puis, toutes les chances sout que ce qu’on vous soufflera, vous embrouillera encore davantage, et rendra la situation inextricable.
Se bien garder surtout d'effets accentués de physionomie. Le visage doit être mobile et expressif, mais gare aux grimaces.
Rouler des yeux, faire les yeux blancs en levant les pupilles au ciel, fermer les yeux, faire la bouche en cœur ou l'ouvrir comme un four, sont autant de choses à éviter.
Quand on a un papier à lire, il faut le tenir fermement pour qu’il n’échappe pas, mais sans raideur, pour éviter le tremblement.
Ila’y a rien de plus grotesque que de voir s’agiter comme une feuille morte, le parchemin sur lequel on est censé lire des sentiments tendres ou patriotiques.
Une fois la lecture finie, déposer le papier sur une table ou si on le garde à la main pour parler, le rouler et le tenir dans une seule main. Se bien garder de le conserver déployé comme une affiche et de marcher sur les rubans qui peuvent en décorer les coins.
Si l’on doit parler quelque temps, s'assurer qu’il y a sur la table un verre d’eau fraiche et ne pas manquer d'y recourir ausitôt qu’on se sent la gorge un peu sèche.
Bien veiller à ne pas se laisser prendre à la sécheresse complète qui peut vous arrêter net.
Toujours commencer sur un ton modéré.
Monter crescendo, crescendo.
Toujours se réserver de la voix pour la finale. Ii faut que la terminaison soit énergique; il faut être maitre de toute sa vigueur pour amener
l'auditeur à watre conclusion en lui indiquant bien que c’est de votre volonté que vous le laissez là.
Si l'auditeur s’imagine à votre ton épuisé que la fatigue ou le manque de souffle vous obligent à vous arrêter, il ne sentira pas que vous avez fini et s’attendra à autre chose aussitôt que vous aurez repris votre souffle.
L'effet est désastreux, lorsque vous voyez à la fin d’un discours, tout le monde se regarder en ayant l’air de se dire: Mais, est-ce fini?
Soignez vos finales; le succès en dépend.
Lorsque vous êtes applaudi, ne cherchez jamais par fausse modestie à parler contre les applaudissements, vous vous éreinterez, vous vous casserez la voix et vous ne ferez croire à personne que les applaudissements vous importunent.
Au contraire, profitez du temps de répit qu'ils vous donnent pour rafraîchir votre souffle et vos idées.
Votre tâche finie, ne vous écartez pas des auditeurs avec ostentation, mais continuez à écouter ceux qui vous ont écouté.
Sans quoi, une autre fois, on vous jouerait Peut-être un vilain tour.
À moins d’être parfaitement sûr de pouvoir répondre comme il convient, ne vous arrêtez pas aux interruptions.
L'esprit de répartie est un joyau que bien peu de gens possèdent.
Ne vous y risquez pas.
Personne ne trouvera mal que vous éludiez une interruption.
C'est l'interrupteur qui sera dans son tort au point de vue des convenances, et qui aura l’humiliation de votre mépris.
Mais, si vous répondez à côté, sans sel, on rira de vous.
Si votre discours contient des citations, n’appuyez pas. Ne faites pas parade d’érudition.
Glissez, comme si la chose vous avait échappé.
Autant que possible, si votre discours contient une allusion à une personne présente, tournez-vous vers elle, sans affectation, sans avoir l’air de lui casser un encensoir sur le nez, mais avec déférence.
Evitez bien de rire d'avance si votre discours contient quelque chose que vous jugez spirituel, l'effet serait raté.
Si l'auditoire rit, vous pouvez rire aussi avec discrétion, mais que ça n'ait pas l’air d’être de votre facétie que vous souriez, paraissez vous laisser gagner par l’hilarité de la salle.
Ne parlez ni trop vite, ni trop lentement.
Evitez scrupuleusement le genre sermon et aussi le genre boniment de déballage.
Ne jamais parler qu’une seule fois dans üne circonstance donnée; ne pas accaparer le crachoir pour soi seul.
Commencer à parler, seulement quand le calme est rétabli. Généralement à l'appel du nom du discoureur, il se produit un léger bruit d’accueil sympathique, laisser ce bruit s’éteindre et commencer franchement d’une voix nette.
Le degré d'attention qui vous sera accordé dépend entièrement du ton de votre début.
Avec un bon ‘ébut, tout le monde tend l’oreille, cesse les conversations et écoute.
Si vous manquez alors d’empoigner votre public vous ne pouvez plus le rattraper.
Il faut toujours adapter sa tenue, sa physionomie, son débit au public qui vous entoure et au genre de discours qu’on fait.
Dans une réunion d’affaires, parler net, tranché, sans fioriture,
Dans une réunion politique, mettre de l’énergie, de la flamme, de la souplesse, de la rondeur.
Dans une réunion de bienfaisance, du sentiment, du cœur, de la conviction.
Devant des enfants d'école, de la dignité bienveillante, de la bonté.
Dans un diner, de la verve, de l’entrain, du feu.
S'inspirer du milieu, c’est le grand secret.
Il est toujours prudent et de bon ton de glisser un mot aimable pour les personnes qui ont parlé avant vous.
Cela prédispose à l’indulgence.
Avant tout et par-dessus tout, éviter les clichés suivants qui sont atroces, qui sont pires que les plus grosses fautes, que les plus grandes sottises. ;
Ne jamais dire:
Qu'on a été pris par surprise;
ssl
Qu'on n'est pas préparé;
Qu'on n’a pas l'habitude des discours
Que d'autres orateurs plus intéressants que vous doivent adresser la parole.
Tout cela, le public le sait, le public l’a entendu mille fois.
Ce sont des redites qui nn les personnes qui vous écoutent,
Quand on ne sait pas parler, on ne se met pas dans le cas d’être appelé à parler avant qu'on ne soit capable de le faire.
Cela s’apprend.
Un homme est inexcusable de ne pas apprendre ce qui lui est nécessaire pour tenir convenablement la position dans laquelle il se place.
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