DES ÉDITEURS FRANÇAIS
Vje quatrième volume du recueil que nous publions , est composé de discours de W. Pitt. Nous avons cru devoir faire paraître alternativement en scène les deux orateurs qui se disputaient, à la même époque, l'admiration de leurs concitoyens et de l'Europe. Toute discussion , toute observation de notre part serait ici déplacée , et nous nous sommes interdit d'exprimer aucune opinion qui nous fût personnelle. Le public, envoyant les mômes questions politiques traitées sous deux jours opposés par ces illustres rivaux , jugera lui-même, et se formera l'opinion que son esprit sera le plus disposé à adopter.
M. Pitt , dont on va lire les discours , entra fort jeune au Parlement. Jeune encore, il parvint au ministère qu'il occupa si long-temps; et sa vie entière fut consacrée à être utile à son pays. Il serait difficile de se défendre d'un profond étonnement, lorsque l'on réfléchit à tous ces obstacles qu'il a eu à combattre pour suivre le plan qu'il s'était tracé. Une opposition vigoureuse dirigée par l'homme le plus
éloquent et le plus populaire de ce temps; les événemens politiques de l'Europe, dont la commotion semblait devoir ébranler les bases de tous les gouvernemens; l'état de maladie du roi d'Angleterre, qui laissait peser sur son ministre tout le poids des affaires publiques, et une responsabilité redoutable au tribunal de l'opinion, plus terrible encore que celui où la loi prononce; telles furent les entraves au milieu desquelles M. Pitt marcha pendant la longue durée de son ministère, en déployant une capacité de conception et une énergie d'exécution, que ces mômes obstacles ont sans doute contribué à développer à un si haut degré.
Les opinions de M. Pitt, relativement à la révolution française, offriront une vaste carrière aux méditations de nos concitoyens. C'est encore un sujet auquel l'impassibilité de notre rôle ne nous permet pas de nous arrêter. Notre tâche est remplie quand nous rapportons fidèlement ce qui a été dit de part et d'autre.
Il nous semble que de grandes leçons sont renfermées dans ces discussions d'une législature étrangère. Quelque rapides qu'aient été nos progrès dans la science de la liberté, ne dédaignons pas les exemples. Oh I France I que tes nobles destinées s'accomplissent , et tu seras toi-même la leçon des peuples l