IV
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Les letlres rr d'érection de la terre et comté de Gramont en duché et pairie de France en faveur d'Antoine de Gramont, maréchal de France, données à Paris en novembre i6liSr>, ont été publiées dans la Maison de France du P. Anselme (continuation de Potier de Gourcy), t. IV, p. 671 ; on y lit en particidier : n . . .érigeons ... la terre et comté de Gramont et ce qui en dépend en duché et pairie de France, titre et dignité, et y avons joint, uni et incorporé les paroisses de Bergoiiey et Escos, et la baronnie de Villeneuve ou Erresty situées en la Basse-Navarre, le comté de Guiche situé dans le duché de Guyenne , la baronnie de Game située partie en Navarre et partie dans le duché de Guyenne, les baronnies <le Sames, Leren, Bai'dos et Urt, situées dans le dit duché de Guyenne.. .; voulons qu'icelle comté de Gramont. . . soit dorénavant dite et appelée duché de Gramont 77, etc.
On peut voir sur notre carte (Atlas, carte i3) les territoires se rattachant à la souveraineté de Bidache et au duché de Gramont qui sont demeurés hors de la convocation, du fait des droits souverains, au point de vue justice au moins, prétendus par le duc de Gramont. La convocation étant un acte de l'administration judiciaire, des droits même contestés pouvaient arrêter l'action des officiers du roi ; il paraît bien d'ailleurs que ce fut par une extension, très commune alors, de ses droits que le duc de Gramont, souverain de Bidache, mais de Bidache seulement, prétendait aux mêmes droits régaliens sur les autres terres de son domaine.
Un débat sur ces droits souverains a été soulevé récemment ; au congrès des sociétés savantes de 1898, en effet, M. Bladé, correspondant de l'Académie des inscriptions, délégué de la Société archéologique du Gers, a lu un mémoire sur Le duché-pairie de Gramont et les vicomtes de Louvigny et d'Asté. En voici le résumé : Le duché-pairie de Gramont , qui fut érigé en 1 6 48 , se composait de terres ayant appartenu soit à la Navarre cispyrénéenne , soit au pays de Ghalosse. Les séries bien connues des souverains et suzerains de ces districts excluent donc, par cette seule raison d'ordre général, les prétentions des Gramont à la souveraineté politique sur une terre quelconque de leur duché.
M. Bladé conlirme son dire par autant de raisons spéciales qu'il y avait de terres appartenant aux Gramont, soit dans leur duché, soit dans le voisinage. C'est sur une assez récente équivoque que réside leur titre de rr prince souverain de Bidache « ; car ces seigneurs n'ont jamais exercé, par leurs juges, à Bidache, que la rr souveraineté judiciaire n ou justice en dernier ressort, sans appel aux parlements de Bordeaux ou de Pau.
De plus , comme le prouve M. Bladé, la vicomte de Louvigny, en Ghalosse, ainsi que celle d'Asté, en Bigorre, n'étaient encore que des hautes justices seigneuriales au commencement du seizième siècle.
M. de Gramont de Lesparre a publié dans le Bulletin du Comité des travaux historiques (voir, ci-après. Sources accessoires) une réfutation du mémoire de M. Bladé. La lettre suivante, signée ff Gramont duc de Lesparre n, publiée dans divers journaux en avril 1898 , est le meilleur résumé que nous puissions donner de la réponse faite :
ffLa question de la souveraineté des princes de Bidache a été discutée à fond, il y a longtemps, bien avant les découvertes de M. Bladé. En 1710, elle fut définitivement portée devant le parlement de Pau et le conseil du roi , et , à cette occa-