‹ Recueil de farces, soties et moralités du quinzième siècleChapitre 23 sur 53 · LA FF. M ME · texte numérisé non relu

LA FF. M ME

Bienvenu soyez-vous ! J'avoye Vouloir de vous aller quérir, Et maintenant partir debvoye.

LE CURE

Fourquoy?

LA FEMME

Par ce que mourir Veult mon marv-, dont j'en ay joyo.

LE CURÉ

Ilfauldra bien qu'on se resjoye*, S'aînsi est.

LA FEMME

, Chose toute seure :

A son cas fault que Ten pourvoye* Sageujent, sans longue demeun*.

LE MUNYER.

Hellas ! et fault-il que je meure, Heu, heu, heu , ainsi meschamment?.,.

LA FEMME

Jamais il ne vivra une heure.

Regardez ?

LE CUBÉ.

Ha ! par mon serment !

Est-il vray?... A Dieu vous comraand ', Munyer ! Haa, il est despeché*.

LA FEMME

Curé, nous vivrons plus gayenient, S'il peut estre en terre perché ?

* Pour : réjouisse.

' Cest-à-dire : ii faut, par prudence, pourvoirai! salut de son âme.

^ Je vous recommande à Dieu.

* Il est morl; c'en esl fait de lui.

DU NUMïrit. ai»;

LE CURÉ

Trop lontemps vous a cmpesclié?

LA FEHME.

Je n'y eusse peu contredire.

LE HUNYEB.

Que maulditde Dieu (Sans peelio, Toutesfois, le puisse-je dire), Soit la pu....!

LA FEMME, allanl à lui.

Qu'esse cy à dire?

Convient-il qu'à vous je revoise?

LE CURÉ

Gauldir faudra ?

LA FEMME

(.'hanter?

LE CURÉ

Et rire ? .

LA FEMME

Vous me venez bonne galloise'.

LE CUIII^,.

Et moy, gallois.

LA FEMME

Sans bruyt.

LE CURÉ

Sans noyse^

LA FEMME

Des tours i'erpns uiig million ?

« Amie de la joie et de la bonne rhèro. * yans querelle, sans scandale.

i\(i LA FARCE m

LE cur.É.

l)n nuyt et de jour.

LE MUNYER.

Qneir bourgeoise :

Tu en es bion V. povre niunyer î

LA FEMMR.

IIouî

LE HUNYëR.

Robin a trouvé Marion :

Marion tousjoui^ Robin preuve*.

Ilellas ! pourquoi se marye-on ?

» LA FEMME

Je feray faire robe neufve.

Si la mort ung petit s'espreuvo A le me mectre d'une part^.

LE CURÉ

Garde n'a que de là se meuve, Ne que plus en face départ.

M'amve !

Il r embrasse.

LE MONYER.

Le deable y ait part, A Tamytié, tant elle est grande î Ha ! en faict-on ainsi I

LA FEMME

Paix, coquart !

Li: CURE.

Ung doulx baiser, je vous demande ?

Il Tembrasse.

* C'« st-à-dire : Tu es bien do la grande confrérid.

• Refrain proverbial emprunté au Jeu de Hobin et Marion, par Adam de La Haie, poêle dramatique du treizième siècle.

'^ C'est-à-dire : Si la mort essaye un peu à mettre de côté mon mari, à me séparer de lui.

nu MONYRR. 247

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