LA FF. M ME
Bienvenu soyez-vous ! J'avoye Vouloir de vous aller quérir, Et maintenant partir debvoye.
LE CURE
Fourquoy?
LA FEMME
Par ce que mourir Veult mon marv-, dont j'en ay joyo.
LE CURÉ
Ilfauldra bien qu'on se resjoye*, S'aînsi est.
LA FEMME
, Chose toute seure :
A son cas fault que Ten pourvoye* Sageujent, sans longue demeun*.
LE MUNYER.
Hellas ! et fault-il que je meure, Heu, heu, heu , ainsi meschamment?.,.
LA FEMME
Jamais il ne vivra une heure.
Regardez ?
LE CUBÉ.
Ha ! par mon serment !
Est-il vray?... A Dieu vous comraand ', Munyer ! Haa, il est despeché*.
LA FEMME
Curé, nous vivrons plus gayenient, S'il peut estre en terre perché ?
* Pour : réjouisse.
' Cest-à-dire : ii faut, par prudence, pourvoirai! salut de son âme.
^ Je vous recommande à Dieu.
* Il est morl; c'en esl fait de lui.
DU NUMïrit. ai»;
LE CURÉ
Trop lontemps vous a cmpesclié?
LA FEHME.
Je n'y eusse peu contredire.
LE HUNYEB.
Que maulditde Dieu (Sans peelio, Toutesfois, le puisse-je dire), Soit la pu....!
LA FEMME, allanl à lui.
Qu'esse cy à dire?
Convient-il qu'à vous je revoise?
LE CURÉ
Gauldir faudra ?
LA FEMME
(.'hanter?
LE CURÉ
Et rire ? .
LA FEMME
Vous me venez bonne galloise'.
LE CUIII^,.
Et moy, gallois.
LA FEMME
Sans bruyt.
LE CURÉ
Sans noyse^
LA FEMME
Des tours i'erpns uiig million ?
« Amie de la joie et de la bonne rhèro. * yans querelle, sans scandale.
i\(i LA FARCE m
LE cur.É.
l)n nuyt et de jour.
LE MUNYER.
Qneir bourgeoise :
Tu en es bion V. povre niunyer î
LA FEMMR.
IIouî
LE HUNYëR.
Robin a trouvé Marion :
Marion tousjoui^ Robin preuve*.
Ilellas ! pourquoi se marye-on ?
» LA FEMME
Je feray faire robe neufve.
Si la mort ung petit s'espreuvo A le me mectre d'une part^.
LE CURÉ
Garde n'a que de là se meuve, Ne que plus en face départ.
M'amve !
Il r embrasse.
LE MONYER.
Le deable y ait part, A Tamytié, tant elle est grande î Ha ! en faict-on ainsi I
LA FEMME
Paix, coquart !
Li: CURE.
Ung doulx baiser, je vous demande ?
Il Tembrasse.
* C'« st-à-dire : Tu es bien do la grande confrérid.
• Refrain proverbial emprunté au Jeu de Hobin et Marion, par Adam de La Haie, poêle dramatique du treizième siècle.
'^ C'est-à-dire : Si la mort essaye un peu à mettre de côté mon mari, à me séparer de lui.
nu MONYRR. 247