‹ Recueil de leçons de choses [microforme]Chapitre 100 sur 101 · L'AIR · texte numérisé non relu

L'AIR

il à fl

Mes enfants, Supposons que l’on enlève de cette :: le f

les meubles et tout ce qui garnit les murs, puis que # à

NOUS sortions tous. Qu'est-ce qui restera dedans ? E.— Rien.

(1) Cette lecon a été pratiquement donnée aux élèves de l’école normale Laval, aux établissements Demers et Frère et Darveau, fi. pour l’imprimerie et le clichage, et chez MM. Lemieux et Lafrance pour la reliure, par un professeur de la maison, aidé du bienveiliant concours dés Chefs de ces établissements.

M.—Je m'attendais À cette réponse. Voyons si vous

8Vez raison. Supposons que j’entr’ouvre une des fenêtres

et que je lâche dans la salle nn oiseau. Que fera-t-il ? E.- -Il s’envolera…

M.—Oui, il prendraso xerchera à recouvrer sa liberté. Il viendra heurter du bec les carreaux, et pour l'empêcher de se faire ainsi du mal, nous lui ouvrirons la fenêtre toute grande. Que fera alors l'oiseau ?

E.—I1 partira dans l'air.

M.— Maintenant réfléchissez un peu. Vous savez que les oiseaux volent dans l'air, Dans quoi volait tantôt le petit prisonnier ? :

E.—Dan: l'air de la salle.

M.— Ainsi dans cette salle où vous disiez qu’il ne restait rien, il restait quelque chose, c'était l'air.

Nous vivons dans l'air : nous le respirons, il nous fait vivre. Il est partout autour de nous, il forme audessus de la Terre une couche épaisse de 30 lieues. Vous comprenez qu’il vaut bien la peine que nous nous ocCupions un peu de lui,

Lorsque vous voulez faire connaissance avec un objet nouveau, vous le regarde” d’abord, n'est-ce pas ? puis vous voulez le toucher, lè sentir le goûter même, Loïsqu'on vous permet d° ;egäder s ‘ulemént, vous n'êtes pas satisfaits, Vous savez, en effet, que cela na suffit pas pour vous donner des idées bic nettes sur les choses qui ne vous sont pas famili:

pour & parce @ incolor sibleme les obje L'ear Cepend bien lot pas extr remplit Voici instant ] Place: Placez-v Entre vo tenez la :

vous le v

À propos de l'air, je ne vous défen

rien, Cherchez, si vous à vous renseigner, 4 + À | ru —Jules, voyez-vous l'air dans la salle ? | Ze Jules.— Non... assurément. fi M.—Mais Pourquoi ne le voyez-vous pas, 1 4 peu Quand un oiseau va se heurter contre les vitres LE: Pour senvoler à l'air libre, il ne voit pas les vitres, parce que ce sont des plaques de verre transparentes et incolorès. La lumière les traverse sans s'aflaiblir sensiblement, de sorte qu'on ne les voit Pas et que l’on voit Pz que les objets placés derrière elle atôt le L'eau bien pure est transparen‘e comme le verre, Cependant l'eau, le verre, sont des corps bien matériels, bien lourds, bien durs, comparés à l'air, Il n’est donc il ne Pas extraordinaire que nous ne Puissions voir l'air qui remplit cette salle.

nous

Voici une vitre bien claire, je

vais vous la prêter un instant po" une

petite expérience,

Placez unc feuille de papier:

blanc sur votre table, | à

Aus Placez-vous à une -erta ine distance, comme pour lire, f

Entre vos yeux et Panier, à moitié chemin à peu près, objet tenez la vitre bien droite, De quelle couleur voyezpuis vous le verre ?

'ême. E.—Il n’a pas de couleur...

are — 1] est blanc, w 5 M—N; l'une ni l’autre des

réponses n’est tout à faie

inta ts

Fa - PES . — 2 Fr *9H$ Sur ies rectifier,

Jean, vous avez dit que le verre était blanc, Remplacez la feuille de papier par la couverture de votre cahier, De quelle coulehr voyez-vous maintenant la vitre ?

Jean.—Jaune..,

M.— Parce que votre cahier a une couverture jaune, Vous la verriez ronge sur un papier rouge,

Puisque vous voyez à travers la vitre les couletrs du papier telles qu’elles sont, c’est que vous n’apercevez au verre aucune couleur,

Mais reprenez le papier blanc, regardez maintenant à travers la tranche tle la lame de verre,

— De quelle couleur le voyez-vous ?

E.—De couleur verte.

M. Oui, de couleur vert pâle. Par conséquent le verre le plus pur, le plus transparent (celui que l’on appelle improprement verre blanc), a une couleur ; il est ordinai. rement verdâtre. Mais pour que cette couleur soit sensible à nos yeux, il faut que nous regardions À travers une épaisseur de matière assez considérable,

Il en est de même pour l’eau. Les grandes rivières, les lacs, les mers, nous paraissent bleuâtres ou verdâtres, parce que nous y voyons l’eau en grande masse, Mais quand cette eau n’est pas troublée par du limou, si vous en remplissez un verre, elle est simplement incoloye.

Voyons si l'air se comporte de la même façon.

Si l’on regarde des arbres, des maisons, une montagne,

Vous 1 que vi contac

Cep servir d'un p

Prer main g

Reme votre nant la

jaune,

eùrs du vez AU

nant à

e verre Ile imrdinait sen- Travers

vières, lâtres, Mais 1 VOUS lqre.

tagne,

main gauche,

L'air est plus transpare plus pur, Aussi il nous P

araît incolore quand nous regardons à travers les objet

s peu éloignés, mais à mesure ue la couche d'air augmente, nous reconnaissons sa 5 ,

teinte bleue, Voilà Pourquoi le ciel nous paraît bleu

Par un beau temps sec sans nuages. Ainsi, mes amis,

on peut voir l'air, Mais Pourrez-vous le toucher ? E.—Oui.—Non.— Oui.

M.— Vous n'êtes pas d'accord : cela ne m'étonne pas, Paul à dit: oui, on peut le toucher, Eh bien, mon

ami, ouvrez la main... fermez-la. Que tenez-vous ? Paul.— Rien.

M.— C'est vrai, l’air s’est écha Vous ne sentez rien dans votre que Vous ne fouchez rien, puis contact avec votre main.

Cependant le sens du tact (ou le toucher) peut vous servir pour reconnaître l4 présence de l’ d’un petit artifice bien simple,

Prenez votre cahier de la main droite et éventez votre

ppé entre vos doigts et Main. On peut donc dire que Vous ne sentez rien en

air, si vous usez

Cette fois vous sentez quelque chose : à mesure que l'air vient frapper votre main, il produit sur la peau une certaine impression analogue à celle que vous éprouvez en passant légèrement les doigts sur un corps très souple et très doux au toucher.

LA Li Li L] . LA LA Ainsi nous voyons l'air, dans certaines conditions, et le sens du tact nous permet aussi de constater sa présence. |

Quant au goût et à l’odorat, ils ne nous apprennent rien à son sujet. Nous pouvons considérer l'air pur comme n'ayant ni odeur ni saveur. Je vais vous étonner, sans doute, en vous disant que l'air est pesant : rien de plus vrai pourtant. Si l’on pèse un gros ballon de verre plein d'air, puis, qu’au moyen d’une pompe on aspire cet air, le ballon est plus léger, il a perdu justement le poids de l'air enlevé.

Prenez un verre, remplissez-le d’eau jusqu’au bord, appliquez sur l’eau une feuille de papier, posez sur le papier une assiette, puis renversez vivement le verte ; si vous retirez l'assiette, le papier restera collé contre l'eau et l'empêchera de s'écouler, parce que l'air le pressera en dessous avec une force supérieure au poids de l'eau. .

C'est d'après ce principe que l'on 8 construit le bgroméire, instrument qui sert à mesurer la pesanteur, la pression de l'air. On remplit de mercure un tube de verre long d'environ un mètre, fermé à la partie inférieure, puis on le renverse dans une cuvette pleine. de

pret exa( d'un le p sphè oblig cause reau, tronc même le bât entail portio portio moelle fait &c c'ést-à On int on la} troduit baguet de bou

Mercure : le métal ne s'écoule qu'en partie; le poids de l'air pressant à la surface du métal liquide soutient uné colonne de mercure d'environ 76 centimètres, il soutiendrait une colonne d’eau de 32 pieds,

Je vous citerai encore une expérience céièbre. On prend deux demi-sphères creuses qui s'adaptent très exactement, de manière À former une boule, Au moyen d’une pompe, on aspire l’air contenu dans la boule, alors le poids de l'air extérieur presse si fort contre les demisphères, qu'on ne peut les séparer.

Vous connaissez tous, mes amis, ce jouet que j'ai été obligé de confisquer provisoirement parce qu’il était une Cause de distraction en classe. C’est un Canon de su- Teau. Vous savez comment on le fabrique : on prend un tronçon de jeune tige de sureau, et un bâtonnet de la même grosseur, mais un peu plus long. On mesure sur le bâtonnet la longueur du troncon : là on Pratique une entaille circulaire, Puis, conservant comime manche la portion la plus courté, on amincit régulièrement l’autre portion jusqu’à ce qu'elle ne soit pas plus groëse qué la moelle du sureau. Avec la Lbaguetté ainsi façonnée, on fait sortir la moellé et l’on a un tube un peu conique, c’ést-à-dire sé rétrécissant légèrémént d’un bout à l'autre, On introduit dans 16 tube üne boutré d'étoupe humide,

on la pressé jusqu'au bout le Plus étroit. Enfin on in. troduit uue seconde bourre, puis on pousse vivement la

baguette de manière à enfoncer râpidement cette sorte de bouchon.

Vous savez ce qui arrive alors. Quand la seconde bourre est arrivée à la moitié ou aux deux tiers du tube... le coup part, c’est-à-dire la première bourre est chassée avec force, et l’on entend une potite détonation.

Ce jouet n’a servi jusqu’à présent qu’à vous amuser ; aujourd’hui nous allons l’utiliser pour notre leçon.

Après avoir placé et bien foulé la première bourre, votre canon consiste en un tube fermé par un bout ei plein d'air. Vous placez le seconde bourre : voilà l'air du tube emprisonné. Maintenant vous poussez la bourre : elle avance, et vous éprouvez graduellement plus de peine à la faire progresser. Quelquefois, si vous lâchez prise, elle rebrousse chemin comme si un ressort la repoussait. D'où vient cela ?

À mesure que vous enfoncez la seconde bourre, elle comprime l'air emprisonné dans le tube, elle l'oblige à occuper moins de place.

Si vous cessez de pousser la baguette et s’il n'y & pas de fuite, l'air cherche à reprendre l’espace que vous lui avez fait perdre ; vous l'aviez comprime, il se détend et repousse la bourre.

Cette petite expérience nous montre que la même quantité d'air peut occuper plus ou moins d'espace ; qu’on peut le comprimer ; mais qu’il est élastique, et tend à reprendre le volume qu’on avait réduit.

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