‹ Recueil de leçons de choses [microforme]Chapitre 98 sur 101 · L’IMPRIMERIE · texte numérisé non relu

L’IMPRIMERIE

.. Sivousle voulez, chers

enfants, pénétrons ensemble dans une imprimerie : visitons par exemple, celle de la mai.

son Demers et Frère, rue de la Fabrique, de laquelle, deux fois par mois, sort l'Enseignement primaire. En traversant lesateliers successifs par lesquels passe notre journal avant de vous être envoyé, nous assisterons, je vous | @ésur@ à un travail bien intéres-

Dès le début de notre visite, voyez qnelle animation, quelle activité nous rencontrons.

Dans une grande salle, une trentaine d'ouvriers, debout devant de hauts pupitres, sont si attentifs À leur besogne, qu'ils ne semblent pas s'être aperçus de notre arrivée. Approchons-nous de l’un d’eux et suivons-le un instant dans son travail,

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Sur le pupitre devant lequel il est placé se trouve un

casier ou cusse, dont les compartiments sont occupés par

Un grand nombre de tiges fines et courtes de métal. Examinons quelques-unes de ces petites tiges: nous Voyons qu'elles sont toutes d’égale longueur et que chacune présente en relief à l’une de ses extrémités une lettre de l'alphabet, L'une porte un a, une autreun 0, d’autres, un simple point, une virgule, un tiret, Enfin, il ÿ a autant de genres différents de ces tiges ou cœractères, que notre langue possède Ge lettres et de signes orthographiques.

Nous demandons à l'ouvrier ne Sont pas rangés dans la casse et il nous fait remarquer que cassetins supérieurs contiennent petites et les autres lettres ou si ployés, comme les 2, les y, tan pant les cassetins inférieurs s0 le plus fréquent, telles que les

Pourquoi les caractères par ordre alphabétique, les compartiments ou les capitales grandes ou gnes plus rarement em.

dis que les lettres occunt celles dont l'usage est c, les e, les m, afin que

. la main puisse les atteindre plus facilement.

Mais, regardons l’ouvrier Compositeur, appelé ainsi parce qu’il compose, avec les lettres dont la casse est

pleine, les mots et les phrases à imprimer. Il a devant

luile manuscrit où travail d’un rédacteur ou d’un auteur. De sa main gauche, il tient une sorte de petite règle de fer à rebord, appelée composteur.

Voyez maintenant sa main droite courir sur la casse

seule une

— J4d — grande habitude, prendre les lettres-une À ‘une et les ranger dans le composteur en les ‘plaçant toujours dans le sens indiqué par un cran que le fondeur a pratiqué vers l'extrémité,

A mesure qu’un mot est achevé, il le sépare du mot suivant au moyen d’une sorte de caractère appelé espace, dont le bout ne porte rien de gravé et reste en dedans,

car la tige de métal est moins longue que celle des caractères ordinaires.

Voici une ligne finie. La longueur à été réglée sur le composteur au moyen d’une petite pièce de métal maintenue en place par une vis de pression. Cette ligne, que nous montre l'ouvrier, se présente à nous avec les lettres renversées. :

. Le compositeur reprend son travail, et, avant de commencer la seconde iigne, place d’abord une énterligne, c'est-à-dire une lame de métal d’une épaisseur égale à la distance qui doit séparer les lettres les unes des autres, et qui, de même que les espaces, reste en dedans, forme un creux avec le reste, |

| Après avoir ainsi composé plusieurs lignes, le composteur étant plein, nous voyons le compositeur en ôter adroïtement le contenu et le déposer sur une planchette métallique à rebords, appelée galée, qui empêche le délicat assemblage de s'éboulér, puis s'occuper. aussitôt après de le remplir de nouveau, et ainsi jusqu'à la fin du manuscrit,

Voilà un article composé, En un instant, le tout est

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lié sur la galée, avec une ficelle, posé sur un papier fort

nommé porte-page, et passe entre les mains d’un autre Ouvrier que nous suivons dans la pièce voisine.

Le milieu de cette pièce est occupé par une machine d'assez petite dimension, sur la table ou marbre de laquelle nous voyons l’ouvrier déposer avec précaution son fragile fardeau, Puis, saisissant un rouleau, qu’il nous dit fait de mélasse et de colle forte, il le promène sur uue {able encrier et ensuite sur les caractères, Les lettres et les signes orthographiques, qui seuls appalaissent en saillie, se couvrent d’une encre épaisse, mélinge d'huile de lin et de noir de fumée ; le reste n’en prend pas, parce qu’il est en creux, Une feuille de papie 6st alors appliquée sur les caractères encrés, recouverte de plusieurs morceaux de drap pour la protéger, puis l’ouvrier, après avoir rabattu une plaque de fer articulée au marbre par deux charnières, fait glisser le tout sous une presse, que sa main fait fonctionner en agissant sur un levier. L’encre des caractères ge dépose sur le papier et la feuille se trouve imprimée. Nous avons vu tout à l'heure les lettres de métal se présenter à nous renversées. L’empreinte d'encre laissée par elles sur le papier les reproduit avec une position inverse, et

par conséquent dans le sens droit.

Cette épreuve, obtenue à l’aide de la presse à bras, seule presse typographique connue jusqu’au commencement de ce siècle, n’est pas définitive. Elle est envoyée

au correcteur, qui la collationne avec la copie, pour voir

si le compositeur s'y est exactement conformé, puis à l'auteur qui y introduit les modifications convenables,

Passons daris latelier du metteur en pages, qui prépare le prochain numéro du jourral, Il a devant Ir: les épreuves sur lesquelles le correcteur a indiqué, au moyen de signes de convention, les erreurs grammaticaies et autres qu’il a pu y découvrir, et les paquets que vieu de lui apporter le compositeur après y avoir exécuté les changements indiqués.

Nous le voyons placer ces paquets daus l’ordre où ils doivent se suivre ; il les délie afin d'y ajouter jes titres, les notes, eic.,puis il prend Je nombre de lignes nécessaires pour faire une pag: Chaque paquet de lettre formant une page esb attaché cle ou veau, et disposé en pages, de manière que la feuille «ic papier étant imprimée et pliée, ces pages se trouvent rigoureusement dans l’ordre indi. qué par leurs folios. Cela fait, il assujettit dans un chassis, en ménageant les marges, les pages à imprimer su" chaque feuille de papier, et les serre bien à l’aide de petits coins de bois. Les formes, ainsi prêtes, sont envoyées au tirage,

En nous rendant à l’atelier de tirage, nous traversons des salles où nous voyons préparer le papier. Ici, on Îvi donne un certain degré d’humidité, pour qu'il puisse bien recevoir l'impression des lettres, et qu'il ne se déchire pas; là, on le glace en plaçant les feuilles, une à une, entre deux plaques de zinc, puis les soumettant par ‘groupes de 25 environ à l’action d’une presse à cylindres.

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Mais, nous voilà dans la salle des m:

de grandes et belles presses mécaniq mues par la vapeur.

rchines, Partout ues fonctionnent, Nous nous arrêtons saisis et Comme éblouis par tant de mouvement, Nous sommes bien loin de la petite presse à bras sur laquelle, tout à l'heure, nous avons vu tirer les épreuves.

Tci, la machine elle-même saisit par de ;inces la feuille que lui pré séries de cordons la prennent et Cylindre tournant et un marbre forme que des rouleaux encre mouvement de va-etforme est amenée sous d’un côté, est dirigée d’ qui la retournent, puis

une tringle armée sente un ouvrier, deux la conduisent entre un sur lequel est placée la nt eux-mêmes, Par un vient placée sous le marbre, la le cylindre, La feuille, imprimée abord sur deux tambours de bois

sous un second cylindre ou la

seconde forme vient imprimer l’autre côté. Après avoir

effectué son parcours, toujours maintenue entre les cor-

dons, elle tombe abandonnée par eux, sur un plateau où

elle est reçue Par un ouvrier leveur de feuiltes.

La presse à bras donnait à peu près 250 exemplaires à l’heure et n'imprimait la feuille que d'un côté ; celle-ci imprime les deux côtés, et donne plus de 5090 exem. plaires dans le même temps.

Ge qui se fait pour l'Enseignement primaire se ‘fait aussi pour tous vos-livres classiques...

Mais les caractères avec lesquels on fait ces

composées avec tant de soin, devront être distribués

après l'impression, si l’on vent les utiliser, eb après qu'un

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