DES VOYES ROMAINES
Qui ont existé dans l'ancienne province de
Bourgogne. ,
On connoissoit dans les derniers siècles les voyes Romaines dont il existait encore en France quelques parties , sous le nom de Chemins ferrés ou chemins de César. La première dénomination ; leur venoit de leur solidité, qui étonne encore après dk-huh siècles j la seconde étoit vicieuse, si on attribuoit |a construction de ces chemins k Jules-César. 11 est certain que les premières chaussées qui Furent établies dans les Gaules , ne datent que du règne d'Auguste, et. sont dues jà Agrippa j les autres sont postérieures, et, comme les Empereurs poxtpient le surnom de César , on pourroit considérer comme un nqm générique, qui ne signifièrent que Chemin romain, celui de chemin de César qui leur a été donné.
Il seroit inutile d entrer ici dans de longs détails sur les dimensions et la composition de ces chaussées, cette matière ayant été traitée dans plusieurs ouvrages qui ne laissent rien à désirer à cet égard , et que Ion peut consulter. Nous n'indiquerons ici que l'histoire des grands chemins de l'Empire par Bergier , et les mémoires géographiques par Pasumot (Paris 1765) , et nous nous bornerons à dire que les Romains ne négligeoient rien pour donner à ces ouvrages la plus grande solidité. Ils creusoient
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dabord le terrain à une profondeur suffisante pour y établir un bon encaissement , composé pour l'ordinaire de plusieurs couches de matières propres k se lier , et en quelque sorte à s'agglutiner.
Ils suivaient "dans la direction de leurs; chemins , autant qu'ils le pouvoient , la ligne droite 9 et les conduisoieut en arc de cercle à la rencontre ou à la descente des montagnes, afin d adouci r4a pente; -ils ehoisissoieut de préférence des plateaux. , et ne traversoient les terrains marécageux que lorsquds ne pouvoient pas les éviter. La oon* texture de ces ouvrages et© it subordonnée aux localités et aux ttiâtériaux que chaque endroit pouvait fournir; SOirVent rencaissement étoit soutenu par des pieux ou des espèces de pilotis, pour le rendre inébranlable. La chaussée ètoit exhaussée e%l>Oin,bée|)oor feciliter l'écoulement des eaux ; elle étoit pavée où seulement recouverte de gros sable, glare*, selon le besoin. Lorsqu'on pavoit le chemin, on soutenoit les bords par de grosses et larges pierres nommées lisièreSj margmes, et les pavés étoient placés de champ. On Creusoit aussi quelquefois, de chaque côté, des fossés pour recevoir les eaux. Au surplus, les Romains n'avoient point de règle générale daus ces sortes d'ouvrages , dont la construction vartoit selon les terrains sur lesquels ihrétoient établis , et le plus ou moins de solidité des matériaux qu ils étoient à portée d'em~ ployer.
On occupoit à ces travaux les soldats des légions pendant leurs quartiers d'hiver, ou lorsque la paix leur laissoit un repos et uneoisiveté qui auroient pu devenir nui* sibles. Ces chemins étant surtout destinés aux convois militaires et aux marches des troupes, on les a aussi appelés
yoyes militaires, vite militares (i); on en voit encore anv jourd'hui quelles porûaofi qiii ont. Jusqu'à; 4i* et dquse pieds d'exhaussement, pomme on, en Recouvre qui on* été recouvertes et enfouies dans les terres.
Dans les commencemens de la monarchie Française, la reine Brunehaut fit réparer la plupart de ces chemins , qui , par^ suite de cette restauration , prirent le nom de chaussées Brunehaut, Bruni^hitde , et Brunichou. Ce qui en existe encore aujourd'hui ; est depuis long-temps abandonné; nous avons remplacé ces routes étroites et incommodes par des «haussée* magnifiques, et auxquelles U ne manque, dans quelques départemens , qu'un entretien plus soutenu , et des réparations plus promptes lorsqu'il y survient des dégradations, ou que le sol exige des travaux et des soins multipliés. . ' ;> - .
Nous allons faire une courte revue de' toutes les v<oyes Romaines dont on a pu réeonnoitre' quelques:, traces dans l'ancienne Bourgogne : ce travail peut ne pas être inutile à l'histoire de cette province , soit dans les temps anciens , soit dans le moyen âge ; nous tacherons en même temps deelaircir ce qui est resté douteux sur la position de certains endroits, en rapportant les différentes opinion* des sa vans, en les discutant ^ et en établissant nOtresen* timent sur tous ces points <\e critique.
La Bourgogne étoit traversée par l'une des quatre grandes *>y«fc «r^p. yoyes militairesqu'A grippa, gendre d' A uguste, fit construire bô«iohh. dans les Gaules, et qui partoient de Lyon. Cette belle entreprise fut exécutée 1-an de Rome 73o environ , ao ans avant 1ère chrétienne, et 20 ans après la mort de César. , — „ — , .
(1) Vlpian, —Ewnen* , etc.
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La voye Romaine qui passoit par la Bourgogne , conduisoit de Lyon à Boulogne, Gesoriacum- la portion comprise idahs cette province est ainsi détaillée dans l'Itinéraire d'An ton in.
A. Lugduno.
AssaPaulini XV. X.
Lunnam. XV. X.
Masùponem XV. X.
Tinurtium XVIII. XIII.
CabeUionem XXI. XÎTTI.
Augustodunum XXXIII. XXH.
sidoioucum xxvn. xvm.
Aballonem XXIin. XVI.
Autissiodurum XXXIIÏ. XXII.
Eburobrincam XVIH. XII.
La carte connue' sous le nom de Peutinger, et nommée aussi table Théodosienne , donne le détail de cette même portion de la voye d Agrippa , mais dans un ordre inverse et ainsi qu'elle suit ;
Ebwrobriga.
Autessioduro XXII. LEGAS.
AbaUo XVI.
Sidoloco XVIII.
Aug-Dimum XXI.
Cabillione XII.
Tenurcio XII. LEGAS.
Matiscone XIV.
Ludnam XVI.
Lugduno caput GalUarum usçuè hic legas.
On trouve ici les mêmes endroits que dans l'itinéraire, excepté Assa Paulini.
La première observation à faire sur ce qui précède, c'est que dans l'itinéraire les distances sont indiquées par mille pas et par lieues gauloises , et que. dans la table on ne trouve que la dernière de ces désignations.
La seconde observation, c'est que les colonnes milliaifes étoient placées sur cette route de lieue en lieue, comme 1 indique la table Théodosienne , par usque hic legas, et depuis Lyon seulement. Cette ville ayant ici le titre de caput GalUarum, cela pourroit faire penser que les pays au-delà du Rhône formoient une province plus particu-* lièrement Romaine que le reste de la Gaule. Cela est encore plus positivement exprimé par Ammien Marcellin , qui dit que Lyon est le commencement de la Gaule , et qu'en partant de cette ville, les distances ne sont plus comptées par mille pas , mais par lieue. Qui locus escordium est GalUarum, exinde non millenis passibus, sed leucis itinera metiuntur (i). Bergier assure aussi, a quen « la Gaule, de deçà le Rhône, les colonnes milliaires « étoient assises par lieues et non par milles » (a). L'autorité de cet auteur est Cambden , qui lui fournit aussi l'étymologie du mot lieue, qu'il tire du Celtique, et qui, selon lui , signifie pierre. Voici le passage tiré de sa description de l'Angleterre , chapitre I.
Dion lapides ad viarum intervalle singulis i5oo passibus , olim erigerentur, atque Leuca Gallica, (ut habet Jomandès ) tôt passus contineat, et Leach Britannicè, lapident significet, dixerint eruditi Galli si Leuca non indè nomen invenerit.
Dan ville dit ( 3 ) , que de Leach est venu League-,
(t) Lib. XV.
(a) Hiet. des grands chemins, etc. , lit. IV, dup.4*. — EclaircU*. geogr. de Daimlle , page 34i.
(3) Traité de» mesure* itinér. , pag. 117.
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qui signifie lieue ches les Anglais , et se prononce à-peuprès leugue ou leuça. Les Gaulois, en appliquant à la désignation des distances un mot qui dans leur langue signifioit Pierre, n ont rien fait d'extraordinaire , puisque les Romains eux-mêmes employoient l'expression ad lapident , pour indiquer aussi les dislances en milles.
Ayant d'entrer dans le détail des lieux modernes, ou nous croyons trouver la trace de la route qui nous occupe,; il ne sera pas hors de propos de dire quelque chose de 1» mesure en mille et en lieue qui servoit aux anciens , et d'en donner une évaluation comparative avec nos mesures actuelles.
Les Romains comptaient les distances par milles, et les Ganlois par lieues. Lé mille Romain étoit composé de mille pas, et la lieue Gauloise d'un mille et demi, ou quinte cents pas (i).
On a déterminé la valeur du mille , par la comparaison de plusieurs distances relevées très-exactement entre des colonnes milliaires que le temps av oit épargnées. 11 résulte de cette opération trois évaluations qui diffèrent très-peu Tune de l'autre : la première est celle de Fréret (i) , qui fixe le mille à 761 toises ; la seconde de Danville(3) , qui ne lui en donne que 756, et la troisième de Gibert (4) » qui portant plus loin l'exactitude du calcul , pense que le mille doit être évalué a 755 toises 4 pieds 8 pouces 8 lignes. Nous croyons devoir préférer l'évaluation de
(1) Jornandèt , Hist. Goth. cap. 36.
(a) Mémoire* de l'Académie des inscript., tom. XIV.
(3) Traité des mesures itinéraires, et notice de la Gaule.
(4) Mémoires de TAcad. des uscript. , tom. XXVIII.
DanviHe , d'après, la certitude <pie nous avons què le» Romains, dans leurs mesures itinéraires, ont toujours évité les fractions, et les négligeoient pour faire un compte rond , lorsqu'il nëtoit pas d'une exactitude rigoureuse. D'après ce calcul qui porte 1* mille à 756 toises, il suit que le pas Romain avait 4 pieds 6 pouces 5 lignes; la lieue gauloise, équivalant à un mille et demi, é toit donc de 11 33 toises 4 pieds 7 pouces, que Ton peut sans inconvénient porter à n34 toises, comme l'a fait Daaville. Pour abréger 1 opération en réduisant ces mesures , on retranchera le tiers du nombre des milles pour avoir des lieues, et on ajoutera le tiers de celui des lieues pour avoir des milles ; ainsi quinze milles valent dix lieues , et trente Keues valent quarante milles. Notre lieue moyenne actuelle étant de a3oo toises , on y réduira les mesures anciennes , en prenant le tiers des milles et la moitié des lieues; dix-huit milles qui valent douze lieues gauloises, ne formeront que six de nos lieues moyennes.
Revenons à la grande voye Romaine , qui conduisoît de Lyon à Boulogne* et examinons la portion de cette voye qui traversoit la Bourgogne.
Aasa Paulini est la petite ville d'Anse , peu distante de la Saône, et près de laquelle a existé un camp Romain, dont on voit encore quelques vestiges ; elle laûoit autrefois partie du royaume de Bourgogne , et a été célèbre par là> tenue de plusieurs conciles.
La seconde station est Lunna , appelé dans la table Ludna. On ne connoît aucun endroit dont le nom actuel corresponde à ceux là ; ce qui, joint à la différence, de distance qui se trouve dans l'itinéraire et dans la table , ne permet pas de fixer exactement la position de cet endroit,
qui deyoit se trouver sur les confins du Beaujolois et du
Mâconnois.
Matisco est Mâcon, Tmurtium , Tournus et Cabeltia ou Cabillio, Chalon sur Saône ; la route actuelle ayant remplacé l'ancienne , depuis long-temps on n'a pu trouver aucune trace de la voye Romaine, dans toutletrajetde Lyon à Chalon. Il est probable qu'elle côtoyoit la Saône jusqu'à l'endroit nommé la colonne, paroisse de Gigny , et où se trouve un petit port ; son nom vient peut-être de la borne milliaire qui y étoit anciennement placée ; delà le chemin passoit par St. Loup de Varennes , à l'ouest de lïéglise , et abouùssoit directement à Chalon, par le faubourg St. Jean de Maizel. Au moyen du coude que la route faisok au port de la colonne , la distance de douze lieues gauloises dë Tournus à Chalon , indiquée par la table Théodosienne, paroît plus exacte que celle de l'itinéraire qui en marque quatorze.
On a trouvé dans le village de St. Loup de Varennes, à l'endroit appelé la fosse aux Romains , des médailles antiques et un tombeau de marbré qui a été pendant de* longues années abandonné dans la cour du château. On> y lisoit une belle inscription, souvent citée et toujours mal lue, parce que ce monument avoit beaucoup souffert: nous la rapportons ici telle que. nous pensons « qu'elle a dû exister. ; "V
, . Et Âfemorice JE ternes Pisonius Asclepiodotus Ungentarius.
Iuill Vir 4ugn*û Cç/oaî* Lugdune*?* Vivus Sibi J>QSUà D. EtSeuenœ>SeverteConJugiCharissmœ M~ Cum Qud Vixit Anrns XXXfSinè
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XfM Animi Laxione Victuri Quam JDià Deus Dederit Pofiendum ParWerunt Èt tiub Asciâ Dedîcaverunt.
Augûstodunum est Àuttm, ou Fancieime Bibracte des Eduens , 'la sœur et presque l'émule de Rome, la plus célèbre cité des Gaules , dont elle fut la capitale sous les Romains. On y roit encore quelques restés de son an4 tienne splendeur. Nous avons publié, dans les Annales des voyages , une notice, sur cette ville , èt sur l'état où elle se trou voit du temps dé «Constantin (i).
'La distance de vingt-deux lieues gauloises ., entre Autan ei Chalon marquée dans l'Itinéraire, est d'autant plus exacte v traW ta retrouve à peu de chose: près dans la table.' On eonnoit encorè, entre ces deux villes ^ plusieurs restes de la voyè Komjsine j elle sortoit de Chalqn parle nord , au-delà du petit prieuré de Saint Martini des Champs ; elle se dirigeoit delà à l'occident^ en côtoyant un vaste terrain appelé autrefois Bois de\ Mcnusvr où l'on a découvert plusieurs tombeaux, des médailles et: d autres monumens antiques. La voye àlloit ensuite directement a Mercurey en passant par Etroye ce pè lit hameau est peu éloigné du Bourg-Neuf , et tiroit .vraisemblablement son nom de Si rat a Via* Mercurey devoi t le sian à un Sacellwni petit oratoire dédié au messager des Dieuxv dont on y Voyoiv il y a peud'années une statue en pierre. Il n'y a pas très-i long-temps qu'on a détruit les portions de la voye Romaine, qui' s'étoient conservées à la/ sortie de Chalon : depuis le bois de Menusc. jusqu'à Mercurey f il n'en • restait aucune
trace : on attrait "dû cependant la reconnoitre dans la forêt de Marloux, si ça ^ fût occupé de l'y découvrir. Il en existe encore—une étendue d'environ, $oo toises, entre Mercurey et AI use, village situé sur une montagne élevée. D'Aluse . là vaye : descendoit ;et allait traverser :ie> petite rivière de Deheun* , entre Saint Léger et Denneyi, oit ï en paroit encore quelques vestiges ; se rendant ensuite au hameau de Nion , elie suivoit leplateauaa nord de Couche , On on la reconnoit aussi , arrivoii à la forcée Ide Bois Jean Gras, d'où elle se dirigeoit par âaiul EmOand vers le Selle, hameau dépendant de ht partisse d'Auxy. Dana ce dernier trajet, elle a servi de base à la route moderne établie en 1768 , par M. Gauthey, ingénieur en ohef de la province; De; la Selle , La voye Homaiwe tirdU droit à Àufea en passait par les bois, et par la partie supérieure du vallon appelé la Creuse d'Auxy, quelle laissoit au nord) enfim elle entroit à Autun par la porte orientale, Porta Cabillonensis , au-dessous1 du séminaire*
Il est vraisemblable que ce futientre Chai on et Autun que fut défait Sacrovir, l'an ai de Jésn s Christ, sona>le règne de Tibère 5 Tache (1) donne les détails de celte affaire y et dit que le général Romain Siliua, après avoir ravagé les frontières des Séquanois, dont les habitans s'étoient joints aux Edoens révoltés , s avança en diligence vers Autun , à la tété de. deux Légions ; qu'il rencontra Sacrovir dans une plaine , à doute milles de celte ville , et loi livra bataille.
Silius dut passer la Saône à Chalon et suivre la vaye* qui eondoMoit à Autun; iL rencontra Sacrovir à la deuxième
(0 Annal, lit. m.
borne , duodecimuni apud la j) idem * cette distance tombe près de la Deheune, où se trouve en effet un pays découvert qui s'accorde avec celui dont parle Tacite ; tout porte à croire que ce fut en cet endroit que fut donnée cette bataille mémorable dans laquelle les Romains furent obligés de se servir de la hache et de la coignée pour abattre ce6 terribles Crupellaires qui, couverts entièrement d'une armure de fer, fornloient sur la première ligne de l'armée Gauloise un rempart à l'épreuve de l'épée et du javelot . i
Sidoloucum est la petite ville de Saulieu, Ladone (i) fait dériver son nom de solis locus, parce qu'on y a découvert d'anciennes sculptures représentant les signes du Zodiaque.
Depuis Autun jusqu'à Saulieu , on reconnoît très-bien la voye Romaine qui existe encore en grande partie; elle sortoit d'Autun par la porte d'Arroux, passoit près du village et à l'occident de Saint-Ferréol , appelé/, par corruption ,'Saint-Forgeot. Depuis Autun jusqu'à quatre cents toises au-delà de Saint- Forgeot, elle est toul-à-fait detruite ; mais ensuite on la reconnoît, et on la suit dans les bois où elle eniroît , dans la montagne élevée de la Chaume et jusqu'à Saviily , oh elle est détruite ou recouverte par les terres labourées. Au-delà de ce village, elle reparoît dans les bois et jusqu'à Braséy, oh il y en a une portion bien conservée; de Brasey à Saint -Martin de la mer, elle est un peu apparente ; le chemin , étant le seul fréquenté et mal entretenu, se détériore toujours davantage, et sa direction, en figne droite jusqu'auprès de • *
(1) Augitstod, anti(\. p. 108.
Saim-Martin, où il forme un coude à l'occident* *st le seul guide qui puisse indiquer la position de l'ancienne voye ; elle redevient apparente à la hauteur du château de Mâcon, et traverse les bois où elle s'est conservée, jusqu'à environ sept cents toises de Saulieu; des ruisseaux qui coulent en cet endroit Vont détruite ou couverte de sable : cependant le chemin actuel est la voye elle-même ; on reconnoît son fondement solide , et on aperçoit même , parfois, le pavé au fond de l'eau î on le voit aussi sous des hayes qui tiennent au hameau de Villeneuve , où elle passe pour monter a Saulieu; elle y arrive par la rue du Faubourg-Saint-Saturnin.
Aballo -.est. la jolie petite ville d'Avalon, dont le nom n'a jamais varié ; les écrivains du moyen âge l'ont nommée Castrum Aballo; on y abattu monnoye, et c'est dans son voisinage quexistoit un ancien camp Gaulois, appelé Campées-Alleux (i). On a cru d'abord dans le pays que ce camp avoit servi au Roi Robert, fils de Hugues Capet, lorsquen ioo5 il assiégea en personne la ville d'Avalon. Caylus Tattribuoit aux Romain* ; mais M. Pasumotlui fit changer de sentiment : selon lui ce camp étoit de construction Gauloise , parce que le retranchement étoit formé de pierres sèches du pays entassées sans ordre à la manière de ces /peuples $ César , en décrivant le siège d'Alesia a parlé de ciétjie espèce de muraille qu'il nomme Maceria*
J# voye .Romaine', entre Saulieu et Avalon n'est plus reconnoi$sable',iil parott qu'elle étoit parallèle à la route actuelle , et passoit par les mêmes villages ; il y a environ vingt ans. qu'on en. découvrit une. portion devant le château
(i) RecueU d'antiq. de Cajlu» , tom. V , p«ge5o8 j et ton. VI, p. 19.
de Chanteaa * on en a trouvé quelques traces dans les bois et près des hameaux de Mpntmellien et de Champagne ; de la elle paroissoit se diriger à Test de Rouyray et de Sensey, traversent les bois dans lesquels elle étoitreconnoissable , passoit au nord, devant le château de Sainte- Magnenee , et venoit joindre la route actuelle , à un embranchement qui s'y trouve , environ trois cents toises audelà de Sainte-Magnence ; il existait encore dans cet endroit une portion bien, conservée de la voye qui a été détruite lors de l'établfesejnent de la route actuelle (i).
L'ancienne voye venoit donc de Saulieu à la Roche en Bernis , cotoyoit Sainte-Magnence , et passoit à Cussy-les* Forges, d'où elle gagnoit le petit village nommé Létrée de Srata via , laissant ensuite Magny au midi , elle arrivoit à Avalonlpar le faubourg Saint-Martin. En travaillant, il y a nombre d'années, à réparer la digue de l'étang des moines qui touche presqu'à ce faubourg, on découvrit une pierre avec une inscription, qui peut-être étoit une colonne mîllîaire ; elle fut brisée , et ses fragmens dispersés par les ouvriers , avant que quelquhomme instruit put l'examiner et .la sauver de la destruction.
A utissiodorum est Auxerre , qui dépendoit primitivement de la Cité des Sénonois; les Romains l'en séparèrent, pour lui donner le titre de Métropole. Elle existoit anciennement dans l'emplacement où depuis fut bâtie l'abbaye de Saint - Julien , au sud - est de la ville actuelle. Ce qu'on y appelle aujourd'hui la Cité, fut entouré, sous Constantin , de murs , dont il reste encore quelques portions. Ce Prince , mettant fin aux longues persécutions
(i) Mercure de France ( juillet 1737 ), DUserUtion de M. Letors.
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que l'Église avoh souffertes depuis rétablissement du Christianisme dans les Gaules, permit de démolir les temples du Paganisme ; les matériaux de ceux qui existoient à Auxerre^ furent employés à construire les murs d'enceinte, dans lesquels on a trouvé des luts dexolonnes, des chapiteaux, des fragmens de frises et de statues, ainsi qu'un Cippe, avec une magnifique inscription en l'honneur d'Auguste et de là déesse de l'Yonne (i).
U y a peu d'années qu'on a établi avec certitude lè trajet de la voye Romaine, depuis Avalon jusqu'à Auxerre; l'abbé Belley , Danville , Lebeuf, et le comte de Caylus , sétoient trompés à ce sujet, et furent rectifiés par Pasnmot dans ses Mémoires géographiques.
, Cette voye, arrivée au faubourg d'Avalon, nentroit point dans la ville 5 elle y faisoit une inflexion, passoit par Girolles , Sermiselle , traversoit la rivière de Cure , au village de Saint-Moré, gagnoit Bazarne , vicus Bacémœ, traversoit encore fYonne; et, après avoir fait à l'ouest près du village de Champ , un coude considérable , elle arri voit droit à Auxerre (2).
C'est dans cette route , et près du village de Saint-Moré, quexistoit anciennement, sur une hauteur, un lieu nommé Chora par la notice de l'Empire et par Ammien Marcellin , et vicus Chorœ par les écrivains ecclésiastiques. La position dè cet endroit, àvoit été fixée par Lebeuf, à Cravan ; M. Pasumot a démontré (3) que ce ne pouvoit
(1) Mémoires de M. Leboeuf, torn. i — Recueil cTantiq. de Caylus , tora. VU, pag.sgf.
. (a) On peut Toir le détail de celte partie de la tô t e Romaine dans les Mémoire* géographiques de Pasnmot. ( Paris i <j65. ) (3) Mémoires précités.
être dans cet endroit, placé comme dans un puits, et par lequel il a été impossible de faire passer la route actuelle , que se trouvoit 1 ancien Chora\ il a prouvé que cette habitation a dù exister sur un tertre presqu isolé, tenant à un plateau par une langue de terre étroite , et que l'on nomme dans le pays , ViUe-Auxerre. Une tradition constante y est établie , qu'il y avoit anciennement sur ce tertre une ville ; mais on ignore l'époque «t les causes de sa ruine. Elle étoit dans une position aussi forte qu 'Alise et Gergovia, et dominoit la Cure au-dessus <le l'endroit où la voye Romaine venoit traverser cette rivière- (Voye» la carte ci-jointe).
JSburobrinca ou Eburobrigç, est la dernière station de la voye de Lyon à Boulogne , pour la portion qui passoit dans l'ancienne Bourgogne. Dom Bouquet et Lebeuf ont pensé que c'étoit Brinon ; et M. Pasumot, les environs du Bac-à-Poulet(i); c'est plutôt le village d'Avrolles, dont le nom ancien est Hebrola et Ebrolix, à l'occident de Saint- Florentin , où se croisent les routes d'Auxerre à Sens , «t de Sens à Aiïse , par Tonnerre. Avrolles paroît avoir existé très-anciennement, et on a découvert dans ses environs plusieurs monumens Romains ; il est situé sur la petite rivière de Vévre ou Evre , Urbanus ou Orbanus; ce nom s'accorde avec celui àEburobriga, qui auroit été tiré de celui de l'Evre.
La voye Romaine, après avoir traversé l'Yonne àAuxerre, passoit à dix toises de Létau, venoit au pont de Sinote
(i) Carte» et note* «or la table de Pcutinger ( Lebeuf). — Collection» de» bistoriens de France ( dom Bouquet ). — Mémoires géographiques , page 1 10 ( Pasumot ).
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à Test de Gurgy, puis à Airy, Airiacus^ nommé aujourd'hui par corruption , Héry. 11 y eut dans ce lieu, au commencement du onzième siècle j une nombreuse assemblée, à laquelle assista le Toi Robert , magnus conventus in villa sErium seu jEriacum dicté. La yoye traversoit ensuite le Senain , Sena amnis, pour arriver au hameau des Baudrières ; de là, par les bois de Pontigny , traversoit encore l'Armançon au-dessous du moulin de Frécambaut, arrivoit au pont d' Avrolles ; et , après avoir passé par cet endroit où elle existe encore , elle se rendoit à Troyes, pai* ViUeneuve-au-Chemin. On en a trouvé des traces d'Airy à l'Armançon, dans les bois de Pontigny, à l'occident de Rebourceau, et jusqu'à Avrolles. La distance de douze lieues Gauloises , indiquées par l'Itinéraire, entre Autissiodurum et Eburobriga, est exactement la même qui se trouve entre Auxerre et Avrolles , en suivant la route que nous avons tracée. M. Pierre, curé de Champlost, fit imprimer en 1783, dans Talmanach de Sens, une Dissertation en forme de lettre, sur Eburobriga.
Voilà tous les détails que nous avons pu recueillir sur la v.y.deci^ Portio11 principale de voye Romaine, qui traversoit notre km à W«. Province : une autre voye presqu'aussi ancienne, y passoit également, elle est indiquée dans l'Itinéraire, sous ce titre, à Cabellione, Trevirosy mais le détail en a été perdu ou omis. La Table de Peutinger a suppléé à cette lacune , et détaille ainsi la portion qui traversoit la Bourgogne.
Andematuno XXVIII. I Vidubia XXII.
Filem XIX. | Cabellione.
Au lieu de Filem , il y a dans l'original de la Table FUena. Cette voye a été bien connue , parce qu'il en existoit
encore dans des temps modernes des portions considérables; M. Thomassin en a donné le détail dans une lettre imprimée à Dijon , il y dit : ■* t * 1
« Ce chemin traversoit la petite rivière de 'Deheune à a Demigny , alloit de là à Muresange , Ville-le-Montiers , « Argilli , Saint-Bernard dans les bois et près de l'abbaye « de Cîteaux , à Savotfge , et venoit aboutir à la rivière « d'Ouche, à cinquante pas de la Colombie™ : on en « aperçoit encore des vestiges dans les bosquets du parc « de Dijon , où l'on a négligé de les détruire , parce que « les arbres les dérobent à la vue. A la sortie du parc , il a passoit près la croix Mansfeld , vulgairement dite Malt che/er , et alloit joindre à Bellefond le chemin dAutun « (à Langres), avec lequel Use réunissoit. »
D après le détail de M. Thomassin, il est dificile de reconnoîtrè la position de Vidubia , à vingt lieues Gauloises de Chalon ; il paroit avoir mal établi la première direction de la voye qui ne devoît traverser la Deheune qu'à Pontrévaux, à une lieue au nord de Verdun. On a en effet reconnu un chemin très-ancien , mais ruiné en partie , qui alloit à Chemenot , en passant près et au-dessus de Crissey. De Chemenot, il continuoit par Corcelles, lés Allerey et Saint- Martin de Gâtinois, qui n'est séparé de Pontrevaux que par la Deheune ; de ce dernier village la voye passoit à Palleau, la Croix-Leure* Percié, Villy-le-Brûlé , et Argilly , où elle étoit connue sous le nom de Chemin Ferré. A environ 1 5oo toises d'Argilly, elle coupoit une autre voye Romaine , qui alloit dAutun à Besançon , et dont nous parlerons dans la suite : celle qui nous occupe, traversoit les bois , après Argilly , laissant à l'occident , le village de Gesland et le château de la Chausselle , qui en a pris son
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nom ; elle, venoit ensuite à Saint-Bernard , sur la petite rivière de Vouge. Delà , continuant en ligne directe , elle laissoit à lorientla paroisse d'Épernay, passoit entre Saint- PhiubettetBixxindou près la rente deSathenay et l'étang du Roi, dont la levée fait partie de la route ; elleentroit ensuite dans les bois de Perrigny , au-delà desquels, laissant à l'orient le château de Beauregard et le village de Longvic , elle venoit passer l'Ouche , près et Au-dessous de la Colombière. Après ce dernier endroit, on en perdoit la trace , et on ne la retrouyoit qu a environ a5o toises de Dijon , près la Maladière, À l'extrémité -du faubourg Saint- Nicolas ; passant ensuite à l'orient du château de Pouilly et par Bclfont, à Test du Clocher , elle venoit descendre à Norges-les-Ponts , ou Norges-le-Bas , quelle traversoit en passant devant la Commande rie. On a trouvé, à l'entrée de ce village , les débris d une colonne milliaire , à la base de laquelle on lisoit.le nombre VII. La voye Romaine ail oit de Norges en droite ligne, au Pont-de-Gueux , où elle se confondait avec la route moderne de Dijon à Langres , qui a été en grande partie , établie sur le chemin Romain; de Dijon au Pont-de-Gueux, cette ancienne chaussée, qui étoit très-*droite, avoit partout vingt pieds de largeur; un massif de plus de deux pieds de profondeur, ét formé de plusieurs lits de pierres posées de champ , lui assuroit une grande solidité.
D'après cet exposé, la position de Vidubia tomberait exactement au passage de la rivière de Vouge , au hameau deSain*«Bernard, distant de Chalon de vingt Lieues Gauloises. Danyille { i ) remarque avec raison quen lisant
(■) Notice de la GteW. ( trtide Vidubia )
Vidugia au lieu de Vidubia, on trouverait une analogie entre ee nom et celui de la petite rivière qui coule en cet endroit; cette analogie nous paroît d'autant plus frappante qu'elle tient au changement d'une seule lettre , le D où le B de Vidubia , ce qui donne Vigubià wVidugid, et qu'on peut faire un rapprochement remarquable de ces noms avec celui du village de SavoUg& situé 'à l'est de Sainte- Bernard. ' ■ r v,s - . , ; i \
En suivant la direction, inditjuéè pâr M.1 Thomassîn, Vidubia tomberoit près du château' de la1 ^hàu^s^iià y et alors la dislance de Vidubia à Filém né se retrouveroit plus. . ••
Nous pensons qu'il faut lire, au lieu de frâém , Ttîem ou plutôt Tilena, qui tombe à Til-Chatel situë'à dix-neuf heues Gauloises de Saint-Bernard , et dont lènoin nVjamais varié; on trouve dans letf actes du ônzfèmè èiècîè Tih Castrum ; Tïlense Custrum ,'Thffi Castrûm , etc. (i)*
Il riatoitroitdoncqueTil^Chatel sèroit là'secWo'edistiihcé indiquée par la Table ; cependant TJadoné a ipirUè f d'aérés Pierre de Saint-Julien (b) , d'une habitation rilinée qui avoit existé entre Lur ou Lux et TrichâteaU (Til-Chàtel ) sur la route Romaine qui céha'uisoit à LàngreS , juxtà\ Stratarh Lingônënsem . Oh à trouvé , dan^ ïes'ruinéé de cette habitation, des Wdàificff ;,'&» 1 annéaux , dès vases' et d'autres monumens antiques- mais 1 elle Va jamais été le Tilem de la Table, puisqu'elle nétoit point" §ur la voyc Romaine , comme LadoneetSaint'Julien l'ont avancé (3) ,
' . . i:i — rm : — i 1 1 ' \. . ni ' . i \ ■■ ' •• r"r*~ rrr .
i\7«/i>iVr ^/i/A'^i-, dJtdoA. Va.le*ii.
('j) Origine des Bourguignons , p. 18 et i g.
(3) Description de U Bourgogne par Courte Épee< , lofe, h 1 pàg*. Ul-
et que son emplacement, connu sous le nom de Vald'Ogue j est à 5oo toises de Lux , et à 200 pas de la Tille.
Andcmatom ,es* certainement la y ille de Langres j la grande routeo-uiy *pndujt actuellement est , depuis Til- Chatel, assise presse continuellement sur la voye Romaine dont onjaji, trouvé quelques parties que dans les endroits où la route nouvelle s'est écartée de la direction de l'ancienne. Nous croyons qu'il y a erreur dans l'indication de XXVIII lieues Gauloises qui est portée dans la Table de lïlem à Andematum ; H. n'y en a rigoureusement que dix-neuf. Ces erreurs sont assez fréquentes dans cette table ; on peut les attribuer au copiste qui aura mis XXVIII, au lieu de ^IfU, en faisant un X du V et un V de la première unité. \ I , , ;
-Quelques au^em*s ont pensé que la voye dont nous parlons éto^ celle d'Agrippa qui de Lyon conduisoit au Rhin , parce que de Trêves elle aboutissoit d'un côté à Mayence et de Vautre ià, Cologne. Nous la regardons comme moins ancienne y d'ailleurs celle d' A grippa devoit passer par Besançon et la Franche-Comté : c'est le sentiment de GuÎt chenon et d'autres Historiens Séquanois. Il est appuyé par l'autorité de Strabon qui dit qu'Agrippa construisit les quatre plus anciennes yoyes militaires dans la Gaule, et qu'elles partoient de Lyon comme du centre de cette province. Lugdunum m medio Gaîliœ situm est, instar arcis , quapropter Agrippa , hoc ex loco ,partitus est via*. (quatuor) (1). Ce passage prouve sans réplique , en faveur de notre opinion , que la voye dont nous parlons n'étoit pas une des quatre qur sortoient de Lyon. Nous devons
observer aussi qu'à l'endroit nommé Vaux , près d'Aubigny , uJ^J une autre voye se séparoit de celle-là , passoit à l'orient ^p^'ï'"^ de Sacquenay , de Fontaine-Française , descendoit à Mireheau , et passoit la Saône à Pontaillier , elle alloit de là à Auxonne , puis au-dessous de Dôle où elle s embranchoit avec une voye qui conduisoit de Chalon à Besançon. En 1703 , on découvrit près de Sacquenay une colonne miiliaire , d'une seule pièce, ayant avec sa base huit pieds quatre pouces de hauteur, de forme ronde, et d'un diamètre de vingt-deux pouces. Elle fut placée dans le cimetière de la paroisse , où M. Legoux copia avec exactitude l'inscription quelle porto it , et la donna telle quelle suit ici (1). La distance y est marquée par milles.
TI. CLAVD. DB.VSI F. CvESAR AVG. GERMANIC. PONT. MAX. TRJB. POTEST. II IMP. III. P. P. COS. II. DESIGNAT. III. ND. M. P. XXII.
Cette voye existoit donc vers Fan 41 de Jésus-Christ , époque de l'avènement de Claude à l'Empire , ou" peutêtre fut elle construite en Tan 43 , lorsque ce Prince traversa les Gaules pour se rendre en Angleterre , dont il soumit alors une partie.
La direction de cette route, telle que nous l'avons donnée, prouve que Danville, dans sa Notice de la Gaule (article 27/<?), a eu raison de la faire passer par Mirebeau et non pas par Ozilly , comme M. Chevalier (0). Mirebeau étoit autrefois une ville peuplée et de quelqu'im-
(0 Dissertation, sur l'origine de la ▼Me de Dijon , page 167. ( Dijon, 1771. ) Moreaa de Mantour , Lebeuf, Mabadel , DanrUle , et l'abbé Belley , ont au»» fait mention de cette colonne.
(a) Mémoire sur U rilk de Poligny.
portance , puisque les Romains lavoient ornée d'un théâtre, dont il est parlé dans une inscription rapportée par Dont Martenne. ( Voyage littéraire , page i88). bBiSai^r ^a voye qui conduisoit de Chalon à Besançon est indiquée dans la Table de la manière suivante :
CabeWone XIIII. I Crusime XV.
Ponte Dubris XVIIII. | Fesontine.
Au lieu de Ponte Dufais , il faut Kre Ponte Dttbis , qui est Pontoux , à douze lieues Gauloises de Chalon. Lorsque les eaux du Doubs sont basses , on y aperçoit encore les restes d'un pont de construction antique : plusieurs voyes venoient y aboutir ; celle de Chalon suivoit le chemin actuel, en passant par Damerey et par Sermesse.
Il n'est pas aisé de déterminer la station Crusinie que Dan ville (1) et l'abbé Belley (2) ont pensé être Crissey , hameau à demi-lieue au sud de Dole. L'analogie de nom avoit déterminé l'opinion de ces savans ainsi que celle de M. Pasumot (3) ; nous pensons qu'il conviendroit mieux de fixer cette station à Orchamp , village situé près du Doubs , à trois lieues environ au-dessus de Dôle. Il existoit près de cet endroit un des Camps appelés par les Romains Sta~ tiva , dont Caylus a donné le plan et la description La route actuelle de Dôle à Besançon traverse cet ancien camp , et elle est établie presqu'en entier sur une ancienne
(1) Notice de la Gaule.
(a) Eclaire! «emens géographiques, pag« 96.
(3) Mémoire* géographiques.
(4) Recueil «Tantfq. , tom. V , pag. 5©a. W. CVIL
Toje Romaine que l'pn a réparée et élargie. Cette voye a, été bien reconnue de Pontoux à Orchamp (i) -, elle passoit par Mqnt, la Yilletieuve , Pourlans, Beauchemin, Ta-» vaux, Saint- 1 lié , Dole et, Orchamp. Entre Tavaux et Sainjfc»-Ylté, il y avoit autrefois sur la route une croix appelée de Bon repos , qui avoit été posée sur une pierre milliaire; cette voye ne faisoit presquaucune inflexion etcô* toyoit le Doubs pour arriver à Besançon.
A la vérité , la distance de Pontoux à Orchamp est de vingt-trois lieues Gauloises , et diffère de celle de la Table qui n'en marque que dix-neuf. Danville a trouvé la même difficulté en s'arrétant à Crissey, et il a remarqué avec raison que les distances indiquées par la Table sont rarement d'une exactitude rigoureuse ; il calcule ensuite la totalité de cellp de Chalon à Besançon , qulest de quarante-huit lieues Gauloises, et en porte douze de Chalon à Pontoux, quinze de Pontoux à Crissey, et vingt-une de C rissey à Besançon. Nous distribuerons aussi cette distance totale d'après notre opinion , en suivant avec le compas les meilleures cartes de France, et nous porterons douze lieues de Chalon à Pontoux , vingt-trois de Pontoux à Orchamp , et treize d'Orchamp à Besançon , ce qui nous paroît moins disparate que les nombres marqués dans la table.
Nous ne pouvons cependant disconvenir qu'il existoit une voye Romaine entre Crissey et Besançon , qui passoit par la foret deOhaux, où elle étoit en partie conservée, et que la distance de Besançon à Crissey, par cette forêt
(O Dunod, Hist. des Se^uanoia, loin. I Owlier, Mémoire» .or Poli*
gny , tom. I.
ou par Orchamp , est à-peu-près la même : il seroit donc possible que le Crusinie de la table fût Crissey ; mais alors les nombres y auroient été transposés , comme l'a trèsbien observé Dom Jourdain (i). Il faudrait les rétablir , et, pour plus d'exactitude, réduire la première distance en écrivant
Cabellione. Chalon XIL I Crusinie. Crissey XX. Ponte-Dubis. Pontoux XVI. | Vesontine. Besançon.
Nous avons à discuter ici l'opinion de M. Chevalier ♦ qui a calculé cette route par mille , et non par lieue , et qui a interpolé une station Temutio. H donne, dans cette portion de voye Romaine , les noms et les distances qui suivent (a) :
Cabellione Chalon.
Ponte- Ternutio Verdun XII.
Dubris Gevri. XIX
Crusinia Orchamp. XV.
Vesontine Besançon.
Il s'est appuyé t dans sa manière de compter par mille -, de l'autorité d'Ammien-Marcellin, qui, selon lui, a placé la Séquanoise dans la première Germanique , et a dit que la partie des Gaules où Ton comptoit par lieue , ne cornmençoit qu'aux contrées situées entre le Rhône et la Saône ; d'où il a conclu qu'on devoit se servir du mille dans la Séquanoise : il suffit de consulter le texte même de l'auteur , dont s'appuie M. Chevalier (3) , pour se convaincre
(i) Dissertation manosc. sur tes royrs Romaines de la Séqoanie. (a) Mémoires sur Poligny , tom. I, pag. 44.
(5) Amm. Marcell. lib. XV. Rogabantur autem Galliœ , etc. Voyes ce sage entier jusqu'à : txùideque non militais passibus , ted leugit iiinera Uuntur.
qne ce dernier a mal interprété l'historien Romain , et qu'au contraire la Séquanoise étoit considérée comme Faisant partie dés contrées situées entre le Rhône et la Saône.
Quant à la station Ponté i- Ternutio interpolée par M. Chevalier, c'est une autre erreur qui ne demande même pas d'examen. Il est tombé dans la même faute que M. de Valois (i), qui , voyant dans la table Ponte , vis-à-vis Ternutio, a pensé qu^l devoit y -avoir entre Chalon et Tournus une station du nom de Pôntë, mais qui na jamais réuni les denx mots Ponte et Ternutio, comme M. Chevalier> qui transporte Tournus entre Chaton et Besançon.
Nous nons arrêterons davantage sur ies distances fixées par cet auteur; nous né pouvons admettre la position de Dubris à Gevri, et celle de Ponte à Verdun; car de Chalon à Verdun il y a quatorze milles un tiers ; de Verdun aux environs de Gevri et de Taveau ,' dont il est voisin, il y a vingt-quatre milles; de Gevri à Orchamp, il s'en trouve effectivement quinze ; mais il y atrroit un- excédant de deux milles un tiers dans la première distance , et de cinq milles dans la seconde. Nous croyons donc avoir établi la division de cette route d'une manière beaucoup plus probable , et qui se trouve d'accord avec les meilleures autorités.
Pontoux étoit, comme nous l'avons dit, le point de réu- t£%* u nion de plusieurs voyes, parmi lesquelles il y en avoit une qui traversoit la Bresse. De Pontoux elle étoit dirigée par les bois de Sermesse, vers Toutenant, qu'elle laissoit
(i) Notit. Galliar, art , Tirwrtium Castrum.
à l'ouest; entroit dans les bois -de SaintrBpnnet , où elle. est encore assep bien conservée, et passoit entre Serrigny et la Racineuse, d'où elle gagnqit Çhiteau - Répand , près de Louhans. On a trouvé, en differens temps v dans cet endroit situé sur. une pçfcte élévation , ^ une portée de canon de U viljo 4e Louhans, plusieurs monumens antiques et de6 médailles Gauloises et Romaines en argent et en bronwï* Caylus a fait graver (i) un taureau à trois cornes qui faisoit partie de ces découvertes ; c'est par erreur qu'il a indiqué Château-Renaud dans le voisinage de Sanlieu; Je nom de M. de Mailly, qui étoit propriétaire de co Château, ne laisse aucun doute à ce sujet.
M, Chevalier fait prendre une antre direction à la voye de Château- Renaud à Pontoux , qu'il conduit par, Voitte et Mervans; cependant il ne donne celte opinion que comme une conjecture que nous ne pouvons adopter. Il parle aussi d'une aulre voyo qiû par toit de la précédente au-
VoredePon- j i i m • i 1
toux i Poiijny. dessus et au nord de loutcnant, et passoit au nord du Chàteau~du-Pérou , par les hameaux les Vennes-Guyotes , et la Nue-de-la-Ranche , laissant ensuite au midi celui de Creté, conduisoit à Utre , passoit la Braipe à Orc, et aboutissent à Polifinv.
Nous pensons que cette voye ne se séparoit pas seulement de celle de Château-Renaud , mais qu'elle la coupoit en venant du Port-Chauvort , près et au-dessous de Verdun. Nous ne pouvons pas adopter davantage le sentiment <le M. Chevalier, sur une voye qui conduisoit de
(0 RecueU d'aniiq. , tom. V, pag. 5o5. PL CV1JI.
Chalon à Poligny, et dont il a donné le détail, n'ayant pu recueillir aucune preuve qu'elle ait existé (i).
La voye d'Agrippa est la plu* grande de celles de la k Bourgogne , détaillées 'dans lllinéraire d'Antonin j il en iudique une autre qui alloit d'Autun à Paris , ab Augus» todufèo Lutétiam Parifiorum uêçue yiasàs dont une très* petite partie travers oit notre province j en voici les premières stations : r..
ÂVisineum M. P. XXII. ' Condate M. P. XXIIII.
Brivodurum XVI.
Bolcœ, etc.
Nevimum XVI.
Nous observerons en premier lieu, que le copiste a mis ici par erreur Findication de milles ; car , comme nous l'avons observé, cette mesuré : n'étort en usage que dans la province Romaine ; on comptait par lieues Gauloises dans le reste de la Gaule (a). Ainsi, lorsqu'on se trouve dans l'Itinéraire qu'une espèce de mesure comme ici ^ il faut toujours calculer par lieue Gauloise, et non pas par mille.
Alisincum, à vingt-deux lieues Gauloises d'Autun, est le village d'Anisy, sur la rivière d'Arroux , ainsi que Vont reconnu de Valois, Dan ville et l'abbé fielley surtout, qui fut informé qu'on avoit retrouvé sur la rive droite -de TArroux, des traces d'une voye Romaine , qui alloit d'Anisy à Decise, Decetia, et à Nevers, Nevimum (3). Cette route sortoit d'Autun par la porte d'Arroux, Porta Janualis , et
(i) Mémoires anr Poligny , tom. I , Pl. LX et LXI. (a) Mesures itinéraires , page 1 11 et suit. (3) Edaircissemens géogr. P. 4<>4 et 4°7>
traversoit les montagnes du Morvand. Ladone et Thomassin l'ont nommée Via Bituricensis , parce que de Deuse elle conduisoit à Bourges: ils ajoutent quelle étoit pavée. Elle traversoit entr autres la célèbre montagne de Beuvrai, sur le sommet de laquelle étoit un ancien camp , et alloit de là à Anisy. On trouve sur la grande carte de France un ancien chemin Romain , marqué entre la Roche Millay et Ville-à-Pourçon.
iJaArch£ ^^le e* H'tinéraire , ne parlent que de celte voye
»°»* entre Au tun et Nevers; cependant il y en avoit une autre qui sortoit également d'Autan par la porte d'Arroux , traversoit le ruisseau de Tarenet sur un pont de construction Romaine , qui existait encore il y a peu d'années , et alloit à Château-ChJnon ; elle étoit pavée comme là précédente , et a été parfaitement reconnue et suivie , surtout entre Arleuf et les Paquelins, où elle étoit très-bien conservée dans un espace de plus de 5oo toises. De Château-Chinon elle alloit à Ghâtillon en Barrois, et dans ce trajet on en retrouvoit encore une portion de plus de 4©o toises pavée et en bon état; on la suivoit du château du Creuset au-delà de celui de Foucheronne , oii elle se perdoit dans les bois ; on la retrouvoit à Sept-Voyes, dans les bois de Fay à peu de distance et au sud de Montignyies-Amognes, et elle arrivoit à Nevers par le côté oriental, après avoir traversé la Nièvre. Ladone la nomme Via Noviodunensis, Noviodunum oppidum usque perducta(i). Quoique cette voye ue se trouve point renfermée dans le cercle que nous nous sommes tracé , nous avons cru
(i) Auguttod. antiq. P. 67.
Degena XVI.
Ebimo XVI.
etc.
Aug. Dunum VIII.
Bojcum XXII.
Aquis Nisineii XIIIL
Ce détail nous paroit indiquer le passage de cette voye par Bourbon-Lancy , qui est malgré le sentiment cou traire du célèbre Samson , XAqua Nisineii, marqué dans la Table par un édifice carré ; c'est de celte manière que tous les endroits où il y avoit des eaux minérales , y sont désignés. Thomas, dans son histoire d'Autun , a fait mention de cette voye , qu'il fait sortir de cette ville par la porte d'Arroux ; il dit qu'elle avoit douze lieues de longueur , et qu'on en trouvoit des restes dans les bois , les montagnes et les marais; les détails de cette voye ont été consignés dans un mémoire écrit il y a plus de cent vingt ans , par un habitant de Bourbon-Lancy, et dont nous tirons ceux que nous donnons ici. ■ *
Cette voye se séparoit des précédentes à l'extrémité du pont de Tarenay ; on en trouvoit des traces à la Croix-du- Bois-Saint-Jean , à une demi-lieue d'Autun , puis à Brange,
devoir en dire quelque chose, parce que sa détaillée n avoit pas encore été bien connue.
Il en est de même d'une autre voye qui établissoit la 4£ji5 tion d'Autun à Briare, Brwodumm ou Briodu- Elle se séparoit de la précédente à Chàteau-Chinon, passoit par Lâché, Champ-Aile m an, Champlin, Soffin, Entrains, Saint-Amand, Arquian , et se réunissoit vis-à-vis d'Ousson , à une lieue au sud de Briare , à la route de Paris détaillée dans l'Itinéraire.
La Table de Peutinger fait mention d'une autre voye d'Autun à Decise, de la manière suivante :
Vojed'Autua i Boarbou-
et an passage des ruisseaux de CordiUe et de Machels 9 près la ferme des Bossillons; elle suivoit le chemin moderne jusqu'à Thil , d'où elle alloit k Druillot, à Montigny , à CheuveUe, à Grand-Marié, à la Garde, à Quinay, à Vaux, à Chanaux , à Sahtgues , p assoit dans les bois , près du Creux , et au moulin de la Martique sur la rivière de Somme ; de là elle alloit à la métairie Brouin , tra ver soit les bois de la Prévôté, et le hameau du MouBu-à-Vent, d'où elle arrivoit à Bourbon- Lanej par le nord. Depuis Druillot jusqu'au Moulin-à-Vent , on en trouvait plusieurs portions assez considérables et bien conservées : on l'appeloit, dans le pays, Chemiu-à-la-Césarine , Fia Cœsariana. En suivant cette route, qui étoit de douze lieues, on évitoit les montagnes , et les transports y étoient commodes et faciles ; toutes ces indications passoient pour être de la plus grande exactitude sur les lieux, mêmes , il n'y a pas plus de trente ans.
Cherchons actuellement la position du Boxum de la Table , et qui doit se trouver plus près d'Autun que de Bourbon -Lancy. Belley ( i ) et Banville (a), en le plaçant à Bussière, parce que cet endroit est voisin de l'Arroux , et à huit lieues Gauloises d'Autun , se sont trop écartés de la direction connue de la voye, pour que nous puissions adopter leur sentiment; mais, pour établi* le notre avec certitude, nous devons d'abord faire observer que la distance totale de trente lieues Gauloises, indiquée par la Table entre Autun et Bourbon , est un peu trop forte ; en suivant la voye, et en accordant même quelque chose
(i) EclaircUsemens g<*og. Pag. 4<>5.
(a) Notice de la Gaule.
a la mesure , cette distance ne seroit au plus que de vingthuit lieues Gauloises. Uerreur tombe donc sur Tune des deux stations , Boxvm ou A<pàs Niri*eiï\ *\ peutêtre sur la mesure de la route entre chacune délies- Mous croyons qu'elle existe dans la première distance seule, fin partant d'Autan , on trouve, après un peu plus de six lieues Gauloises , l'étang de Bussy, voisin des auberges la Fée , et les Quatre- Vents.
11 y a dans le pays une ancienne tradition, qu'il y avoit autrefois tme ville à la place de cet étang, et qu'il en a retenu le nom; il nous paroît certain que c'etoit le Boxum de la taille \ la distance d'Autan à l'étang de Bussy excède six lieues Gauloises , et dans ce cas on complétait 1 unité; il faudroit donc compter sept lieues depuis Autun; de l'étang de Bussy à Bourbon , il n'y en a strictement que vingt-une , ce qui donne la mesure totale des vingt-huit lieues qui se trouvent d'Autun à Bourbon.
Degena est ainsi que le Decetia de l'Itinéraire Decise , comme on peut le voir dans les éclaircïssemens géographiques (page a55), et dans les notices de la Gaule, Banville et d'Adrien de Valois.
On a reconnu les traces dune voye de communication, Vo,*é«ii<.«r. entre Bourbon -Lancy et Château -Chi non , par Sainte cwUu-cLoa. Honeré-la-Montagne et la Chartreuse d'Apponat. 11 en est fait mention, dans les Eclaircissemens géographiques , page 408.
On trouve dans la Table le détail suivant d'une voye voy«a«A«i« Roniaiuc, qui conduisoit d'Autun à la Loire. d..n»u«h « *
T * n..*onr pat le
Augustodunum. sn».*.
Teîonno XII. | Pocrinio XII.
Thomas et Ladone font nommée Fia Aulercica, parce
qu'elle conduisent chez les Aulerciens , c'est-à-dire dans le Briennois sur la Loire ; ils la faisoient sortir d'Autun , par la porte Saint-Andoche , Porta Driùdarum. .
Au lieu de Teionno > il faut lire Telonno , qui ne peut être que le bourg de Toulon-sur- Arroux; les historiens Autunois que nous Tenons de citer se sont trompés , en faisant sortir cette voye par la porte des Druides, ce que l'extrême roideur de la pente du Mont-Dru , Mans -Druti darum, rend, invraisemblable ; il est pk*s probable qu'elle suvvoit la route de Bourbon-Laucy jusqu'à la hautéurdtt village de Laisy , qu'elle passoit,.ensuitP près Etang-sort Arroux, à SaintNisier qù elle traversoit la rivière, et venoit aboutir à trois cents pas du Château-de-la-Boulaye.
L'abbé Belley et DaU^ville fixant la position 4e Pocrinium k Perrigny-sur-la-Loire , à deux lieues sud-est de Bourbon-Laucy : s appuyant sur le rapport de nom et sur la distance assez exacte de douze lieues Gauloises ,y nous croyons pouvoir établir que Poonùuum se trouyoit à une b'eue et demie de Perrigny, à l'occident. On a, découvert au<*dessous du village de la Brosse , il y a environ cent cinquante ans, deux murailles assez considérables/ qui paroissoient èu'e les restes d'un ancien pont sur. Ja Loire, , dont les, eaux a voient, dans une crue extraordinaire , mis à nu ces constructions; cet endroit esi nommé, dans,jdes actes ancxçi)£ ^Pqnt-Jternachon^A. Orès-peu <k> distance ctoit une terre fort noire , qui paroissoit avoir été un por^ servant à déposer les marchandises , et plus loin $Un* la * i- V terre dite du $p;upaY>,/oa a trouvé en différons temps, et dans un espace de terrain assez.. étendu , d'anciennes fondations, des briques, des clous, des médailles et d'autres monumens antiques j ce qui paroît prouver qu'il
a existé, dans cet endroit, une habitation qui a été dé* truite; on a aussi reconnu les traces d'une voye ferrée, . depuis le Pont-Bernachon jusqu'à Bourbon.
Nous pensons que c'étoit là l'ancien Pocrinium , qui peut-être se prononçoit Bocrinium , ce qui le rapprocheroit du nom de Bernachon qui a été conservé à cet endroit; il a peut-être aussi donné le nom d'Aupont à un village qui se trouve à quinze cents toises environ , et à l'orient, M. Dolille , dans sa carte de Bourgogne, a marqué le Pont-Bernachon, et il en étoit fait mention dans les anciens terriers de M. de Saint-Géran et de M. de Saint- Aubin.
On pourroit nous objecter la distance du Pont-Bernachon à Toulon, qui est à-peu-près de seize lieues Gau- . loises-, au lieu de douze marquées dans la table ; la même difficulté' se présente, en plaçant Pocrinium à Perrigny, qui est à quatorze lieues Gauloises de Toulon ; l'erreur paroit même plus facile, à rectifier, en adoptant notre sentiment, et en faisant un Y de la première unité du nombre XII. On ne pourroit faire la même correction , en parlant de Perrigny , parce qu'il faudroit faire un V de la seconde unité, pour avoir XIV, nombre qui est toujours marqué dans la Table par XIIIL Noua avons* <J®j* dit , et il est bien prouvé que cette table présenteide; nombreuses irrégularités qui autorisent le changement qu# nons proposons. .'.«),,
Quoiqu'on ne trouve plus dans la carte de Peutinger aucune autre vo^e qui sortit d'Autun , on en a cependant reconnu plusieurs qui conduisoient à différentes villes.
L une sortoit par la porte de Chalon , pour aller à Tour- v<>ye «l'Autoa nus; elle montoit obliquement la montagne de Couar, àTournw*
passoit a l est , près de la Pyramide , et cotoyoit les mon* tagnes situées au sud-est d'Autun. Elle traversoit le parc de Mootjeu, dans lequel elle existe encore, dans nn espace de plus de 5oo toises; du milieu de ce parc, elle tiroitau sud-est par une ligne un peu courbe, vers les bois du Roi , situés au midi de la paroisse d'Antully , et dans lesquels on la retrouve bien conservée, depuis son entrée, jusqu'auprès de Saint-Sernin-les-Bois. Après une lieue de chemin j elle reparoit encore en bon état pendant une autre lieue ; elle alloit de là au bourg de Buxy et à Sennecey , ou elle se partageoit en deux branches; l'une se dirigeoit vers Tournus , et l'autre au port de la Colonne. Courtépée a parlé de cette dernière (i).
voycd'Attiiw Ladone, après avoir décrit la voye Romaine , <rui alloit d'Autun à Chalon , parle de celle qui conduisoit d'Autun à Mâcpn ; il dit qu'au bas de la montagne de Couar , elle se séparok de celle de Chalon , et passoit par le canton de Mont-Cenis, d'où elle se rendoit à Mâcon. Courtépée dit aussi qu'au bas de la montagne de Suin, dans le Charolois, on a trouvé les traces d'une voye Romaine, qui des bois de Mont-Cenis venoit à Saint-Bonnet-de-Joux , d'oii elle tendoit à Roanne , et qu'une autre branche alloit à Beaujeu; il ajoute qu'on la connoissoit à Montagny, ou l'arche d'un vieux pont existoit encore sur la Grone , et que la voye se retrouvoit aussi à Notre-Dame-d'Avéna , en Mâconnois (a). On ne peut donc révoquer en doute l'existence de cette route, d'Autun àMâcon.
Zoy* d'AuUm Nous ne connoissons aucun auteur qui ait fàit mention
(1) Descript de la Bourgogne , tom» V,pag. 17a. (a) Mi. ton». IV, p. ao.
d'une voye pavée, qui conduisoit d'Autun à Besançon, et qui existe encore en grande partie; elle sortoit par la porte Saint-André, porta Lingonica, et avoit donné le nom de rÉtrier à l'église de Saint-Pierre qui se trouvoit sur cette route; elle traversoit le monticule appelé le Crét, pssoit près de Savigny le jeune et de Saint-Léger-desttois, où elle traversoit TArroux. On la suivoit jusqu'à- Euchey , d'où elle passoit au nord de Thury et descendoit aux Barres, où il y avoit des ruines Romaines (i); de là , cette voye alloit à la chapelle de Rouvray, d'où elle entrait par une inflexion, dans les bois, traversoit la grande route actuelle de Lyon, à peu de distance de la ferme des Bois, passoit très-près de celle de laBretignière, et, après avoir traversé un ruisseau, fourni par deux étangs voisins, elle arrivoit directement au moulin de Monceau. La colonne de Cussy, ce beau monument dont on a parlé si souvent, et sur lequel nous avons nous-mêmes publié une dissertation (a) , n'étoit qu'à environ 200 toises au sud de la voye dont nous parlons , et qui est connue dans tout le pays, sous le nom de chemin Ferré; du moulin de Monceau, elle passoit à Echarnan, à Bouse, sur le Mont- Battois, à 700 toises au sud de Beaune, descendoit près du hameau de Gigny , pour gagner le pont de la Chargeole ; elle entroit ensuite dans la forêt de Borne , pour aller à Ville-Moutier, à Mont-Main, aux Granges, et à Glanon , où elle traversoit la Saône ; elle suivoit la même
COOn J • trouvé, entrWresmonumen» antiques, un beau médaillon d'or d'Àurélien , portant d'an côté U tcte de ce Prince, représenté de l'autre à cheval, avec la légende : Adventm Aiig.
(a) Annales des voyages, tom. III.
direction jusqu'aux bois de Pagny,dans lesquels ellepassok pour venir à Dame -Rougeot, et enfin à Tavaux, oh elle se confondoit avec la route de Chalon à Besançon. On peut encore suivre les traces de cette voye , dans tout son trajet , depuis Autun.
M. Pasumot, qui a parlé de cette voye (i), parottlui avoir donné une fausse direction , en la faisant passer d'Autun à Sully et àMoyelle, ainsi qu'à Pouilly, Pagny et Montigny. Thomassin la faisoit passer mal-à-propos par Dijon et Langres ; l'abbé Relley la conduisoit par Notrc-I)ame-du-Chemin et Nuys; mais Dan ville, éditeur des Eclaircissemens Géographiques de l'abbé Bellcy, a rectifié cette fausse direction , dans sa notice de la Gaule , à l'article Vidubia\ enfin, M. Chevalier (2) a été induit en erreur par la dissertation de M. Normand , sur l'antiquité de Dôle, d'après laquelle il conduisoit la voye d'Autun à Besançon, par Pagny, où il lui faisoit passer la Saône , et par Molay près Tavaux.
L'abbé Gandelot, dans son histoire de Beaune, p. ai3, a dit qu'une branche de la voye d'Autun à Besançon s'en détachoit à la descente du Mont-Battois pour aller à Langres, en passant parle Moutier-Amet et les terres sous Alosse , pour gagner le chemin actuel de Dijon , avec lequel elle se confondoit. Cet auteur s'est trompé sur la direction et le but du chemin dont on a trouvé des traces au-dessus et au-dessous d'Alosse ; il conduisoit à Savigny, et non, pas au Moutier-Amet et au Mont-Battois; il n'avoit aucun des caractères des voyes primitives , et dateroit au
(1) Mémoires géograph.
(a) Mémoires sur Poligoy , tom. I , pag. JLXVIH.
plusj du troisième siècle , époque à laquelle Aurélien ayant donné plus d'importance à Beaune et à Dijon, les communications durent se multiplier aux environs de ces villes. Nous adoptons donc le sentiment de M. Pasumot , qui, dans ses Mémoires géographiques, a dit qu'il n'y avoit eu très-anciennement d'autre communication entre Bibracte (Autun) et Andematunum (Langres) que par la Yoye qui passoit à Alise.
Il y avoit deux .voyes pavées qui conduisoient d' Autun k J|°£d AuMm à Alise , l'une, directement en passant par Mont-Saint- Jean, l'autre, par Arnay-le-Duc et Sombernon. Ces deux voyes réunies, en sortant d Autun par la porte Saint-André, se divisoient au pout Marmotin , et liroient à l'orient et à l'occident; la branche occidentale alloit droit à Alise. Ladone (i) l a nommée via Alesiensis\ Thomas en a aussi parlé ; du pont Marmotin elle alloit à Barnay et à Cordesse , où plusieurs restes d'antiquité ont été découverts ; on en voyoit une portion de plus de 200 toises , bien conservée , près de l'étang qui précède Barnay ; à la sortie de ce. bourg, elle traversoit le ruisseau de Travoux, et passoit à Manlay , où des médailles Romaines ont été recueillies; de là, se dirigeant entre la montagne de l>ard et Marcheseuil , elle tir oit au nord-est par Jonchery et Viecourt , passoit à l'occident de Beurey , et à l'orient de Mont-Saint-Jean, entre Thorey et Charay, pour arriver à Alise par Pouillenay. Cette route , dont on voyoit peu de traces depuis Manlay, étoit cependant bien connue, et mentionnée dans les plans et le terrier de la terre de Thoisy-la-Berchère; on nommoit Atre Pavée , le terrain
(1) Auguttod.anliq.p.6-].
cultivé qui recoûvroit le pavé de la voye; on en a aussi trouvé des restes à Pouillenay ; elle traversoit TOierain au moulin de Berc , au midi de Sainte-Reine.
La seconde branche de la voye d'Autan à Alise , qui tiroit à l'Orient, passoit au Pont de Muse, à Lailly, à Esseï* taines, à Ebruères, à la Chaume, et arrivait à Arnay-ie-Buc, au-dessus du faubourg Saint- Honoré. On la retrouvort de distance en distance , dans ce trajet , surtout dans le* bruyères , entre Lailly et Essertaines. Il y avoit au séminaire de Saint-Sulpice à Paris , un manuscrit in-folio , intitulé , Géographie universelle et particulière, composée des Mémoires de M, Dubuisson d'A ubenay, et dans lequel on trou voit : qu'au village de Lailly , entre Autun et Arnay , le père Viguier Jésuite , avoit vu une colonne militaire arrachée et mutilée par un paysan ; que les débris avoient été recueillis par M. de Boulinieu de Lailly, et qu'il y avoit lu , Limes Roman. Gbnt. On y apercevoit aussi les restes de quelques chiffres.
Thomas, parlant de la voye qui nous occupe , a dit (i) : Litrostatus Ortum habet à Porté Andrœd, reclus admodùm pervertit, ad Burgurn vel propè qui Arnay-le-Duc voca 1 tur. Nous ne pouvons être d'accord avec lui sur la branche qu'il détache de cette voye à Arnay pour aller à Verdun, et dont on n'a jamais pu constater 1 existence. 1
llparoit qu'A m a y est l'endroit qu'Ainmien Marcellin a désigné d'une inauière incomplète , sous le il oui q si r qu'on a voulu expliquer par Arùorosamy Arborignutri > Arbomeum et Arebrigmmtj mais on n'est autorisé par aucune preuve à adopter l'un ou l'autre de ces noms. Il
(0 Lib. XV.
convient mieux , selon nous , d'adhérer au sentiment de l'abbé Reliey (i), qui se trouve d'accord avec la description faite par le Rhéteur Eumènc du Pagus Arebrignus.
Revenons à la Yoye d' Au tua à Langres , qui d'Arnay alloit à Sombernon; elle passoit par Musigny , le long des bois de Mailly , et près du hameau de Yilleueuve , d'où gravissant la montagne entre Pouilly et Créance à Test de la Baume, elle arrivoit à Sombernon; delà jusqu'à Alise, la voye existe presque dans son entier , entre l'Oie et lOzerain; on la reconnoit entre Drée et Saint-Mémin, au-dessus et près de Fontéte, entre Champ-Renaud et Chevanay , Chareneey et Villy , SaJmaise et Jailly, à Haute- Roche , au nord et près de Nailly, à la ferme d'Epernaillé, et sur le Mont Pevenelle, d'où elle aboutissoit à Alise, celte ville célèbre qui occupe it presque tout le sommet dn Mont Auxois. On appeloit dans te pays l'endroit où la voye arrivoit, Cuisine de César (a).
On ne sera pas étonné qu'un si grand nombre de routes vinssent aboutir à Âutun , si on se rappelle que cette ville a existé dans les plus anciens temps , et qu'elle étoit la capitale de l'un des peuples les plus puissans de la Gaule 'y Oppidum Mduorum longé maximum , ( Bi~
Le siège d'Âlctia capitale des Mandubiens , par César ^^9»xmk a> rend** célèbre cette ville, dont il ne reste plus de traces wÇonuar.. aujourd'hui- Cependant un petit village séparé du bourg de Sainte-Reine,. et où se trouve même l'église paroissiale, a conservé le nom d'Alise.. La ville antique ©ecupoit un , . . . . ■
(i) Eclaircissement géograpb. p. 377 et «ûy,
(*) Voy. les lettrei de Morliot , lettre XVIII , ceaiorie I.
(3) Ccuar Commué.
plateau de forme Ovale, d'environ 900 toises de longueur d'orient en occident, et de 4°° toises du sud au nord, sur la montagne appelée depuis Mont Auxois. Toute cette étendue de terrain est à présent cultivée mais la terre y est encore couverte de divers débris de tuiles , de
poteries et d'autres décombres, et on y a fait des découvertes importantes en médailles , bijoux d'or et autres monumens antiques. La montagne est traversée , dans sa longueur, par un chemin très- battu, qqi pourrait avoir été autrefois la rue principale dAlesia; elle a a5o loiëes d élévation et n'est accessible que sur deux points, l'orient et l'occident ; dès rochers à pic en défendent l'abord au' sud et au nord. Le bourg de Sainte -Reine est bâti sur la pente occidentale , et au-dessus est placé le village d'Alise (1).
Quatre branches principales de voyes Romaines Sortoient de l'ancienne ville , ce qui prouve quelle ne fut point ruinée par César après sa capitulation , puisque ces chemins militaires , ne furent construits que sous Auguste;
Des quatre routes qui sortoient î£Ale$ia\ la première à1 l'orient étoit celle qui alloit à Autun par Sombernon .et Arnay , et dont nous venons de parler. Des. trois autres1 placées à l'occident , l'une droit au sud et alloit aussi & à Autun par Pouillenay : nous en, avons donné le détail. Nous allons nous occuper dés deux dernières^ dont uné branche tiroit' au nord-est pour aller à Sens , et l'autre Àte nord, puis au nord-est, pour gagner Langres. ! La voye d'Alise , à Sens , a été bien reconnue; elle pas^ soit TOze environ 400 toises au-dessus des Lawnes , tiroit à Fins-les-Montbar, alloit àMôrmâgne , Montbaret HoUge- COEdairciMcmens géograph. pag. 436.
mont; elle tntvëwoit ensuite TArmançoni, pour gagner directement Fulvy'par les bois y. laissant a droite les villages'de Pet4£ni et {£rî-de-Eu}vr, /elle passe it sous les murs <îé l'ancienne abbaye de La Uharite, pour arriver à Lezines , et à la ville hàùtty deTonWrréydepmsIVougemont il eh existe encore qùekroêr portions y surtout dans les bois. De la haute ville de Tonnërre j la voie'alloit de noiw veau traverser VArmancon» 'au -ttaè à tarafet Elle pàssoift dans les bois de Tonnerre i où elle est màmite bien» conser-* vée- on la retrouve^ aussi une» b*eue avant X)yé:, d'où elle* alloit, par la tuilerie dç Jaulges au village dp Cheu , Cadùcurri , et arrivoit au Bac à Poulet , près Saint-Florentin . On a trbuVé dans cet ehdrok les»'fondemens dîàn ancieâ poWt et jukque*/ > depuis « Alise y la yoye étoit pavée en entier. Après avoir traversé» l\Armançou j elle passait par unè coupure faite daris les rx>chefB , et arrivait ,à Sens paii Avrolles ( XEhurohriga de kk cartâde Peutinger ) , Arcea et '(Cerisiers. ; " ••' i.\ ■-!)?. -s» » : ,' ■„ .
'La- branche^dela voye qui conduisoit)^ 'Alise à Langres^ L»»^>d deséparoit de la précédente 4 au *f>ied, même delà montagne, p0or aller passer la rivière d'Oze au '.Nord.; ;elle'se.dirigeoif alors au nord-nord-est } pour monter entre Meiné-r treux-les-Pitois et Gresigny * «ft continuant jusqu'au-dessus de BussyJle, -Grand; elle passôit delà à Duémes, aux Palus y du àbofltissôient deux chemins "ferrés (1), à Beneuvre y Aujeure, près la verrerie de.Servin, entre les villages Pierre Fontaine et Aprey , i et enfin à Sàint-Géôme , d'où elle arrivoit à Langres par le sud. Elle étoit très-connue et assez bien conservée d'Aujeure à Saint-Géôme.
(.) Detcript.de lafcoorg. , pu- Court épëc , iom. VI , p. 484-
Nous nous sommes écartés, dans ce .détail) de la direc* tion que l'abbé Belley a fait prendre à oette voye , par le pont de Ravouse, Darcey;, Froloi 9 Bagpeux-les-Juiis et Aigncy-le-Duq. rIl a é!tô reconnu que jamais aucune voye Romaine n'a oooftduit d* Alise ait pont. de fyavpuse. L'abbé Belley a suivi la carte de Bourgognp par, Xteliile, qui est très-inexacte dans les positions quelle assigne aux bourgs et villages de ï A usoîsi. La route qu'il fait suivre à la voye par Daroey et Frôlai , auroit abouti au sud-est près de Chanceauxet de SainthSeioe,, etse seroit éloignée de celle de Langrcs qui est an nord-est (i).
k-SS^f^ La Tove d'alise à Langres, dont nous avons parlé, fournissoit une branche qui. condiûsoit àiïroyes, f'ert encore l'abbé Rclley qui en donne le détail,; il di^qu'elle se séparait de la voye de Langres au-dessus de Bussyle-Grand? passoit par Lucenay, Millaines , Larrey , Lansor-Leignes , ville détruite qui existoit près de, l'abbaye de Moléme, alloit à Bar-sur-Seîne et de là à Troyes. JL1 ajoute qu'on en trouve plusieurs portions bien foonservéts, et qu'on la suit jusqu'à la petite rivière deLeignes. Le savant académicien indique une autre voye d'Alise à 1 lavigny, mais il est très-doutenx qu'elle ait existé. Nous ne reconnoîtrons pas non plus pour #oyc Romaine; un chen&in qui conduisoit de Thil-Chatel à Ghâtillonrsur-Seine par Ikrjou, Salive , les Palus, Lourousse , les bois de Mauvilly, et Saint-Germain le Rocheux, d'où. ilarrtvoitàCbàtilLonpar les bois du côté de lest (a). Si rette route était une voye
(i) EeUircÎMen«B« g&grêph. p. 484.
(a) Descript. de 1» Bourgogne, p*r Courtépëe , lom, V, p. 4*4. 484-
Romaine 3 elle devoit venir de PontaiUier à Thil-Chatel , Châtillon , et aboutir à Troyes.
Il y en avoit une plus positivement reconnue de Langres ™T à Tonnerre, par Arc en Barrois , qur traversoit toute la n^1*** ToB" province d'Orient en Occident. Elle sortoitde Lartgres par la porte Romaine occidentale qui fut murée sous le règne de François ; elle descendait par le nord à Humes ^ don elle alloit à Beaucheroin , tfaversoit la Sufee entre Onnancey et Marac, et venoit à Arc. Delà elle traversoit l'Aube , près de Boudreville , passoit à Coùrbau , Brion, les Jumeaux et Montleiot , d on elle traversoit la Seine au pont d*Etrochey : de là , gagnant Larrey , le bourg de Leignes et Gland', après avoir passé la Vêvrés, elle sé dingeoit au bois de la Vaulineuse , traversoit l'Armançon entre Taulay et Saint-Vinnemer, et arrivoit à Tonnerre par les bois de Sébiïle , en s embranchant près de la fermé de Saint-Martin avec la route de Langres. On a reconnu cette voye Romaine dans tout le trajet que nous venons d'indiquer.
Courtépée dit (i) qu'on a aussi trouvé à Ballot les restes d une autre voye qui oondnisoit de Langres à Ton* nerre, et qui auroh été plus courte que la précédente ; du bourg de Leignes , elle auroit passé à Ballot, à Chemin" près Aircy-le-Duc , aux Palus , et dans les bois de Mâu* vîlly. »
La petite ville d'Arc a fait partie delà Bourgogne: nous bJ^tÎ^" devons faire mention d'une voye Romaine qui en sortoit pour aller à Troyes par Latrecey et Ormdis. 11 y en avoit une autre qui conduisoît de Langres à Châlous-sur-Marne ,
(i) DescripU delà Bourgogne, lom. V,p.67.
et . qui pa$soi£ sur< 1^ ^ri^i^P .4'/Arc. Elle se séparpit de la route de Langres à Tonnerre., un peu,, au-delà de Be.aucbeirun , ajjoi^à Marac , formant ? Kiphebourg et la ..Mai- , spn-ReuaijJ; ; elle,» sfurtpit ,aJors de ja Bourgogne pour se rendre a JBar-su^-Àube, . ; ;n i.
iioiTAuîêr ' ^P|US ayons vu.qM'Au^uiiétQitun centre duquel partoicnt, comme dqs rayons, ,un grand nombre d ancieiu^e^ routes -, la jville d>uxerre éWjun point semblable , dp* partoicnt et auquel venoient aboutir des, chemins nombreux qui établissoipnt des communications importantes .avec les villes principales de la Gaule. La grande voye d'Agrippa , de Lyon à Boulogne , par Troyes , trayersojt Aifxerre j il y en avoit d'autres qui alloient à Langres par J pnnerre , à Alise, par Noyers et Montbar , à Neyers par Entrains et Mèvesrsur-Loire; et à Sens par Bandrttum, Il est probable aussi, mais on ne peut en donner aucune preuve, qu'il y avoit une communication directe entre Auxerre etBriarç, Briodurum. Nous avons dit que le premier emplacement d Autissiodurum étoit à-peu-près celui qu'avoit depuis occupé l'abbaye de Saint-J ulien ; c'est de là qu'il faut compter les distances itinéraires. M. Pasumot a traité , dans ses Mémoires géographiques (page 37 ) , des yoyes, anciennes qui sonoient d'Anxerre ; nous nous bornerons donc ici à ce qui peut lui être échappé, et aux détails sur lesquels il n'ajm s'étendre , par défaut de renseignemens suiHsans (i).
vor. d-Au- l^voyeRomaine qui conduisoit à Sens, sortoitd' Auxerre par, le nord ,.«t passoit par }Bandritum. La portion comprise dans la Bourgogne ne s etendoit que jusqu'au pont
(i) Noos donnons ici les denf cartes <jni accompagnoient ses mémoires.
de Bauche , qui séparait cette province de celle de Champagne. La grande route actuelle a remplacé l'ancienne dont on trouvera les détails dans les mémoires géographiques déjà cités.
Nous avons parlé de la voye de Langres à Tonnerre , im»Ti on n'a retrouvé aucune trace de cette ancienne route de- P"T° puis Tonnerre jusqu'à Auxerre , quoique l'abbé Belley ait écrit le contraire (i); cependant on ne peut en révoquer en doute l'existence , qui paraîtrait prouvée par le nom de Nangy-so us-Voie , que porte un village situé à l'est, et à environ une lieue un quart d'Auxerre ; il n'est pas étonnant que le temps et la culture des terres en aient fait disparaître les restes. Elle devoit traverser le Senain, un peu au-dessus de Chablis , et passer par Fley et Serrigny pour gagner- Tonnerre; il est probable que la communication qui a dù exister d'Auxerre à Alise , se séparait de cette voye à peu de distance de Nangy.
-î M. Pasumot a publié le détail de la voye qui sortoit JÎTi£ÎE d'Auxerre pour aller à Nevers par Entrains , et dont une très-petite portion étoit comprise dans la Bourgogne. Elle sortoit d'Auxerre par le Sud-Ouest , et tirait à Ouanne ; nous ne la suivrons pas au-delà.
Nous croyons devoir dire ici quelque chose du chemin qui conduisoit de Dijon au mont Afrique, sur lequel a existé un ancien camp appelé de tous les temps camp de César» On sait que ces espèces de retranchemens étoient toujours placés sur des éminences, souvent isolées, et fortifiées par la nature plus encore que par l'art ; c etoit là que des garnisons Romaines veilloient à la tranquillité et
(i) EcUircis». géograph. p. 324,
à la sûreté du Pays, et avertissoient , par des signaux, les postes correspondais de ce qui se passoit et des secours dont ils avoient besoin. Caylos-a parlé d un. grand nombre d'anciens camps dont remplacement existait 'dans les Gaules , nous avons aussi publié une Notice dans laquelle nous avons cité tous, ceux qui étoient connus (i).
Le chemin qui conduisoit de Dijon au camp du Mont* •Afrique, se dirigeoit de l'est à l'ouest; il avoit environ vingt pieds de largeur, et étoit composé de plusieurs lits de pierres posées de champ , il commençoit pnès du cimetière de 1 Hôpital , il faisoit un coude , et conduisoit par Jos vignes à 700 toises de laviUe, 0» commence la pente des montagnes, couronnées par le Hont^ Afrique. 11 y a environ douze ans, que Ion découvrit dans; rte voisinage de l'ancien camp dout nous venons de parler , uu tombeau qui renfermo il la dépouille dun chevalier; son armure étoit bien conservée, sa devise était gravée sur sun épée, dont la lame étoit ornée dé ciselure et de damasquinure; la forme de ces armes et le. style des orueiuens , paroissoient remonter au i temps des croisades , dans le douzième où le treizième siècle.
Voilà tout ce que nous avons pu recuâllir sur les. voyes Romaines, qui passaient dans la province <le Bourgogne; nous, n'avons pas étendu nos reclierçhes aux chemins d'une construction phi* moderne , et qui durent se multiplier avec le besoin des communications, surtout (tendant que le royaume de Bourgogne se soutint; Pour compléter notre travail il a nroit peut-être été a ipropop d'entrer aussi dans le détail des voyes Romaine», qui, se trou7
(1) Dissertation* cl mémoires in-8.» ( Paris i8ioà i8i5.)
voient dans la Séquanie , qui fut depuis le comté de Pourgogne ; mais dom Jourdain , savant bénédictin , a composé , en 1 7 56 , un mémoire qui ne laisse rien à désirer à cet égard, et qui remporta le prix de l'Académie de Besançon. Nous terminerons donc ici cette notice , déjà assez longue ; l'utilité de ces recherches , pour l'histoire de notre pays , fera sans doute excuser l'aridité du sujet. Nous regrettons seulement, de n'avoir pu joindre à ce travail , une carte générale des voyes Romaines , dont nous avons parlé ; nous avons fait en sorte d'y suppléer par celles qui accompagnoient les mémoires géographiques de Pasumot, et une nouvelle carte de la montagne de Gergovia et de ses environs, qui a été gravée par nos soins.