UNE DES JEUNES FILLES ISRAÉLITES
Ciel l qui nous défendra, si tu ne nous défends?
HAnOOCRÉE.
Laissez les pleurs, Esther, à ces jeunes enfants. En vous est tout Tespoir de vos malheureux frères; Il faut les secourir : mais les heures sont chères ^ Le temps vole, et bientôt amènera le jour Où le nom des Hébreux doit périr sans retour. Toute pleine du feu de tant de saints prophètes >, Allez, osez au roi déclarer qui vous êtes.
ESTHER
Hélas! ignorez-vous quelles sévères lois
Aux timides mortels cachent ici les rois?
Au fond de leur palais leur majesté terrible
Affecte à leurs sujets de se rendre invisible;
Et la mort est le prix de tout audacieux
Qui, sans être appelé, se présente à leurs yeux ,
Si le roi, dans Tinstant, pour sauver le coupable,
Ne lui donne à baiser le sceptre redoutable.
Rien ne met à Tabri de cet ordre fatal,
Ni le rang, ni le sexe ; et le crime est égal.
Moi-même, sur son trône, à ses côtés assise,
Je suis à cette loi, comme une autre, soumise ;
Et sans le prévenir, il faut, pour lui parler,
Qu'il me cherche, ou du moins qu'il me fasse appeler.