LIVRE II. 4i
D'un enfant d'Israël voilà le vrai partage: Trop heureuse pour lui de hasarder voa jours! Et quel besoin son bras a-tp-il de ncs secours? Que peuvent contre lui tous les rois de la terre ? En vain ils s'uniraient pour lui faire la guerre : Pour dissiper leur ligue il n'a qu'à se montrer; 11 parle, et dans la poudre il les fait tous rentrer. Au seul son de sa voix la mer fuit, le ciel tremble : Il voit comme un néant tout l'univers ensemble; Et les faibles mortels, vains jouets du trépas Sont tous devant ses yeux comme s'ils n'étaient pas. S'il a permis d'Aman Taudace criminelle Sans doute t^u'il voulait éprouver votre zèle. C'est lui qui, m'excitant à vous oser chercher, Devant moi, chère Eslher, a bien voulu marcher : Et s'il faut que sa voix frappi en vain vos oreilles, Nous n'en verrons pas moins éclater ses merveilles. Il peut confondre Aman, il peut briser nos fers Par la plus faible main qui soit dans l'univers ; Et vous, qui n'aurez point accepté cette grâce, Vous périrez peut-être, et toute votre race '.
ESTHER
Allez : que tous les Juifs dans Suse répandus,
A prier avec vous jour et nuit assidus,
Me prêtent de leurs vœux le secours salutaire.
Et pendant ces trois jours gardent un jeûne austère.
Déjà la sombre nuit a commencé son tour :
Demain, quand le soleil rallumera le jour.
Contente de périr, s'il faut que je périsse.
J'irai pour mon pays m'offrir en sacrifice.
BACisn.