Le réveil des oiseaux
Le merle s'élève secouant la rosée de ses plumes brillantes* ^ Le voilà qui aiguise son bec sur la branche, et, de rameau en * rameau , sautille jusqu'au sommet de l'érable où il a dormi , étonné de voir que presque tout sommeille encore dans la forêt , î quand l'aube du jour a remplacé la nuit. Deux fois, trois fois, il i lance sa fanfare aux échos de la montagne et de la vallée, qu'un épais brouillard lui dérobe encore. \
De minces colomies de fumée blanchâtre s'échappent du toit des chaumières; les chiens jappent autour des fermes, et les clochettes sonnent au cou des vaches. Les oiseaux quittent alors i leurs buissons, agitent leurs ailes, et s^élançent dans les airs pour ^ saluer le soleil qui vient une fois de plus leur donner sa bienfaisanté lumière. Plus d'un pauvre petit moineau se réjouit d'avoir échappé aux dangers de la nuit. Perché sur une petite branche, il avait cru pouvoir dormir sans crainte, la tête ensevelie sous ses plumes, quand, à la lueur d'une étoile , il a vu se glisser dans les arbres la chouette * silencieuse, méditant quelque forfait. La touine * était venue du fond de la vallée, Thermine était descendue du rocher, la martre des sapins avait quitté son nid, le renard rôdait dans les broussailles. Tous ces ennemis, le pauvre petit les avait vus pendant cette nuit terrible. Sur son arbre, à terre, dans l'air, partout la destruction le menaçait. Qu'elles avaient été longues ces heures où, n'osant bouger, il n'avait pour protection que les jeunes feuilles qui le cachaient ! Aussi , maintenant quel plaisir pour lui de s'élancer à tire-d'aile, de vivre en sécurité, protégé, défendu par la lumière.
1. La chouette. Oiseau de proie nocturne. La fouine, Phermint, ië maître Quadrupèdes carnassiers qui font la guerre aux petits oiseaux, et ainsi que la chonsUe les attaquent surtout pendant la nuit.
LIVRB III. 457
Le pinson lance à plein gosier sa note claire et sonore; le rougegorge chante au faîte du mélèze ' , le chardonneret dans les aunes*, le bruant et le bouvreuil sous les ramées. La mésange, le roitelet et le troglodyte ^ confondent leurs voix. Le pigeon ramier roucoule, et le pic frappe son arbre. Mais au-dessus de ces cris joyeux retentissent les notes mélodieuses de l'alouette des bois et rinimitable chant de la grive.