‹ Recueil de morceaux choisis de prose et de vers, avec des notes pour l'intelligence du texte et l'étude de la langueChapitre 254 sur 466 · I. PSSPARATXF8 BT DSFABT DB L'AVANT-G ABDB · texte numérisé non relu

I. PSSPARATXF8 BT DSFABT DB L'AVANT-G ABDB

Toutes ces dispositions étaient achevées; les troupes commençaient à paraître; le général Bonaparte , établi à Lausanne *, les inspectait toutes, leur parlait, les animait du feu dont il était plein, el les préparait à Timmorteile entreprise qui devait prendre place dans Thistoire à côté de la grande expédition d'Ânnibal *, Il avait eu soin d't)rdonner deux inspections : une première à Lausanne, une seconde à Villeneuve*. Là, on passait en revue chaque fantassin, chaque cavalier; et, au moyen de magasins improvisés âans chacun de ces lieux, on fournissait aux hommes les souliers, les vêtements, les armes qui leur manquaient. La précaution était bonne, car, malgré toutes les peines qu'il s'était données, le premier consul voyait souvent arriver de vieux soldats dont les vêtements étaient usés , dont les armes étaient hors de service. Il s'en plaignait vivement, et faisait réparer les omissions dont la précipitation ou la négligence des agents, toujours inévitable à un certain degré, était la cause. Il avait poussé la prévoyance jusqu'à faire placer au pied du col des ateliers de bourreliers, pour réparer les harnais de Tartillerie. 11 avait écrit lui-même plusieurs lettres sur ce sujet, en apparence si vulgaire ; et nous citons cette circonstance pour Tinstruction des généraux ei des gouvernements À qui la vie des hommes est confiée, et qui ont souvent la paresse o« la vanité de négliger de tels détails. Rien, en effet, de ce qui peut contribuer au succès des opérations, à la sûreté des soldats,

!• n 8*Bgit du siège do Saint-Jean-d'Aere, ville forte de la Syrie (1799).

2' Le général Bonaparte^ alors premier consul, allait, dans Tlmmortelle cain- P&gne de 1800, chasser de Tltalie les Autrichiens, maîtres de tout le bassin du PÔ. - Le eolûVL Saint-Bernard est situé an nord-est du mont du même nom, dans lés ^pes pennines (entre le mont Blanc et le mont Saint-Gothord), et conduit sur le revers italien dans le val d'Aoste.

3- Lausanne, Tille suisse, sur le revers oriental du mont Jura, capitale dn can- ^ fle Vaud. — Villeneure, petite ville suisse, k Textrémlté orientale du lac de Gen^e. — Hartlgny, petite ville suisse, canton du Valais, à rouverture de la vallée de la Drance que suit la route qui conduit au eoi du Saint-Bernard. — Salnt-Pierre, village entre Martlgny et le couvent du Saint-Bernard. — Saint- Bemy, village sur le revers méridional des Alpes li deux lieues dn col. ^Annibttl, général carthaginois, qui conduisit son armée deVEspagne en Italie «a franchisMUt les Alpes et qui mit Borne à deux doigts de sa perte.

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n'est au-dessous du génie ou du rang des chefs qui commandent.

Les divisions étaient échelonnées depuis le Jura jusqu'au pied du Saint -Bernard, pour éviter l'encombrement. Le premier consul était à Martigny ', dans un couvent de Bernardins. De là il ordonnait tout, et ne cessait de correspondre avec Paris et avec les autres armées de la République. 11 (it donner enfin l'ordre du passage. Quant à lui , il resta de ce côté-ci du Saint- Bernard, pour correspondre le plus longtemps possible avec le gouvernement et pour tout expédier lui-même au delà des monts. Berthier ^ au contraire, devait se transporter de l'autre côté du Saint-Bernard pour recevoir les divisions et le matériel que le premier consul allait lui envoyer.

Lannes * passa le premier, à la tète de i'avant-garde, dans la nuit du 44 au 45 mai. Il commandait six régiments de troupes d'élite parfaitement armés, et qui, sous ce chef bouillant, quelquefois insubordonné, mais toujours si habile et si vaillant, allaient tenter gaiement cette marche aventureuse. On se mit en route entre minuit et deux heures du matin , pour devancer rinstant où la chaleur du soleil faisant fondre les neiges, précipitait des montagnes de glace sur la tête des voyageurs téméraires qui s'engageaient dans ces gorges affreuses. II fallait huit heures pour parvenir au sommet du col , à l'hospice même du Saint-Bernard, et deux heures seulement pour redescendre à Sainl-Remy *. On avait donc le temps de passer avant le momeal du plus grand danger. Les soldats surmontèrent avec ardeur les difficultés de cette route. Ils étaient fort chargés, car on les avait obligés à prendre du biscuit pour plusieurs jours, et avec du biscuit une grande quantité de cartouches. Ils gravissaient ces sentiers escarpés, chantant au milieu des précipices, rêvant la conquête de cette Italie, où ils avaient goûté tant de fois les jouissances de la victoire, et ayant le noble pressentiment de la gloird immortelle qu'ils allaient acquérir. Pour les fantassins, la peine était moins grande que pour les cavaliers. Ceux-ci faisaient la route à pied, conduisant leur monture par la bride : c'était sans danger à la montée, mais à la descente, le sentier fort étroit les obligeant à marcher devant le cheval, ils étaient exposés, si l'animal faisait un faux pas, à être entraînés avec lui dans les précipices. Il arriva en effet quelques accidents de ce genre, mais en petit nombre, et il périt quelques chevaux, mais presque point

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