L'alMiiM et le li^kear d«B» la iii«Moerlt
L*ordre, réconomie, le travail, un petit commerce et surtout la frugalités nous entretenaient dans Taisance'. Le petit jardin produisait presque assez de légumes pour les besoins de la maison, l'enclos^ nous donnait des fruits, et nos coings*, nos pommes, nos poires, confits au miel de nos abeilles, étaient durant Tliiver, pour les enfants et pour les bonnes vieilles, les déjeuners les plus exquis. Le troupeau de la bergerie d» Saint-Tbomas habillait de sa laine tantôt les femmes et tantôt les enfants ; mes- tantes la filaient ; elles filaient aussi le chanvre du champ qui nous donnait du linge; et les soirées, où, à la lueur d'une lampe qu'alimentait rhuile de nos noyers, la jeunesse du voisinage, venait teiller ^ avec nous ce beau chanvre, formaient un tableau ravissant. La récolte des grains de la petite métairie * assurait notre subsistance; la cire et le miel des abeilles, que l'une de mes tantes cultivait avec soin, étaient un revenu qui coûtait peu de frais; l'huile exprimée de nos noix encore fraîches avait une saveur* une odeur que nous préférions au goût et au parfum de cellede l'olive. Nos galettes de sarrasin % humectées, toutes brûlantes, de ce bon beurre du Mont-Dore% étaient pour nous le plus friand régal. Je ue sais pas quel mets nous eût paru meilleur que nos raves et nos cb&taignes ; et en hiver, lorsque ces belles raves grillaient le soir à l -entour " du foyer, ou que nous entendions, bouillonner l'eau du vase où cuisaient ces châtaignes si savoureuses** et si douceSf le cœur nous, palpitait de joie. Je me sou-
1. La frugalité* Babltnde de se nonirtr de raete eliiiplet et peu T«ri4p»
3. Aisance, État oU Ton peut Batie&lre fitciHment à toas les besoins de la vie 8. L'enclos* Petit champ toUIu de la maison d'habitation, entouré d'une haio
on d*nn mnr» et oh Ton cnltive les fimits et les légumes pour le ménage.
4. Coiajfê. Espèce de grosses poires, Jaunes, dures, qni se mangent cultes et. q^i serrent k fsim des conipotea et. des confitures.
fi. Teilier, Casser la Uge du cbaavre pour en extraire la filasse qui y est. attachée. Cette opération facUe et peu pénible se fait pendant les vcilléci, et dontio lien, dans la campagne, k des réunions fort Joyeuses.
6. Métairie. Domaine dont les récoltes sont partagées entre le propriétaire du du sol et le laboureur qui le cultive.
7. Sarrasm. Connu aussi sons le nom de blé noir, k cause de la couleur de son grain, de la grosseur de celui du blé, mais tailléi en angle. Il se sbme ea été. lia fleur est blanche, et on le récolte en automne. Son grajln, réduit en farine, donne on pain grossier. 11 sert aussi k nourrir la volaille.
8. Mùut-Dore. Montagne d'Auvergne entre le Puy-de-DÔme et le Cantal.
9. A l'entour du foyer. A l'eutour est un adverbe et ne peut avoir de régime. 11 faudrait dire autour du foyer.
10. Sopoureusee, Qui a une bonne tapear, oui e&t tapide^ mots da la même
viens aussi du parfum qu'^halait un beau coing Wlti sous la cendre, et du plsûgÂr qu'avait notre graud'uièm à le partager entre nous. La plu& sobre dea femmes nous rendait Uius gourmands. Ainsi, dans un ménage où. rien n'était perdu, de>petits objets réunis entretenaient une sorte d*aisance, et laissaient peu de dépense à faice pour suffire à tous nos besoins. Le bois mort dans les forêts voisines était en abondance et presque en nonvaleur * ; il était permis à mon père d'en tirer sa provision. L'excellent beurre de la montagne et* les fromages les plus délicats étaient communs et coûtaient peu ; le vin u'élait pas cher, et mon père lui-naéme en usait sobrement'.
IT. — Le f rinon.
Ua pauvre petit grillon ,
Caché dans l'herbe fleurie, Regardait uu papillûn.
Vdtigeant ds^s la prairie.
L'insecte ailé brillait deS: pluS; vives couleurs*: L'azur, le pourpre et For éclataient sur ses ailes; Jeune, beau, peiit-maiire, il court de fleurs en ûeura,
Prenaiit et quittanti les plus belles.
« Âhl disait le grillon, que son sort et le mien
Sootdjfréreat&l Dajue Nature
Pour lui fit tout) et pour moi rien.
Je n'ai point.de talents, encor moins do: figure; Nu) ne prend garde à moi, Ton m'igpore ici-bas :
Autant vaudrait n'exister pas. »
Comme il parlait, dans la prairie.
Arrive une trpupe d'enfant^ :
Aussitôt les voilà courants.
Aprèa ce piapillon dont ils ont tous envie. Chapeaux, mouchoirs, boxiuels^ servent eu l'attraper; L'inisecte vainement cbetid» à leur échapper;
H devient bientôt leur conquête.
L'un le saisit par l'aile, un autre par le corps; Un troisième survient, et le prend par la télé. :
11 ne fallait pas tant d'efforts
1. En non-valeur. Sans yaleur eff<ectiy& Le. bois, mort ëtant oonmnin- ômm !«• grandes forêts u.^ a paç-tiue rslevrr^iBAUev paoce <|b*oix> ne- trouve' pevsenae pour racheter.
3. Sobrement. Modérchnent, en petite quantité. DelkU cUAfraaee entve^/Hv»- UU et sobriété.
Pour déchirer la pauvre béte.
« Oh ! oh ! dit le grillon, je ne suis plus fâché; Il en coûte trop cher pour briller dans le monde. Combien je vais aimer ma retraite profonde I »
Pour vivre heureux, vivons caché».
Flobiav.