‹ Recueil de morceaux choisis de prose et de vers, avec des notes pour l'intelligence du texte et l'étude de la langueChapitre 305 sur 466 · La pradenM et ramblilon · texte numérisé non relu

La pradenM et ramblilon

c Pourquoi ces éléphants, ces armes, ce bagage,

Et ces vaisseaux tout prêts à quitter le rivage ? >

Disait au roi Pyrrhus un sage confident,

Conseiller très-sensé d'un roi très-imprudent •.

« Je vais, lui dit ce prince, à Rome où Ton m'appelle. —

Quoi faire ? — L'assiéger. — L'entreprise est fort belle,

£t digne seulement d'Alexandre ou de vous :

Mais, Rome prise enfin, seigneur, où courons-nous ? —

Du reste des Latins la conquête est facile. —

Sans doute, on peut les vaincre : est-ce tout? — ta Sicile

De là nous tend les bras, et bientôt, sans effort,

Syracuse reçoit nos vaisseaux dans son port. —

Bornez-vous là vos pas? — Dès que nous l'aurons prise,

Il ne faut qu'un bon vent, etCarthage est conquise.

Les chemins sont ouverts : qui peut nous arrêter? —

Je Vous entends, seigneur, nous allons tout dompter :

Nous allons traverser les sables de Lybie*,

Asservir en passant l'Egypte, l'Arabie,

Courir delà le Gange* en de nouveaux pays,

Faire trembler le Scythe aux bords du Tanaïs •,

Et ranger sous nos lois tout ce vaste hémisphère.

Mais, de retour enfin, que prétendez-vous faire? —

Alors, cher Qnéas, victorieux, contents, ,

Nous pourrons rire à Taise et prendre du bon temps.—

Eh ! seigneur^ dès ce jour, sans sortir de l'Épire,

Du matin jusqu'au soir, qui vous défend de rire ? »

1. la méfiance est r^cès de la défiance et oa prend en manvaiM part. La dëflance est lonrent une qualité commandée par les circonstances, la méfiance est presque toujours un dé&ut.

3. Bol d*une pauvre, mais belliqueuse contrée de la Or^, l'iépire, Pyrrlma essayait de refaire l'empire d'Alexandre, et entrait en lutte avec Berne (MO arant J.-C.) Pyrrhus disait de son conseiller Cinéas : « Il m'a donné plus da TlUes par son éloquence que je n'en ai emporté par les armes, n

Page 1