‹ Recueil de morceaux choisis de prose et de vers, avec des notes pour l'intelligence du texte et l'étude de la langueChapitre 370 sur 466 · Le Maavata fllt · texte numérisé non relu

Le Maavata fllt

Imaginez une chambre où le jour n'entre guère que par la * porte, quand elle est ouverte, ou que par une ouverture carrée pratiquée auKlessus de la porte, quand elle est fermée. Tournez les yeux autour de cette chambre triste, et vous n'y verrez qu'indigence. H y a pourtant, sur la droite, dans un coin, un lit qui ne parait pas trop mauvais; il est couvert avec soin. Sur le devant, du même côté, un grand confessionnal * de cuir noir oii l'on peut être commodément assis : asseyez-y le père du 61s ingrat. Attenant à la porte, placez un bas d'armoire, et, tout près du vieillard caduc', une petite table sur laquelle on vient de servir un potage.

Malgré le secours dont le fils aîné de la maison peut être à son vieux père, à sa mère et à ses frères, il s'est enrôlé; mais il ne s'en ira point sans avoir mis à contribution ces malheureux. Il vient avec un vieux soldat; il a fait sa demande. Son père en est indigné ; il n'épargne pas les mots durs à cet enfant dénaturé

1. U glaivt (méUpbore) penoonifle let dangers eztérienn oomme leremorda aprime les tourments intëriears.

3. Confessionnal. On nommait ainsi certains fisateails da temps.

3. Caittc. u Qui tombe, faible, débile. •> Racine ea, cad, dtf^casnel, ooeaston, cadence, décadence, accident, incident, occident, coïncider.

qui ne connaît plus ni père, ni mère, ni devoirs, et qui lui rend injures pour reproches. On le voit au centre du tableau; il a Tair violent, insolent et fougueux ; il a le bras droit élevé du côté de son père, au-dessus de la tète d'une de ses sœurs ; il se dresse sur ses pieds; il menace de la main; il a le chapeau sur la tête; et son geste et son visage sont également insolents. Le bon vieillard, qui a aimé ses enfants, mais qui n'a jamais souffert qu'aucun d'eux lui manquât, fait effort pour se lever, mais une de ses filles, à genoux devant lui, le retient par les basques de son habit. Le jeune libertin est entouré de Talnée de ses sœurs, de sa mère et d'un de ses petits frères. Sa mère le tient embrassé par le corps, le brutal cherche à s'en débarrasser, et la repousse du pied. Cette mère a l'air accablé, désolé; la sœur aînée s'est interposée enire son frère et son père : la mère et la sœur semblent, par leur attitude, chercher à les cacher l'un à l'autre. Celle-ci a saisi son frère par son habit, et lui dit, par la manière dont elle le tire : « Malheureux, que fais-tu? tu repousses ta mère, tu menaces ton père; mets-toi à genoux et demande pardon. » — Cependant, le petit frère pleure, porte une main à ses yeux, et pendu au bras droit de son grand frère, il s'efforce à l'entraîner * hors de la maison. Derrière le fauteuil du vieillard, le plus jeune de tous a l'air intimidé et stupéfait*. A l'autre extrémité de la scène, vers la porte, le vieux soldat qui a enrôlé et accompagné le 61s ingrat chez ses parents, s'en va, le dos tourné à ce qui se passe, son sabre sous le bras, et la tète baissée. J'oubliais qu'au milieu de ce tumulte, un chien placé sur le devant l'augmentait encore par ses aboiements'.

DiDEBOT.

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