‹ Recueil de morceaux choisis de prose et de vers, avec des notes pour l'intelligence du texte et l'étude de la langueChapitre 38 sur 466 · L'flocrée aa-cwRége · texte numérisé non relu

L'flocrée aa-cwRége

Accablé de caresses, baigné de douces larmes et chargé de bénédictions, je partis avec mon père : il me portait eacroupe.%. et le cœur me battait de joie. Mais il me battit dô frayeur quand mon'père médit ces mots : « On m'a promis, mon fils, que vousseriez reçu en quatrième' ^; si vous ne Têtes pas, je vous ramène, et tout sera fini, n' Jugez avec quel tremblement je parus devant le régent qui allait décider de mon sort. Heureusement c'était ce bon P. Malosse dont j'ai eu tant à me louer : il y avait dans son regard, dans le son de sa voix, dans sa physionomie, un caractère de bienveillance si naturel et si sensible, que son premier abord annonçait un ami à l'inconnu qui lui parlait. Après nous avoir accueillis avec celte grâce touchante, et invité mon père à< revenir sav^r quel serait le succès de l'examen que j'allais subir, me voyant encore bien timide , il commença par me rassurer ; ensuite pour épreuve, il me donna un thème * : ce thème était rempli de difficultés presque toutes insolubles.^ pour moi. Je le

1. Bagatelle. Bemarqùer cette Interjêctloii ayant le même sens que bab! allons doncl

3. Aubaine. Bien qui arrive inopinément. AUuaion an droit que s'arrogeaient les habitants de certains pays sur les biens des étrangers q«i venaient parmi eux.

8. Dègeûte. Opposé de goûté par suite de la préfixe dit comme détagrtmente et agréments. Les dégoûts qui accompagnent d'ahord Tétude, comme les épines <i,ui cachent la châtaigne, rappellent le vers : Vécorce en est amère, et le fruit e»^ est deux.

4. £» craupt. Le pèm était achevai, et Teafiint étsit placé- denrière hii, sur la rronpe da cheval. C'est ce> qu'on apf^lait monter, porter en croupe.

5. En quatrième. Dans la quatrième classe. La force d«s classes au4pneiite h Desnre que le chifRre du numéro d'ovdre diminue ; ainsi la neuvième classe est la Aus faible.

6. Thème. Passage écrit en français qu*U faut traduire^ c'est-it-dire mettre en «atin, en anglais, en allemand, etc.

7. Insoluble*. Non eolublee, m négatif. Soluble, qui peut être résolu; insoluble^ qui ne le peut paa.

fis mal, et après ravoir lu : « Mon enfant , me dit-il , vous êtes bien loin d*être en état d'entrer dans cette classe ; vous aurez même bien de la peine à être reçu en cinquième. » Je me mis à pleurer. « Je suis perdu, lui dis-je ; mon père n'a aucune envie de me laisser continuer mes études; il ne m'amène ici que par complaisance pour ma mère , et en chemin il m'a déclaré que si je n'étais pas reçu en qualrième, il me ramènerait chez lui : cela me ferait bien du tort, et bien du chagrin à ma mère. Âh! par pitié, recevez-moi ; je vous promets d'étudier tant, que dans peu ' vous aurez lieu d'être content de moi. » Le régent, touché de mes larmes et de ma bonne volonté, me reçut, et dit à mon père de n'être pas inquiet de moi ; qu*il était sûr que je ferais bien.

Le lendemain de mon arrivée , comme je me rendais le matin dans ma classe, je vis à sa fenêtre mon régent qui , du bout du doigt, me fît signe de monter chez lui. « Mon enfant, me dit-il, vous avez besoin d'une instruction particulière et de beaucoup d'étude pour atteindre vos condisciples : commençons, par les éléments ' et venez ici, une demi-heure avant la classe, tous les matins, me réciter les règles que vous aurez apprises ; en vous les expliquant, je vous en marquerai l'usage. » Je pleurai aussi ce jour-là, mais ce fut de reconnaissance. En lui rendant grâces de ses bontés, je le priai d'y ajouter celle de m'épargner, pour quelque temps , l'humiliation d'entendre lire à haute voix mes thèmes dans la classe. Il me le permit, et j'allai me mettre à l'étude. Je ne puis dire assez avec quel tendre zèle il prit soin de m'instruire, et quel attrait il sut donner à ses leçons. Au seul nom de ma mère, dont je lui parlais quelquefois , il semblait en respirer l'âme, et quand je lui communiquais les lettres où l'amour maternel lui exprimait sa reconnaissance, les larmes lui coulaient des yeux.

Mabmoktsl.

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