‹ Recueil de morceaux choisis de prose et de vers, avec des notes pour l'intelligence du texte et l'étude de la langueChapitre 394 sur 466 · Génie et apdtade «ee Gartliaf inols peur le eommerce · texte numérisé non relu

Génie et apdtade «ee Gartliaf inols peur le eommerce

Le commerce était, à proprement parler, l'occupation de Carthage, Tobjet particulier de son industrie, son caractère propre et dominant; c'en était la plus grande force et le principal soutien; en un mot, le commerce peut être regardé comme la source de la puissance des conquêtes, du crédit et de la gloire des Carthaginois. Situés au centre de la Méditerranée, et prêtant une main à l'Orient et l'autre à l'Occident^, ils embrassaient par l'étendue de leur commerce toutes les régions connues, et le portaient sur les côtes de l'Espagne, de la Mauritanie, des Gaules» au-delà du détroit et des colonnes d'Hercule*. Ils allaient partout acheter à bon marché le superflu de chaque nation, pour le convertir à l'égard des autres en un nécessaire qu'ils leur vendaient fort chèrement. Ils tiraient de TËgypte le fin lin, le papier^ le blé, les voiles et les câbles pour les vaisseaux; des côtes de la mer Rouge, les épiceries, l'encens, les aromates, les parfums, l'or, les perles et les pierres précieuses ; de Tyr et de la Phénicie , la pourpre et l'écarlate, les riches étofies, les meubles somptueux, les tapisseries et les différents ouvrages curieux et d'un travail recherché : en un mot, ils allaient chercher en diverses contrées tout ce qui peut fournir aux nécessités et contribuer aux commodités^ au luxe , aux délices de la vie. Â leur retour , ils rapportaient en échange le fer, l'étain, le plomb et le cuivre des côtes occidentales; et par la vente de toutes ces marchandises, ils s'enrichissaient aux dépens de toutes les nations, et les met-

1. Image pittoresque et grande, complétëe par la mëtapbore lalTante : Ils embrassaient.— Orient, • Qai natt,» côté oh le soleit naît, se lève, delà famille d'origine; Occident, « qui tombe, » côté oU le soleil tombe, se conche; famille de cadence, casaél^ etc.

2. Le détroit de Gibraltar. Après avoir mis en communication la mer Méditerranée et Tocéan Atlantique, en séparant les monts Calpé et Abyla, Hercule, disaiton, «Tait élevé une colonne sur cbaque rive.

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taieni à une espèce de contribution d'autant plus s4re qu'elle était plus volontaire.

Bn se rendant ainsi les facteurs* et tes négociants de tous les peuples, ils étaient devenus les princes de la mer *, le lien de l'Orient, de l'Occident et du Midi, et le canal nécessaire de leur communication; ils avaient rendu Carthage la ville commune de toutes les nations que la mer avait séparées , et le centre de leur commerce.

Les plus considérables de la ville ne dédaignaient pas de faire le négoce. Ils s'y appliquaient avec le même soin que les moindres citoyens, et leurs richesses ne les dégoûtaient jamais de Tassiduité, de la patience et du travail nécessaires pour les augmenter. C'est ce qui leur a donné l'empire de la mer^ ce qui a fait fleurir leur république, qui l'a mise en état de le disputer à Rome môme, et qui Ta portée â un si haut degré de puissance, qu'il fallut aux Romains plus de quarante années d'une guerre cruelle et douteuse pour dompter celte 6ère rivale. Enfin, Rome triomphante ne crut pouvoir l'assujettir et la Subjuguer entièrement, qu'en lui ôtant les ressources qu'elle eût encore pu trouver dans le négoce, qui, pendant un si long temps, l'avait soutenue contre toutes les forces de la république.

Au reste, il n'est pas étonnant que Carthage, sortie de la première école du monde pour le commerce, je veux dire de fyr, y ait eu un succès si prompt et si constant. Les mêmes vaisseaut qui conduisirent ses fondateurs en Afrique, après le transport, leur servirent pour le négoce. Ils commencèrent à s'établir sur les côtes d' Espagne, dans quelques ports qui leur furent ouverts pour y débarquer leurs marchandises. Les commodités et les facilités qu'ils y trouvèrent leur firent naître la pensée de conquérir ces vastes régions ; et dans la suite Carthage la neuve, ou Carthagène, donna aux Carthaginois en ce pays-là un empire presque*égal à celui que l'ancienne possédait en Afrique.

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