La classe eu voyag:e
Le temps, de ses fréquents voyages était favorable pour nous. 11 nous menait presque toujours avec lui, et son carrosse devenait une espèce déclasse où nous avions le bonheur de travailler sous les yeux d'un si grand maître. On y observait une règle presque aussi uniforme que si nous eussions été dans le lieu de son séjour ordinaire.
Après la prière des voyageurs par laquelle ma mère commençait toujours sa marche, nous expliquions les auteurs grecs et latins qui étaient l'objet actuel de notre étude. Mon père se plaisait à nous faire bien pénétrer le sens des passages les plus diffit iles; et ses réflexions nous étaient plus utiles que cette lecture même* . Nous appremons par cœur un certain nombre de vers qui excitaient en lui, lorsque nous les récitions, cette espèce d'enthousiasme^ qu'il avait naturellement pour la poésie; souvent même il nous obligeait à traduire du français en latin pour suppléer aux thèmes que le voyage ne nous permettait pas de faire. Une lecture commune de quelque livre d'histoire ou de morale succédait à ces exercices , ou bien chacun suivait son goût dans une lec-
1. Il ne snfBt paa de lire un morceaui ce qui ne satisfait que la curioaité. Il latit s'en appropriei: la substance, et pénétrer le sens des pensées qui le composent, en se rendant compte de la forme des expressions et des tours qui bcr< vent k les exprimer.
2 ly enthousiasme. L'enthousiasme est Témotlou vive et passionnéo. qu'une âme sensible éprouve à la vue de ce qui est beau, grand, bon, dans V idre mora] «ommo dans l'ordre pliysluue.
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ture particulière; car une des cboaei^ qu'il nous inspirait le plus, sans Texiger absolumiçnty était que nous eussions toujours qnetque livre de choix pour le lire, après nos études ordinaires, afib de nous accoutumer par là à nous passer du seeours d'un maltf e>, et à contracter Lon-seulement l'habitude, mais Tamour du U^rail *.
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