LIVRE PREMIRR
saîre, je disais en moi-mêrae : Ne donnons pas trop pour le sifflet \ et j'épai^nais mon argent.
Frasklih.
^ 35. — Le rat et le raton.
Un vieux rat au lit de la mort'> A son fils qui pleurait et se lamentait fort
Pour testament* tint ce langage :
c Je te laisse, mon fils, assez ample héritage;
De noix, de fromage et raisin *
Tu trouveras plein magasin.
Jouis de mes travaux : si tu veux être sage, Quand tu vivrais cent ans encore, et davantage,
Tu n'en verrais jamais la fin.
Mais prends garde à la friandise; "^
(l'est un écueil ^ : les lardons ' gras Presque toujours sont de la mort aux rats\
Fuis, n'en appioche en nulle guise *,
Sinon, je le le prophétise.
Pauvre raton, tu périras.
Le oie! te garde et t'en préserve. »
Disant ces mots il Tembrass^a, Et d^ns le mAme instant le bonhomme passa *. Le fils maître des biens qu'avait mis en réserve Son cher papa défimt, d'abord s'en engraissa; Mais tôt apr^s '*, trouvant la chère trop bourgeoise »*, De fromage et de noix enfin il se lassa.
1. C*eftt-k-dire ponr les ctaosea qui ne mo profiteraient pas plus que le ■ifflet.
S. Ut de h Mort. Sar le point de mourir, sur le lit, oU il allait mourir.
8' Tettamcnf. Déclaration écrite on rerbale par laquelle on dispose de ses biens, fit on fait eo:Mi.iltre ses dernières volontés.
^- Et rtUain. Remarquez , avec l'inversion de la phrase , la supprcAsion de la préposition de par une licence autorisée quelquefois en poésie , et la suppression de Tartide dans « assez ample héritage, plein magasin. »
5. Écueil. ISocher caclid sous la mer oh les vaisseaux viennent se briser. Signifie ici, au figuré, un danger.