‹ Recueil de morceaux choisis de prose et de vers, avec des notes pour l'intelligence du texte et l'étude de la langueChapitre 76 sur 466 · L'abeille et U mooclie · texte numérisé non relu

L'abeille et U mooclie

Un jour une abeille aperçut une mouche auprès de sa ruche (. « Que viens-lu faire ici? lui dit-elle d'un ton furieux. Vraiment, c'est bien à toi, vil aninal, à le mêler avec les reines de l'air 1 — Tu as raison, répondit froidement la mouche : on a toujours tort de s'approcher d'une nation aussi fougueuse que la vôtre. —Rien n'est plus sage que nous, dit Tabeille : nous seules avons des lois et une république bien policée ; nous ne broutons que des fleurs odoriférantes; nous ne faisons que du miel délicieux, qui égale le nectar'. Ote-toi de ma présence, vilaine mouche importune, qui ne fais que bourdonner et chercher ta vie sur des ordures. — Nous vivons comme nous pouvons, répondit la mouche : la pauvreté n'est pas un vice ; mais la colère en est un grand. Vous faites du miel qui est doux, mais voire cœur est toujours amer; vous êtes sages dans vos lois, mais emportées dans votre conduite. Votre colère, qui pique vos ennemis, vous donne la mort ', et votre folle cruauté vous fait plus de mal qu'à personne. Il vaut mieux avoir des qualités moins éclatantes avec plus de modération. »

FXMLON.

BO. — L'e«prlt de contradiction.

Un jour un villageois, sur son âne enfourché. Trouva par un ruisseau son passage bouché * ; Tandis que pour le prendre un batelier s'apprête, Il approche du bord, saute en bas de sa bête. S'embarque le premier, et sur le pont tremblant Tire par son licou l'animal nonchalant.

Le grisou, qui des flots redoute le caprice, Tire de son côté, fait le pas d'écrevisse ^ Et, du maître essoufflé déconcertant l'effort, Lutteur victorieux demeure sur le bord.

Enfin, tout épuisé d'haleine et de courage,

1. Sa ntehe. Le pronom sa présenterait ici une amphibologie, si Ton ne savait pas que c'est l'abeille et non la mouche qui vit dans une ruche en sociëtd avec l'autrea abeilles occupées, comme elle, à construire les rayons oU elles déposent lear miel.

i. Le nectar. Nom donné par les païens ^ la boisson dont ils prétendaient que les dieux seuls folsaient usage dans le ciel.

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