La pMère ilu soir dâni nue égHm de campatiia
Qu'il est doux, quand du soir l'étoile solitaire *, Précédant de la nuit le char silencieux *, S'élève lentement dans la voûte des cieux. Et que l'ombre et le jour se disputent la terre, Qu'il est doux de porter ses pas religieux Dans le fond du vallon, vers ce temple rustique Dont la mousse a couvert le modeste portique ', Mais où le ciel encor parie â des cœurs pieux 1 Salut, bois consacré! salut, champ funéraire^, Des tombeaux du village humble dépositaire 1 Je bénis en passant tes simples monuments. Malheur à qui des morts profane * la poussière l J'ai fléchi le genou devant leur humble pierre, Et la nef* a reçu mes pas retentissants. Quelle nuit! quel silence! au fond du sanctuaire, A peine on aperçoit la tremblante lumière De la lampe qui brûle auprès des saints autels. Seule elle luit encor, quand l'univers sommeille : Hmblèm.e consolant de la bonté qui veille Pour recueillir ici les soupirs des morteb.
Lama>ximb«
1. L'èloile êOlHaire. L'étoile du Boir parait tm couchant araBt toatos let »titj-4te, c^ brOle seule ipendimt quelque temps.
2. Le chi^ tilencieux de la nuit. Pour «• l'arrivée silencieuse. »
8. Portique. Partie de Téglise qui précède la porte d'entï'ée principale, i. Ckantp funéraire. Cbamp des tombeaux, des {^inéralUes. Nom poétique donné •u cimetière.
5. Profane la pouisièrê^ 0*««t^k-dire ne respecte pat lea restes des morts rMnlts ptr le temps en; poussière, en cendre.
6. fief. Partie de Pégllte qui s'étend depuis Ventrée principale jusqu'au ebœor, loi Turme le sanctuaire dont U est question plus bas.
61. — PériodlcIM des Jours et des nalts et marcbe des saisons.
L^aurore, depuis des milliers d'années, n'a pas manqué une seule fois d'annoncer le jour : elle le commence, à point nommé, au moment et au lieu réglé. Le soleil, dit rËcriture, sait où il doit se coucher chaque jour. Par là il éclaire tour à tour les deux côtés du monde, et visite tous ceux auxquels il doit ses rayons. Le jour est le temps de la société et du travail : la nuit, enveloppant de ses ombres la terre, fînit tour à tour toutes les fatigues et adoucit toutes les peines : elle suspend, elle calme tout; elle répand le silence et le sommeil ; en délassant les corps, elle renouvelle < les esprits. Bientôt le jour revient, pour rappeler rbomme au travail, pour ranimer toute la nature.
Mais, outre ce cours si constant qui forme les jours et les nuits, le soleil nous en montre un autre par lequel il s'approche pendant six mois d'un pôle >, et, au bout de six mois, revient avec la même diligence sur ses pas, pour visiter l'autre. Ce changement fait celur des saisons, dont la variété est si agréable. Le printemps fait taire les vents glacés, montre les fleurs et promet les fruits. L'été donne les riches moissons. L'automne répand les fruits promis par le printemps; et l'hiver, qui est une espèce de nuit où l'homme se délasse, ne concentre * tous les trésors de la terre qu'afin que le printemps suivant les déploie avec toutes les grâces de la nouveauté. Ainsi la nature diversement parée donne tour à tour tant de beaux spectacles, qu'elle ne laisse jamais à l'homme le temps de se dégoûter de ce qu'il possède.
FÉKELON.