‹ Recueil de poésies diversesChapitre 24 sur 100 · INTRODUCTION XXIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXIX

Ce journal en vers d'un « globe-trotter » du xviif siècle n'a rien de bien passionnant. L'imagination fait le plus souvent défaut; c'est pauvre malgré la richesse de la rime. L'auteur a peine à mener jusqu'au bout sa muse asthmatique.

A Amboise, il salue

Ce Châtel où la Reneaudie, Chef d'une troupe en désarroi, Manquant l'entreprise hardie D'enlever un Pupile Roi, La paya du chanvre annulaire Qui rétrécit la jugulaire.

J'y vis ce fameux escalier Que la sçavante Architecture Adoucit si bien, qu'en voiture On peut franchir chaque palier.

Mais ce bois de grandeur si rare D'un Cerf à qui César donna Le beau collier dont il se pare.

Bien autrement nous étonna.

Je priai Dieu, si sur ma tête Certain bois devait s'arborer, Que ma femme sur telle bête Se passât de le mesurer (i).

Facétie tout au plus de vaudevilliste ou de commis-voyageur.

Je passerai sous silence le souper qui suivit. La compagnie était bien mauvaise ; une quadragénaire mutine, une jeune personne point davantage

(i) Mon Odyssée, p. 91-92.

XXX LES ROBBE

farouche, un jacobin, un jésuite et un capucin. Les cordes de la potence à défaut de celles de la lyre.

Ces gens font de la théologie après boire et la soirée se termine par une audition du poète dans ses œuvres, ainsi que spécifieraient les affiches d'un cabaret montmartrois. Ce dernier numéro du programme dut surtout séduire les deux colombelles.

Le lendemain, au matin, ne se ressentant pas trop des fatigues de cette soirée mouvementée, Robbé se remettait en route. C'est le chant quatre et dernier.

En approchant de Blois, il souhaiterait

Qu'une gente closerie Qu'y mangea ma mère chérie, Put revenir à ma merci, Afin de la gruger aussi (i).

(i) Mon Odyssée, p. 194. — La Fontaine-ia-'Gourre était mieux qu'une closerie et si la mère de Robbé la<* grugea », son fils eut du moins l'esprit de la racheter dans de bonnes conditions sans doute, à la mort de M. de Lépiney, son dernier propriétaire.

Au lendemain de l'exécution du fermier général, une vente mobilière y eut lieu, le 6 thermidor an II (24 juillet 1794), par les soins des administrateurs du district de Blois. Le Commissaire « membre de la commission des arts et monuments », délégué à cet effet, n'y trouva « ni livres, ni aucuns objets propres à être transportés dans le muséum ». La vente suivit donc son cours, sans qu'aucun incident la marquât et le dernier des Robbé put ensuite acquérir la terre que semblait si fort regretter le poète.

Devenu parfait propriétaire, Claude-Jean Robbé de Bçauvesct devait y mourir, non sans avoir plaidé avec ses voisins de la Vicomte, à propos d'une douve. Sa fille, Virginie-Joséphine, y mourut à son tour et la Fontaine-la-Gourre appartient encore à leurs descendants. — (Bibliothèque de Blois : Pièces manuscrites sur la Révolution. — Mémoire imprimé de Robbé.

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