INTRODUCTION LXXXI
dit : — Regardez ! Je regarde. — Voyez-vous cette jolie personne? — Oui, je la vois, il y a un homme avec elle. — Est-ce vrai? reprit-il, c'est le commissaire du pouvoir exécutif. Elle ne nous fera pas de signes tant qu'il y sera. Je lui passe froidement la lunette : — Regardez, lui dis-je, vous avez plus d'habitude que moi de la lunette. Examinez bien. Il regarde, saute, cabriole comme un jeune homme, riant et criant : — Ah! morbleu, je suis cocu! J'éclate de rire et viens conter cette scène à notre chambre. » (i)
Cependant, la détention des compagnons de Robbé touchait à sa fin. La journée du 9 Thermidor avait mis un terme aux convulsions de la Terreur. On tâchait de faire naître maintenant un peu d'accalmie dans les départements. Le représentant en mission Brival, neveu de l'évêque constitutionnel de Tulle, (2) venait d'arriver à Blois, toujours flanqué de la femme d'un receveur des tailles avec laquelle il était acoquiné.
Le 23 fructidor an II (g septembre 1794) eut lieu dans le temple de la Raison, — la cathédrale Saint- Louis — une séance d'épuration à la suite de laquelle les portes de la prison s'ouvrirent.
Seuls, trois prisonniers restèrent sous les verrous : l'abbé Boutault, l'ancien représentant Dinocheau... et Robbé de la Grange.
Il avait été des premiers et restait bien des derniers.
(1) DUFORT DE CHEVERNY, Op. cit., II, p. 228-229.
(2) Dufort confond à tort l'évêque et le conventionnel. Sur l'évêque de Tulle, cf., Lenotre, Bleus, blancs et rouges, Paris, Perrin, 1913, in-8, p. 161.