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LE NOUVEAU COLIN-MAILLARD

De capucins certain couple égrillard,

jouant avec mainte gente pucelle,

étoit souvent pris pour Colin-Maillard,

grâce au menton que leur barbe décèle.

Père Firmin, des deux le plus paillard,

avoit lorgné Louise accorte et belle ;

puis, dès qu'il a le bandeau sur les yeux,

pour la saisir, il court tout de son mieux.

Plus elle fuit, fait de feinte's, s'esquive,

et du frocard plus la poursuite est vive.

Bandeau d'amour peut-il arrêter l'œil?

Mieux que le sphynx, tout au travers il perce,

Louise enfin tombe sur un fauteuil

qu'un choc trop rude en arrière renverse,

si qu'elle montre à cru certain endroit,

où sainte Claire, ainsi que saint François,

sont ombragés de la même manière.

Lors y portant la plus brûlante main

pour écarter tout soupçon du mystère :

— Ah! je vous tiens, cria père Firmin,

et vous voilà Colin-Maillard, mon père.

EPIGRAMME (i)

Après l'hymen, un savetier normand

de six gros mois trouvant sa femme enceinte,

(i) A été imitée par J.-E. Demachy : La lettre des statuts. Cf., Histoires et Contes, précédés d'une Eltude historique, anecdotique et critique, par L.-G. Toraude. Paris, Ch. Carrington, 1907 ; in-8, p. 565.

par son prélat voulut du sacrement faire pour lui briser la chaîne sainte.

— Quoi, je prendrais, dit-il, la poule et l'œuf?

— Eh mais, repart le prince de l'Église : ignores-tu la loi de ta maîtrise

qui te défend de travailler le neuf?

EPIGRAMME

Une princesse en la foi bien apprise, interrogeant son page à ce propos, lui demandoit à quel nombre l'Église avoit fixé les péchés capitaux?

Le néophraste aussitôt dit à quatre.

Alors la dame, ripostant d'un soufflet, dit : Apprenez qu'il n'en faut point rabattre, nous n'en avons déjà pas trop de sept.

EPIGRAMME (Cette épigranime est de Jean-Baptiste Rousseau).

Petits auteurs d'un très mauvais journal

qui d'Apollon vous croyez les apôtres,

pour Dieu, cessez d'écrire un peu moins mal,

ou taisez-vous, sur les écrits des autres.

Vous vous tuez à chercher dans les nôtres

de quoi blâmer et l'y trouvez très bien.

Nous au contraire, nous cherchons dans les vôtres

de quoi louer et nous n'y trouvons rien.

LES DEUX BESOINS CONTRARIÉS Conte.

Sur un châlit, un moine damoiseau de saint François logeant le fier oiseau au nid suspect de certaine créole, bravoit ce mal qui rime avec parole.

Joyeusement le ribaud piochait, quand son podex que l'acte relâchoit d'urgent besoin sollicite le drôle.

Et de sauter du grabat brusquement, laissant la dame au cas aiguillonnée.

Sotte de voir qu'on l'a désarçonnée, demi-pâmée, au plus pressant moment,

— Ah ! chien de moine ! ah ! lâche ! ah ! traître amant ! tiens, viens, jockey, dit la dame en colère,

viens m'achever la besogne du frère.

Le compagnon, sans se faire prier, avec priape et son sacré cortège, met à profit la vacance du siège.

Lors, de retour, le frocard de crier :

— Que vois-je là? quoi, de par la besace du stigmate, ce coquin prend ma place ?

— Moine de Dieu, sans tant d'emportement, dit le valet, viens près de moi t'ébattre. Madame a même assez d'appartements, dans un besoin, pour en héberger quatre.

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