V. Traitement
A. D'une façon générale.
a) Désinfecter avec soin la plaie^ les conduits naturels (bouche, nez, oreille), faire des pansements occlusifs minutieux (la méningo-encéphalite n'a le plus souvent pour cause que le manque de soins dans les pansements).
b) Combattre ou éloigner toutes les causes de congestion encéphalique; ordonner le repos absolu, le silence; défendre les visites, la lecture ; prévenir la constipation, etc.
c) Répondre aux indications particulières tirées de l'état comateux, de la congestion encéphalique, de la méningo-encéphalite des paralj'^sies.
B. En cas d'indications précises relatives au siège, pratiquer LA trépanation.
Elle peut être :
a. Préventive immédiate, avant tout accident, en l'absence presque de toute indication.
Elle est légitimée par le désir :
De remédier à une compression possible (chirurgiens français) ;
De pratiquer une antisepsie soigneuse ; de prévenir, en somme, la méningo-encéphalite (chirurgiens étrangers).
Elle convient particulièrement aux fracturés ouvertes avec chevauchement ou enfoncement des fragments ; elle est parfaitement légitime dans les cas de fractures ouvertes fissuraires.
p. Secondaire, pratiquée au moment du premier accident ; elle est légitime, mais donne des résultats peu brillants.
Y. Tardive. Elle a pour but de faire cesser ces accidents de compression que nous avons vu pouvoir se développer plusieurs semaines, plusieurs mois, voire plusieurs années après la guérison apparente d'une fracture au crâne.
Dibliograpliie : Cruveilhier — Sappey — Testut -- Poirier — Kuss et DuvAL — ViAULT et Jolyet — Landois — De Massary. Le tabès clorsalis dcgénérescence du protonciirone centripète, Th. Paris 1896.
Définition.
On appelle racines rachidiennes l'origine des nerfs spinaux ou rachidiens qui viennent de la moelle et passent par les trous de conjugaison. Elles comprennent également les origines du grand S3^mpalliique, car elles contiennent quelques fibres (rami communicantes) qui appartiennent au système de la vie végétative.
Développement.
His a montré que le développement des racines antérieures et postérieures, se fait suivant deux systèmes indépendants.
1. Les racines antérieures se développent aux dépens de la moelle (développement centrifuge).
2. Les racines postérieures se développent aux dépens du ganglion spinal et vont ensuite à la moelle (développement centripète).
Avant lui, deux théories s'étaient édifiées sur le développement des racines.
a. Pour les uns, les deux racines venaient de la moelle dont elles étaient des prolongements (développement centrifuge).
p. Pour les autres, les deux racines se formaient sur place pour gagner ultérieurement la moelle (développement centripète).
La théorie de His est généralement admise aujourd'hui.
Les racines antérieures apparaissent les premières,' puis le ganglion spinal, puis enfin les racines postérieures. Chez le fœtus, la moelle occupe toute la hauteur de la colonne vertébrale. Chez l'adulte, elle ne dépasse pas la deuxième vertèbre lombaire. Ce changement de rapport est expliqué par le développement ultérieur du rachis et rend compte de la disposition, de la direction, du trajet des racines rachidiennes inférieures.
Disposition g-éoérale. Nombre.
Les racines rachidiennes sont disposées par paires. Elles sont au nombre de trente et une et se partagent de la façon suivante :
Huit paires cervicales ;
Douze paires dorsales ;
Cinq paires lombaires ;
Cinq paires sacrées ;
Une paire coccygienne.
Chaque paire forme deux nerfs rachidiens qui sont par ce fait au nombre de soixante-deux. Chaque nerf est formé par la fusion de deux racines. Il y a donc cent vingt-quatre racines rachidiennes divisées en racines antérieures et racines postérieures.
Limites.
Les racines s'étendent anatomiquement des sillons de la moelle aux trous de conjugaison où elles se fusionnent deux à deux pour former le nerf rachidien. La racine antérieure naît du sillon collatéral antérieur; la racine postérieure naît du sillon collatéral postérieur. Physiologiquement les racines viennent de plus loin dans la moelle. Nous étudierons ultérieurement leur origine réelle.
Direclion.
La direction des racines varie avec la paire considérée. Tandis que la première paire a une direction ascendante, que les deuxième et troisième s'étendent transversalement, les autres racines sont d'autant plus obliques qu'on les considère en un point plus inférieur du rachis. Cette obliquité
RACINES RACllIDIENNES 2049
est fort importante à noler pour le diagnostic du siège des lésions qui déterminent une paralysie quelconque.
M. Ghipault a donné une formule qui établit les rapports des apophyses épineuses avec les racines rachidiennes. La voici.
A. Adultes.
1. Région cervicale. Il faut ajouter « un » au numéro d'une apophyse déterminée par la palpation pour avoir le numéro des racines qui naissent à son niveau.