‹ Recueil de questions d'internat (volume 2)Chapitre 165 sur 676 · III. Description clinique · texte numérisé non relu

III. Description clinique

Pour la facilité de la description il convient de distinguer Térysipèle commun, dit de la face, et l'érysipèle des muqueuses.

A. Erysipèle de la face.

a) Incubation et prodromes :

a. Roger a cherché à élucider la question de la durée de l'incubation de l'érysipèle. Il a vu que cette durée était essentiellement variable ; mais « elle est souvent beaucoup plus courte que ne l'admettent les auteurs : en six ou sept heures les microbes peuvent être assez nombreux pour provoquer une inflammation locale et avoir sécrété assez de toxines pour réveiller la réaction générale de l'organisme ».

En revanche elle a été de vingt-deux jours dans un autre cas.

p. Quelquefois des phénomènes prodromiques : malaise général, courbature, céphalalgie, nausées, précèdent de plusieurs heures ou de plusieurs jours le début de l'exanthème.

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b) Début.

Souvent l'affection débute par :

a. Un frisson violent comparable à celui des grandes pyrexies ;

p. Un engorgement douloureux des ganglions sous -maxillaires qui précède l'exanthème ou l'accompagne et dans le premier cas permet de le prédire.

c) Etat.

a. Signes physiques : exanthème.

1. Il débute d'ordinaire au niveau d'une excoriation du visage, de la racine du nez^ du front, de la pommette, de l'oreille, de l'angle de l'œil.

2. Il est constitué par une plaque rouge vif tirant sur le fauve, surélevée, saillante et luisante, à contours sinueux ; à sa périphérie la peau est gonQée et tendue. La plaque est limitée par un bourrelet saillant tranchant nettement sur les parties saines.

3. Il envahit plus ou moins rapidement la face, le front, s'éteignant d'ordinaire sur les parties primitivement atteintes, ayant en somme une progression excentrique et respectant habituellement le menton. Sa manière d'envahir la face a été comparée à l'étalement d'une goutte d'huile.

A la face, les paupières sont œdémateuses, le front, le nez et les joues tuméfiés, les oreilles rouges et luisantes ; l'éruption peut prendre parfois un caractère huileux, phlycténulaire. On a enfin signalé un type pétéchial couperosique caractérisé par l'existence d'hémorrhagies sous-cutanées, et qui serait l'indice d'une altération antérieure de la santé générale.

Au cuir chevelu chez les chauves, l'exanthème présente les caractères précédemment énumérés ; chez les autres la teinte est moins vive, l'œdème marqué, la douleur intense.

p. Sig7ies fonctionnels.

i. Douleur spontanée; elle s'accuse par une sensation désagréable de cuisson, de brûlure, de tension exagérée de la peau. Elle est provoquée par la pression.

2. La tension de la peau, la douleur provoquée par les mouvements peuvent déterminer une certaine gêne dans les fonctions d'occlusion et d'ouverture de la bouche et des yeux, et des troubles de la mimique.

•y. Signes généraux.

1. Température. — La marche en est t3^pique, calquée sur celle de l'exanthème qu'elle précède d'ordinaire. Elle peut atteindre 40° dès le début et persister pendant tout le temps de l'éruption avec une légère rémission matinale (1") ; quand l'inflammation cesse de s'étendre, il y a une défervescence assez brusque et chaque nouvelle poussée est annoncée par une recrudescence fébrile.

2. Etat saburral des voies digestives. — C'est l'accompagnement ordinaire de Térysipèle. 11 peut aller de la simple anorexie avec constipation à la forme bilieuse franche avec ictère.

3. Symptômes nerveux. — Constitués surtout par de la céphalalgie et de l'agitation pouvant aller jusqu'au délire.

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