‹ Recueil de questions d'internat (volume 2)Chapitre 226 sur 676 · CORPS THYROÏDE · texte numérisé non relu

CORPS THYROÏDE

DibIios;rapIiie : Sappey. — Testut. — Boéchat (Thèse de Paris, d895). — SÉBiLE\\:. {Bulletin Soc. Ana^, 1889). — Gérard Marchand {Dict. Jaccoud). — MoREAU et Launois. — Kûss et Duval. — Sellerier (Thèse de Paris). —

Définition.

Le corps th3Toïde est une masse impaire et médiane, d'apparence glandulaire, couchée symétriquement au-devant de la trachée et du larynx. Il appartient à la variété des glandes vasculaires sanguines, adhère au conduit laryngotrachéal et a été découvert par Warton en 1664.

Sitnafion.

Il est situé à la partie inférieure de la face antérieure du cou, au-dessus de la poignée du sternum, au-dessous du cartilage thyroïde, entre les muscles slerno-cléido-mastoïdiens.

Moyens de fixité.

De la face profonde de l'aponévrose cervicale moyenne, près du point où elle s'insère aux apophyses transverses, se détache un feuillet fibreux qui se dirige en dedans, aborde le paquet vasculo -nerveux du cou, et constitue une gaine d'enveloppe pour la carotide primitive, la veine jugulaire interne et le nerf pneumogastrique. De la partie interne du paquet vasculo-nerveux du cou partent deux feuillets. Le postérieur passe entre l'aponévrose prévertébrale et la paroi pharyngienne ; l'antérieur rencontre bientôt les lobes du corps thyroïde. A ce niveau il se dédouble en deux lames ; l'une^ située en avant tapisse les faces latérales et la face antérieure de la thyroïde contre laquelle elle applique le

groupe des veines thyroïdiennes inférieures ; l'autre» située en arrière, recouvre la partie postérieure des lobes thyroïdiens, puis s'insinue entre eux et les parois œsophago-trachéales, auxquelles elle adhère, pour compléter en arrière la coque de la grande thyroïde. Sur la ligne médiane chaque feuillet droit se confond naturellement avec chaque feuillet gauche (Sébileau). V enveloppe de la glande thyroïde est donc une dépendance directe de l' aponévrose transversale dn cou. Cette aponévrose transversale est une lame assez régulière, toujours très évidente sur la plupart des sujets et qui se laisse guider par les vaisseaux qu'elle rencontre et dédoubler par les organes qu'elle aborde.

C'est là qu'est l'explication des ligaments latéraux du corps thyroïde. Gérard Marchand distingue deux sortes de ligaments latéraux :

1. Les ligaments qui, émanés des bords de la glande, s'attachent aux premiers anneaux de la trachée. Ce sont les ligaments de Sappey constitués par une simple couche cellulo-fibreuse, très dense, unissant les trois premiers cerceaux de la trachée à la partie correspondante du corps thyroïde ;

2. Les ligaments qui, émanés des quatre angles de la glande, vont se confondre avec la gaine des gros vaisseaux du cou. Ces ligaments n'ont pas une existence indépendante et forment une gaine aux vaisseaux qui abordent le corps thyroïde. Le ligament supérieur accompagne l'artère et la veine thyroïdiennes supérieures ; le ligament intérieur accompagne les vaisseaux thyroïdiens inférieurs. Lorsque l'artère thyroïdienne de Neubaûer existe, un ligament « latéral externe intermédiaire » l'accompagne.

En résumé le corps thyroïde possède :

a) Un ligament supérieur et médian qui est une dépendance de l'enveloppe de la glande, part de son bord supérieur, et s'insère sur la face antérieure du cartilage cricoïde entre les deux muscles crico-thyroïdiens, sur l'aponévrose qui recouvre ces muscles, sur le bord inférieur du cartilage thyroïde.

b) Deux ligaments latéraux internes de Sappey, qui se confondent avec l'aponévrose d'enveloppe du corps thyroïde au point où celle-ci adhère à la trachée.

c) Six ligaments latéraux externes de Marchand et

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Sébileau qui se confondent avec l'aponévrose cervicale transverse, et qui suivent les vaisseaux thyroïdiens.

Mais cependant le vrai soutien du corps thyroïde, cest son adhérence intime à la trachée.

Coiileiu*.

La couleur du corps thyroïde varie avec son état de vascularisation. Elle est tantôt très pâle, jaunâtre, tantôt gris foncé, tantôt enfin rouge sombre, violacée.

Consistance.

Sa consistance est en rapport avec le degré de développement des cloisons fibro-conjonctives qui séparent ses lobules.

Elle est plus molle que celle de la rate ou du foie et se laisse facilement déchirer, d'où la difficulté d'une opération chirurgicale sur elle.

A'olunie et poids.

Un corps thyroïde de moyen volume mesure environ 7 centimètres de large sur 3 de haut et 13 millimètres d'épaisseur. La partie médiane est moins épaisse et mesure environ 6 millimètres. Son poids est de 3 grammes chez le nouveau-né, de 30 chez l'adulte. Le volume et le poids varient suivant le sexe, car les femmes ont un corps thyroïde plus développé ; suivant les individus, suivant les âges, quoique pour Sappey le rapport du corps thyroïde et du corps humain soit constamment le même.

Configuration.

Le corps thyroïde présente à considérer un isthme, deux lobes, un appendice.

A. Isthme. — L'isthme est situé sur la ligne médiane et représente un pont étroit qui réunit les lobes latéraux du corps thyroïde comme la branche médiane réunit les deux monocles d'une paire de lunettes. Ses dimensions moyennes sont les suivantes : 1 centimètre de largeur, 12 millimètres de hauteur, 3 millimètres d'épaisseur.

Chez les animaux l'existence de l'isthme n'est pas constante. Tandis que chez le lapin il existe encore un peti

pont mince qui réunit les lobes, chez le chien chaque lobe est indépendant et séparé. Chez l'homme on voit toutes les variétés : tantôt l'isthme a une hauteur aussi développée que celle des lobes, tantôt il représente un pont aminci comme chez le lapin, tantôt il fait défaut comme chez le chien.

B. Lobes du corps thyroïde. — Ils sont au nombre de deux, un droit et un gauche, et présentent la forme d'un cône à sommet supérieur reporté en arrière.

a. Le sommet, situé en haut et en arrière^ porte le nom de corne supérieure et marque le point d'arrivée de l'artère thyroïdienne supérieure, le lieu d'attache du ligament angulaire supérieur du corps thyroïde.

p. La base est située en bas et légèrement en dedans, au-dessus de la fourchette sternale. Elle présente une épaisseur bien plus considérable que celle du sommet et une largeur qui varie avec les dispositions de l'isthme. Elle est convexe intérieurement.

Y. Les deux faces sont externe et interne. L'externe est convexe, l'interne est concave.

0. Les deux bords sont antérieur et postérieur. L'antérieur est dirigé en haut, en dehors, en arrière ; le postérieur est vertical et très épais ; il présente une gouttière pour le paquet vasculo-nerveux du cou.

C. \J appendice est encore appelé pyramide de Lalouette, du nom de l'anatomiste qui l'a bien décrit en 1743.

C'est un prolongement long et grêle qui part du bord supérieur de l'isthme et présente la forme d'un cône aplati à base inférieure, à sommet supérieur remontant plus ou moins haut, à face profonde adhérente à la partie sousjacente, par l'intermédiaire d'un petit corps fibreux qui peut être envisagé comme un ligament suspenseur. Sa base peut naître du bord antérieur ou de la fa'^e interne du lobe latéral droit ou gauche. Sa direction est verticale ou oblique, sa situation est médiane ou latérale gauche ; sa forme est triangulaire, conoïde ou rubannée, ellipsoïde ou ovalaire. Elle est simple, bifurquée ou double.' Elle peut manquer comme aussi elle peut être indépendante du corps thyroïde sans point d'attache inférieur. Elle peut enfin n'être représentée que par une série de grains glandulaires en chapelet.

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Rapports.

A. Isth:me.

a. La face antérieure est en rapport sur la ligne médiane avec l'enlrecroisement aponévrolique appelé ligne blanche sous-hyoïdienne et sur les côtés avec les muscles sous-hyoïdiens recouverts par l'aponévrose cervicale superficielle et la peau.

p. La face postérieure est disposée en gouttière concave, à cheval sur le cartilage cricoïde et les anneaux supérieurs de la trachée.

Y. Les bords latéraux sont en rapport avec la partie correspondante des lobes latéraux avec lesquels ils se continuent.

B. Lobes latéraux.

a) Le sommet répond au bord postérieur du cartilage thyroïde et suivant la longueur du lobe arrive à la hauteur du tiers supérieur, du tiers moyen ou du tiers inférieur de ce bord,

b) La base répond au cinquième ou sixième cerceau trachéal, et se trouve à deux centimètres au-dessus de la poignée sternale chez l'adulte, un peu moins chez l'enfant, un peu plus quand la tête est en extension.

c) Les faces sont en rapport : V externe avec la peau, le tissu cellulaire sous-cutané, l'aponévrose cervicale superficielle, le muscle sterno-cléido-mastoïdien, le sterno-cléido-hyoïdien ; V interne avec les parties latérales de la trachée et du cartilage cricoïde, la partie inférieure et latérale du cartilage thyroïde, les parois latérales du pharynx et de l'œsophage, enfin avec les nerfs récurrents. Ces rapports expliquent les troubles de compression trachéale, œsophagienne, nerveuse, qui résultent du développement pathologique du corps thyroïde.

d) Les bords sont eu rapports : Y antérieur avec l'aile du cartilage thyroïde et le muscle crico-thyroïdien ; le postérieur avec la carotide primitive et le paquet vasculo-nerveux du cou qui cheminent dans la gouttière que nous avons décrite le long de ce bord. La gouttière

thyroïdienne présente deux lèvres parmi lesquelles l'interne s'insinue entre la carotide et l'œsophage, l'externe entre la carotide et la jugulaire interne.

C. L'appendice est en rapport par sa face postérieure avec les premiers anneaux de la trachée, les muscles crico-thyroïdien et thyro-hyoïdien qui la séparent des cartilages cricoïde et thyroïde, la membrane thyro-hyoïdienne. Le sommet suivant la longueur de la pyramide atteint la membrane thyro-hyoïdienne ou le bord inférieur de l'os hyoïde. La base répond au bord supérieur de l'isthme ou au bord antérieur de l'un des lobes. La face antérieure est en rapport avec la ligne blanche sous-hyoïdienne lorsque la pyramide est médiane ; avec la peau, le tissu cellulaire sous-cutané, l'aponévrose cervicale superficielle, les muscles sternocléido-hyoïdien, sterno-thyroïdien lorsque la pyramide est latérale gauche.

Thyroïdes accessoires.

On considère cinq groupes de glandes thyroïdes accessoires représentés par des granulations glandulaires voisines du corps principal, et situés en différents endroits ; savoir :

1. Un groupe supérieur placé à la hauteur de la membrane thyro-hyoïdienne ou de l'os hyoïde, et représenté quelquefois par la pyramide de Lalouelte qui a perdu toute connexion avec le corps thyroïde ;

2. Deux groupes latéraux disposés autour de la gaine vasculaire du cou et entre les muscles qui se rendent du sternum à l'os hyoïde et au cartilage thyroïde ;

3. Un groupe postérieur qui comprend des granulations glandulaires rétro-trachéales, rétro-œsophagiennes, intralaryngiennes ;

4. Un groupe inférieur qui comprend des glandes accessoires situées en arrière du sternum, près de la plèvre et au-dessus de l'aorte.

Ces groupes de glandes thyroïdes accessoires sont plus ou moins développées ou peuvent manquer ou quelquefois ne sont découverts qu'à l'aide du microscope.

Développement.

Le corps thyroïde est un organe presque toujours en voie de développement, dont la structure et la constitution

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changent continuellement. C'est pour cette raison qu'il importe d'étudier son développement avant d'aborder l'étude de sa structure. Nous étudierons cinq stades avec MM. Moreau et Launois.

I. Stade emhrijomiaire. — Un bourgeon médian se détache du premier arc branchial pour s'unir à deux bourgeons latéraux venus des parties latérales des deux premiers arcs et forment à eux trois le V lingual. Du foramen caecum, qui est le point d'union des trois bourgeons, part un bourgeon épithélial qui s'enfonce dans le mésoderme et constitue la première ébauche du corps thyroïde. Lorsque ce bourgeon persiste dans tout son trajet il constitue le canal thyréo-glosse de His qui avait été pris par Bordeu pour le canal excréteur du corps thyroïde. La partie inférieure du bourgeon primitif, en se ramifiant forme une série de loges tapissées de cellules cylindriques et dont la lumière est comblée par des cellules polyédriques.

n. Stade fœtal. — Les vaisseaux envahissent le mésoderme et entourent chaque loge. En même temps le tissu conjonctif mésodermique est remanié ; il étrangle les loges secondaires et les isole du bourgeon primitif. IIL Stade de Venfance. — La prolifération du tissu conjonctif vient d'aboutir à la formation d'une série de lobes lorsque l'enfant nait. C'est à ce moment que le corps thyroïde doit être étudié au point de vue de sa structure^ car plus tard il va subir des modifications qui Féloigneront du type primitif.

Structure. — Le corps thyroïde est constitué par une charpente conjonctive de soutien, par des éléments particuliers considérés comme des vésicules closes, par un réseau très développé de vaisseaux lymphatiques et sanguins et enfin par des nerfs.

A. Charpente conjonctive. • — A la périphérie on trouve une enveloppe mince mais très résistante, traversée par les vaisseaux et les nerfs. De cette enveloppe partent des travées qui parcourent le corps thyroïde en différents sens. De ces travées partent des prolongements plus minces, qui forment

un réseau dans les mailles duquel existent les granulations glandulaires. Le réseau qui forme la charpente du corps thyroïde est constitué par des faisceaux de tissu conjonctif mélangés de fibres élastiques et contenant quelques cellules plates et des amas de tissu adipeux.

B. Vésicules Ihyroïdiennes. — Les cavités du corps th37roïde sont tapissées à leur face interne d'un épithélium polygonal à une seule couche composé de cellules plus hautes que larges. Les cavités communiquent largement les unes avec les autres pour Boëchat. Ces communications sont peu étendues et les vésicules forment toujours des systèmes clos. Les vésicules sont vides au moment de la naissance ; elles possèdent une coque formée d'une travée très mince de tissu conjonctif et de cellules étoilées et anastomosées, au milieu desquelles on voit de très nombreux vaisseaux sanguins qui pénètrent même jusqu'au contact de l'épithélium. D'après Frey et Woëffer, il n'y a pas de membrane basale. Entre les vésicules il existe un grand nombre de canaux lymphatiques que nous étudierons ultérieurement.

C. Pyramide de Lalouette. — Sa structure est la même que celle du corps thyroïde. Certains auteurs veulent qu'elle soit exclusivement musculaire. C'est une erreur. Il existe un faisceau musculaire qui descend de l'os hyoïde sur le corps thyroïde et qui a été décrit par Sœmmering sous sous le nom de levator grandulse thyroïdse. Ce muscle est un faisceau aberrant du sterno-cléidohyoïdien et est tout à fait distinct de la pyramide.

IV. Stade adulte. — Avec l'âge les cellules des vésicules s'atrophient et dégénèrent en produisant une substance molle, visqueuse, légèrement jaunâtre, homogène. La cavité des vésicules, vide autrefois, est remplie et distendue par cette matière colloïde, de sorte qu'autrefois large d'environ 1 millimètre, elles acquièrent souvent une capacité double. Cette formation de matière colloïde, qui pour Virchow et Boëchat peut

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se produire sans destruction des cellules, dépasse quelquefois les limites de Félat physiologique. Cet état constitue le goitre gélatineux de Virchow. La matière colloïde contient souvent des corps durs formés par l'accumulation de couches concentriques et que Robin appelle sympexions.

V. Stade de régression. — .La prolifération du tissu conjonctif autour des vésicules aboutit à l'atrophie de celles-ci et à la régression du corps thyroïde qui cesse de fonctionner.

Vaisseaux et nerfs.

A. Artères. — Le corps thyroïde est traversé par une masse considérable de sang, car les artères qui y aboutissent et les veines qui en sortent sont très volumineuses relativement à la grandeur de l'organe. Les artères sont en général au nombre de quatre, deux supérieures et deux inférieures, auxquelles il faut ajouter la thyroïdienne moyenne ou de Neubaiier quand elle existe.

Les artères thyroïdiennes supérieures, branches de la carotide externe, cheminent de haut en bas et de dehors en dedans pour pénétrer l'organe par sa corne supérieure. Les artères thyroïdiennes inférieures, branches de la sous-clavière, s'anastomosent largement entre elles et pénètrent la glande après avoir cheminé un certain temps sur sa face extérieure. Les rameaux émanés de ces diverses branches cheminent dans les tractus de tissu conjonctif et forment dans la coque conjonctive de chaque vésicule un très riche réseau vasculaire dont les branches arrivent au contact de Tépithélium.

B. Veines. — Les veines qui font suite aux artères sont les veines thyroïdiennes supérieures qui montent en haut et en dehors pour aboutir dans la jugulaire interne, soit directement, soit par l'intermédiaire du tronc thyro-linguo facial, et les veines thyroïdiennes inférieures, qui cheminent en arrière des muscles sterno-thyroïdiens, forment un plexus important devant la trachée et se résolvent en deux troncs parmi lesquels le droit se jette dans l'angle de réunion des deux troncs veineux brachio-céphaliques ou dans la veine cave supérieure, et le gauche se jette dans le tronc veineux

brachio-céphalique gauche. Enfin la vei?îe thyroïdienne moyenne, qui est inconstante, se jette dans la jugulaire interne après avoir croisé la carotide primitive.

C. Lymphatiques. — Ils naissent directement du réseau conjonctif péri-vasculaire, forment des troncs qui cheminent dans les cloisons interlobaires et se jettent dans les gros canaux lymphatiques qui sillonnent la surface extérieure de l'organe. En fin de compte, ils aboutissent à des ganglions pré-laryngiens et sus-sternaux. Les rapports des lymphatiques avec les vésicules closes ont été diversement interprétés. Langendorfî pense que les lymphatiques se terminent toujours en culs-de-sac. Biondi et Renaut croient qu'ils peuvent, à un moment donné, communiquer avec les vésicules. Les communications directes entre les lymphatiques et les vésicules n'ont jamais été démontrées, mais on retrouve de la matière colloïde dans les l3^mphatiques, et Renaut pense que ceux-ci représentent les canaux excréteurs de la glande.

D. Nerfs. — Ils sont fournis par le sympathique cervical. Ils suivent le trajet des artères. On ignore comment ils se terminent. Quelques filets appartenant au récurrent, au laryngé externe, à l'hypoglosse se rendraient, pour certains auteurs, dans le corps thyroïde.

Physiologie.

I. Rôle anastomotique. — La grande et importante vascularisation du corps thyroïde, les anastomoses que les artères thyroïdiennes supérieures et inférieures s'envoient en dehors et en dedans de la glande, servent à faire communiquer les artères carotides externes et sous-clavières, et assure la suppléance de l'une lorsque l'autre est comprimée.

IL Rôle méganique. — Pendant l'effort le corps thyroïde devient un réservoir sanguin qui, en raison de ses rapports intimes avec la carotide primitive, comprime et diminue le calibre de cette artère en devenant un régulateur de l'apport sanguin de l'encéphale.

III. Rôle hbmatopoiétique. — Pour Crédé et Zézas, le corps thyroïde présente une analogie avec la rate dans la fabrication et la destruction des globules du sang.

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IV. RÔLE sÉGRÉTOiRE, — Revcrdiii, le premier en 1882, signale le rôle sécrétoire du corps thyroïde en appelant Tattention sur une cachexie spéciale survenant après la thyroïdectomie totale et caractérisée par des attaques convulsives, des paralysies, un atraiblisscment de l'intelligence, une infiltration mucoïde (myxœdème). Cet auteur pensait que la glande doit être considérée comme un centre d'innervation vaso-motrice.

Schiff, en 1885, émit l'idée que le corps thyroïde sécrète une substance capable de détruire et d'annihiler dans l'organisme un poison dont l'action néfaste s'exerce sur tout le système nerveux.

Horseleij pense qu'il a une action sur les substances protéiques mucineuses qui s'accumulent dans l'économie et les transforme en un produit utile à l'organisme (métabolisme mucineux).

Vermehrn, en 1893, a isolé une matière protéïque qu'il appelle thijroïdine et qui avait sur le myxœdème les mêmes propriétés que le suc thyroïdien.

Notkin, en 1895, a trouvé dans le parenchyme glandulaire une substance albumineuse qui serait le principe spécifique du suc thyroïdien. 11 l'appela thyroprotéïde.

D'après Renaiit, de Lyon^ l'épithélium thyroïdien, quand il est jeune, sécrète une substance spéciale, la. thyromucoïnef non colorée par l'éosine ; à l'état adulte il secrète la ihyrocolloïne. Ces produits sont amenés dans le sang par les canaux lymphatiques qui sont les canaux excréteurs de la glande.

S. Frankel a décrit la thyrèo- antitoxine ^ produit cristalisé qui, injecté aux animaux thyroïdectomisés, fait cesser les tremblements et la prostration.

En somme, on est loin d'être fixé sur l'essence même du principe actif de l'extrait thyroïdien. On sait seulement que ce principe organique possède une action toxycolytique qui détruit une matière nuisible contenue dans l'économie et que l'absence de ce principe (thyroïdectomie), l'étranglement des lymphatiques par le tissu conjonclif (maladie de Basedow), la transformation défectueuse de ce produit ou la mauvaise élaboration au niveau des vésicules closes, permettent à cette matière nuisible inconnue de s'accumuler

dans l'organisme en donnant lieu à la cachexie slrumiprive au goitre exophtalmique.

Enfin, il existe entre le bulbe et l'isthme une région dont la destruction entraine la tuméfaction du corps thyroïde.

Ce résumé de la physiologie du corps thyroïde est loin d'être présenté comme définitif. 11 importe que les candidats à l'internat se tiennent au courant au jour le jour des communications et articles de journaux qui paraissent incessamment sur ce sujet caria question du suc thyroïdien est à l'ordre du jour et beaucoup de savants s'en occupent.

Au point de vue thérapeutique les tablettes de suc thyroïde de mouton sont données contre la goitre, le myxœdème, la cachexie strumipive et l'obésité. L'abus qui en a été fait a donné lieu à nombre d'accidents dont plusieurs ont été mortels.

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