I. L'affection sîège-t-elle dans le corps thyroïde
A. On sera porté à le penser si la tuméfaction siège au niveau de la région sous-hyoïdienne; si sa forme rappelle celle du corps thyroïde avec une partie antérieure soushyoïdienne répondant à l'isthme et deux portions latérales profondes s'enfonçant plus ou moins dans les régions carotidiennes ; si V inspection et la palpation la montrent appliquée au larynx qu'elle suivra dans les mouvements de déglutition ou pendant le chant ; si enfin la tuméfaction étant prise solidement entre les doigts et la tête fixée, on peut lui imprimer des mouvements plus ou moins étendus dans le sens transversal alors que la motilité verticale est nulle.
B. Mais les causes d'erreur sont nombreuses, et des afïections d'origine et de nature diverses peuvent posséder les divers caractères sus-énoncés qui se réduisent en somme au siège, à la forme à l'adhérence au larynx. On devra donc éliminer avec soin l'hypothèse de :
a) Tumeur ganglionnaire. (V. Adénites cervicales), ri. Se présentant :
1. Tantôt sous forme d'un ganglion unique lisse, régulier, arrondi, élastique, mobile sous la peau et sur les parties profondes ;
2. Tantôt sous forme de masses multiganglionnaires, arrondies, marronnées, inégales, bosselées ;
p. Situées d'ordinaire en dehors de la région du corps thyroïde.
. Ne suivant pas ou suivant moinis complètement les mouvements du larynx ;
S. S'accompagnant habituellement de tuméfaction des ganglions des autres régions ou de tares diverses de scrofule.
Malgré tous ces signes accumulés, le diagnostic n'est pas sans difficulté dans les cas d'adénite volumineuse constituée par de gros ganglions fondus ensemble.
b) Laryngocèle par hernie de la muqueuse laryngée à travers la membrane thyroïdienne. C'est une affection rare qui, à défaut d'autres signes, se caractériserait par sa sonorité.
c) Gomme syphilitique du sierno-cléido-mastoïdien. Elle a pu, dans certains cas, être confondue avec une tumeur des lobes latéraux de la thyroïde. Il suffira, pour éviter l'erreur, de constater son inclusion dans le corps du muscle. Elle est située d'ailleurs en dehors de la région thyroïdienne, et le traitement spécifique la fait rapidement disparaître.
d) Anévrysmes. La confusion serait possible avec les goitres vasculaires ; mais le siège de l'anévrysme est surtout carotidien, il n'y a pas adhérence au larynx. On recherche enfin les signes ordinaires des anévrysmes : souffles, battements, caractères des pouls temporaux, etc.
e) Cancers du larynx, du pharynx, de l'œsophage, de la trachée.
a. Ils s'accompagnent de troubles fonctionnels en rapport avec ces localisations ;
p. L'examen direct du pharynx, la laryngoscopie ou l'exploration de l'œsophage avec la sonde, permettent la constatation directe de la tumeur.
f) Kystes congénitaux :
fj) Kystes braiichiaux de Roser :
a. Ils résultent d'une inclusion épithéliale au niveau des fentes branchiales ;
P. Ils se manifestent en général dans la première enfance ;
Y. Ils siègent surtout à gauche dans l'espace carotidien ;
û. Ils sont fluctuants ;
£. On en constate trois variétés :