Transport facile du pus en un point déclive
Condition encore fort bien remplie par la disposition des aponévroses latérales du rachis traçant un chemin tout préparé au pus.
3. Sécrétion lente et continue du pus. — La lésion osseuse des vertèbres réalisait à merveille cette dernière condition.
Dans cette hypothèse, ce qui imprime sa direction à l'abcès c'est la pesanteur, la laxité du tissu cellulaire prévertébral, les contractions musculaires, la disposition des gaines vasculaires ou nerveuses, soit en lui traçant un chemin de moindre résistance, soil en le poussant dans ce chemin.
b) Opinion de Lannelongue.
M. Lannelongue par une étude détaillée et consciencieuse des lésions tuberculeuses et de leur évolution est arrive à une conception un peu différente de la précédente.
Pour lui les fongosités tuberculeuses émergeant de Fos et traversant le périoste viennent former sur la face externe de celui-ci un paquet plus ou moins volumineux, un abcès tuberculeux dont l'évolution et la tendance sont les mêmes que s'il s'était primitivement développé au sein du tissu cellulaire : « les fongosités s'y disposent en une véritable membrane luberculogène et se comportent comme elle, La lésion osseuse contribue évidemment pour sa part à l'augmentation du liquide, mais cette part est faible même au début et souvent elle cesse d'exister plus tard. »
Nous ne pouvons résister au désir de citer ces lignes où la pensée du maître se dégage avec la plus grande netteté : « Que l'extension se fasse sur place ou au loin, le mécanisme et la raison de son développement sont toujours les mêmes, et nous les connaissons : envahissement progressif par le néoplasme des tissus voisins auxquels il se substituer), et plus loin : « Le développement de Tabcès dans une direction quelconque procède exclusivement de la paroi. C^est un acte vital et nullement mécanique. » (\. Abcès froids.)
Pour M. Lannelongue l'abcès par congestion est un véritable tuberculome (\m.sHnfillre dans les tissus à la manière des néoplasmes, et les prolongements qu'il pousse en tous sens en suivant les travées du tissus conjonctif sont la cause essentielle de ses migrations. Mais bien que cet auteur s'élève
ABCES PAR CONGESTION 2615
contre les théories précédentes qui ont voulu c assujettir ces mi};rations à des dispositions anatomiques comme la direction des vaisseaux et des nerfs », il avoue bien lui-même que ces dispositions ne sont pas inditîérentes quand il déclare que « le tissu cellulaire, lâche et adipeux se laisse envahir presque sans défense. Les muscles et le tissu conjonctif résistent davantage... Quant aux aponévroses, elles présentent des points faibles moins serrés, moins denses, des éraillures par où s'insinuent les fongosités, ainsi que par les orifices naturels ménagés aux vaisseaux entourés, on s'en souvient, d'une gaine conjonctive lâche qu'affectionnent les tubercules. »
c) En somme, à s'en tenir aux faits et indépendamment de l'interprétation adoptée, on peut admettre qu'en thèse générale ces abcès respectent les muscles, les tendons et les aponévroses pour cheminer de préférence dans le tissu cellulaire lâche en particulier dans les gaines vasculo-nerveuses.
B. Forme des abcès.
Au début l'abcès appliqué à l'os est sessile. A mesure qu'il augmente de volume il tend à se pédiculiser, il se renfle à son extrémité libre et s'amincit en son point d'insertion vertébral, S'éloignant progressivement de son fo3'er d'origine il s'allonge et se modèle sur les régions qu'il traverse, d'où l'existence fréquente de points rétrécis le long de son trajet. Enfin dans sa forme habituelle l'abcès occupant la fosse iliaque interne et la partie supérieure de la cuisse affecte la disposition en bissac, les deux poches communiquant par un goulot plus ou moins étroit qui répond à l'arcade crurale.