‹ Recueil de questions d'internat (volume 2)Chapitre 472 sur 676 · III. Symptômes · texte numérisé non relu

III. Symptômes

L'anatomie pathologique et la clinique démontrent que le processus ectasique débute, à l'ordinaire, par les veines profondes des membres, en sorte qu'il est logique d'admettre, sauf exceptions, deux stades à l'évolution clinique des varices :

Une première période, correspondant aux varices profondes, pendant laquelle le malade accuse surtout des troubles fonctionnels, et où les signes physiques sont rares;

Une deuxième période, correspondant aux varices superficielles pendant laquelle les signes physiques passent au premier plan.

A. Varices profondes.

a) Les signes fonctionnels en ont été bien mis en évidence par Verneuil.

Ils consistent essentiellement en une sensation de lourdeur, et à' engourdissement, de plénitude douloureuse surtout marquée après la marche, la station prolongée, la fatigue de la journée. En sorte que, atteignant leur maximum le soir, ils sont réduits au minimum le matin après le séjour au lit ddns la position horizontale : contraste des plus significatifs.

Ils s'y joint souvent, du côté des jambes, des inquiétudes, des crampes, des fourmillements, des démangeaisons, de l'hypérhydrose.

b) Les signes physiques sont, nous l'avons dit, minimes à cette période ; cependant il n'est pas rare de noter, le soir, un peu de gonflement du pied, un léger œdème malléolaire ou prétibial, un peu d'empâtement profond que la nuit fait disparaître.

D'autre part, déjà, on peut trouver du côté de la peau un certain nombre de lésions (eczéma, taches pigmentaires, déformations unguéales) indices du trouble nutritif profond auquel le membre est soumis.

B. Varices superficielles.

B^. Signes ihysiques.

Elles se traduisent par l'apparition de veinosités sous la peau.

a) Premier degré : état varicoïde de Malgaigne. Les veines sous-calanées, flexaeuses et dilatées,

sillonnent la jambe et la cuisse ; elles dessinent sous la peau des cordons bleuâtres, réguliers, allongés, serpentins. Mais la dilatation parait régulière, le mal ne décèle pas une induration manifeste des parois.

Le siège d'élection est, à là jambe, le trajet de la saphène interne et de ses collatérales.

b) Deuxième degré : dilatation ampullaire.

Le lacis veineux précédent devient plus irrégulier ; les cordons se renflent par place en ampoules, prennent un aspect moniliforme. Les renflements s'observent surtout au niveau des coudes des veines (embouchure de la saphène interne dans la veine crurale, de la jugulaire externe dans la sousclavière, etc.). Ils sont réductibles à la pression, se remplissent de bas en haut quand on les a vidés par pression dirigée vers le cœur, ils se tendent et augmentent de volume pendant l'effort. Là encore le palper ne permet pas de déceler une induration appréciable.

c) Troisième degré : varices cirsoïdes et phébolithes .

Les cordons variqueux forment ici de véritables paquets irréguliers, sinueux, bosselés, des tumeurs en tête de Méduse, bleuâtres, molles, dépressibles, chaudes, véritablement pathognomoniques {varices cirsoïdes^.

La palpation fait constater l'existence d'une induration générale des parois veineuses avec par endroits des points d'une dureté plus considérable, indices de l'incrustation calcaire : phlébolithes d'un volume variable (de grain de plomb à os de seiche). B^. Troubles fonctionnels trophiques.

a) Douleur constante ; elle peut précéder tous les autres symptômes et revêtir les caractères d'une né-

vralgie sciatique à l'ordinaire légère et très tenace. Elle serait due pour Guérin, à Tectasie des veinules satellites du tronc du nerf sciatique. Elle est spontanée, réveillée par la pression, exagérée par la marche, diminuée par le repos.

b) Elle s'accompagne d'un léger degré d'impotence musculaire, de troubles sensitifs divers (anesthésie, dysesthésie).

c) Les Usions trophiques sont nombreuses et profondes :

a. Lésions d'eczéma chronique sec, squameux avec poussées aiguës, tendance à l'ulcération, pigmentation brunâtre, café au lait, de la peau, lymphangite secondaire.

p. Hypertrophie pilaire, déformations unguéales, etc.

Y. Ecthyma assez fréquent par infection secondaire.

0. Hypertrophie douloureuse desépiphyses métatarso-phalangiennes surtout prononcée au gros orteil.

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